Le portrait-robot des exploitations néo-aquitaines
La DRAAF Nouvelle-Aquitaine a dévoilé il y a quelques semaines les résultats de son enquête 2023 sur la structure des exploitations. Elle confirme notamment la tendance baissière des micro-exploitations et le recul du cheptel bovin.
La DRAAF Nouvelle-Aquitaine a dévoilé il y a quelques semaines les résultats de son enquête 2023 sur la structure des exploitations. Elle confirme notamment la tendance baissière des micro-exploitations et le recul du cheptel bovin.
Une évolution qui suit la tendance 2010-2020
56 552 exploitations occupent aujourd’hui le territoire néo-aquitain. Un chiffre en recul de 12 % sur les trois dernières années, à l’instar du recul national. Toutefois, cette baisse cache plusieurs disparités de situations notamment selon le type d’exploitation considéré. La baisse du nombre d’exploitations concerne d’abord les micro-exploitations, dont le nombre recule de près de 11 % par an entre 2020 et 2023, contre -3,8 % sur la période 2010-2020. Ceci s’explique par la récente obligation d’être considéré comme « agriculteur actif » pour percevoir les aides de la PAC. Cette mesure visant à prévenir les cumuls aides PAC/retraite ou autre emploi a conduit à une augmentation des cessations d’activité, surtout pour les micro-exploitations : -11 % par an entre 2020 et 2023 contre -3,8 % par an en moyenne auparavant. Le nombre d’exploitants de plus de 67 ans, majoritaires à la tête de ces micro-exploitations a, de fait également reculé fortement. Les 67 ans ou plus représentent aujourd’hui 9 % des agriculteurs néo-aquitains contre 12 % en 2020. Malgré ce recul, les micro-exploitations représentent encore 23 % du total des exploitations néo-aquitaines avec une surface moyenne de 14 ha. Elles sont surtout présentes dans le secteur des grandes cultures (36 %), de la viticulture (21 %) et de l’élevage ovin/caprin/équin (12 %). À l’opposé, les grandes exploitations stabilisent leurs effectifs (+0,1 %/an). S’agissant de la SAU régionale, celle-ci est stable et s’établit à 3,9 millions d’hectares. Là encore, on observe des différences notables selon les tailles d’exploitation. Les fermes de 200 ha ou plus augmentent fortement, tandis que celles de 125 à 200 ha sont quasiment stables (-0,3 %/an), et que les exploitations de moins de 125 ha diminuent.
L’agrandissement se poursuit
En 2023, une exploitation de Nouvelle-Aquitaine couvre en moyenne 85 hectares, contre 81 ha en 2020, soit une progression de +4,8 % entre 2020 et 2023, comparable à celle de la France. La tendance à l’agrandissement se confirme donc. Pour assurer les tâches sur ces exploitations grandissantes, la main-d’œuvre reste stable (-1,9 % par an). On dénombre actuellement 98 000 personnes qui travaillent de façon permanente sur les exploitations. La part du travail effectué par les exploitants est toutefois en recul au profit de la main-d’œuvre salariée qui fournit aujourd’hui 44 % du volume de travail contre 40 % en 2020 et 35 % en 2010. Le recours aux entrepreneurs de travaux agricole représente pour sa part 8,5 % du travail agricole. En 2023, le volume de travail réalisé par les actifs agricoles permanents et par les travailleurs saisonniers représente 94 000 équivalents temps pleins (ETP). Enfin, la baisse du cheptel régional se confirme avec un recul de 4,2 % entre 2020 et 2023 (-17 % depuis 2010), en UGB, toutes espèces confondues. Le nombre d’UGB par exploitation augmente, lui, de 4,9 % sur la même période. En lien avec ce constat, ce sont les exploitations spécialisées d’élevage (et au sein de celles-ci, les élevages bovins mixtes) qui cumulent le plus de pertes, passant de 34,9 % du total des exploitations en 2023, contre 38-39 % en 2010.
Source AGRESTE