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Le parage orthopédique chez les bovins
Le parage orthopédique : technicité et précocité, gages de réussite

Il constitue un moyen de lutte préventif efficace contre les boiteries à condition qu’il soit réalisé suffisamment tôt et en respectant les règles de base.

Les boiteries représentent la troisième pathologie des bovins par ordre de fréquence. Les pertes économiques dues aux boiteries sont importantes : perte de production, retard de croissance, reproduction retardée, frais vétérinaires, temps passés aux soins, réforme anticipée… L’intervention précoce en cas de boiterie individuelle est impérative si l’on veut mettre toutes les chances de guérison de son côté. Dans la très grande majorité des cas, la guérison est rapide, sans frais importants. Les affections des pieds se distinguent de celles des autres parties de l'appareil locomoteur car elles sont de loin les plus importantes et les plus fréquentes (70 à 90 %).

 

Le pied à l’état « normal »

Sur un pied sain, l’appui se réalise sur la projection de la muraille et sur le talon. La sole s’avère concave. Le poids du corps tend à provoquer un resserrement des premières phalanges. L’onglon sain présente une forme régulière. Sa corne apparaît ferme et lisse et présente des sillons réguliers sur la muraille, parallèles au bord de la couronne. La muraille, que ce soit en pince ou latéralement, doit être rectiligne de la couronne au bord d’appui. L’angle entre la muraille et la sole se situe aux alentours des 50°. La longueur de la sole est d’environ 2 fois la hauteur de la muraille. Les onglons postérieurs sont plus longs et plus pointus que les onglons antérieurs. Les onglons externes sont plus larges que les internes.

 

Le pied à l’état « anormal »

Même si tous les onglons peuvent être atteints, l’onglon externe postérieur s’avère être celui qui connaît, dans plus de 80 % des cas, une déformation. La biomécanique du pied des bovins explique ce phénomène. L’onglon le plus atteint est celui qui subit les grandes variations de charge. A l’arrière, c’est l’onglon externe et à l’avant, l’interne avec une implication plus importante des postérieurs. Les caractéristiques anatomiques du pied des bovins font que la pression sur le pododerme de la sole s’exerce sur la partie axiale postérieure de l’os du pied. Cette irritation des tissus du pied va entraîner une croissance en longueur et en épaisseur de la corne et de la sole en avant de l’os du pied qui explique l’allongement en pince, l’enroulement de la paroi sous la sole et sa convexité. Cela survient lorsqu’il n’y a pas d’usure compensatrice en raison de problèmes de gestion de troupeau (alimentation acidogène ou carencée, bâtiment mal conçu, aire d’exercice dégradée, facteur héréditaire, etc.) ou que d’autres pathologies (fourchet, dermatite, etc.) viennent accentuer ce phénomène.

 

Le parage préventif, une solution pour tous les troupeaux

Le parage préventif a pour but de ramener le pied à des dimensions normales pour équilibrer le poids du corps sur tous les onglons. Il consiste donc à enlever la corne superflue pour redonner au pied son aplomb normal. Souvent, la forme du sabot déformé se trouve loin du modèle d’un pied normal. Cependant, la 3ème phalange et le pododerme ne vont pratiquement pas être modifiés. Il faut donc imaginer le pied interne dans le sabot pour évaluer la corne excédentaire à parer. En dehors de toute boiterie, le parage orthopédique devrait être la règle sur l’ensemble des animaux présentant une croissance anormale de l’onglon.

Un respect des 3 étapes d’interventions Le pareur coupe d’abord les parois antérieure et latérale. La coupe se fait perpendiculairement à la surface d’appui en agissant progressivement afin de ne pas entamer le pododerme. Latéralement les coupes sont obliques, la muraille est sectionnée d’abord vers l’avant du pied à partir de la coupe en pince puis vers le talon. Ensuite, l’opérateur intervient au niveau de la sole afin d’enlever l’excès de corne pour obtenir son aplanissement. Enfin, la dernière étape consiste à reconstituer une sole concave de façon à ce que l’appui ne se fasse que sur la projection de la muraille et en talon. La coupe en pince détermine à peu près la hauteur de corne de la sole à tailler. Un contrôle régulier par pression du pouce évite d’entamer le pododerme. Le talon est respecté au maximum lors de la taille de la sole. Sur le pied postérieur, ces trois phases sont d’abord réalisées sur l’onglon interne souvent moins déformé qui servira ensuite de modèle pour le parage de l’onglon externe.

 

Un parage préventif avant tout parage curatif

Le parage curatif se déroule de la même manière que le préventif. Avant d’aller se focaliser sur la ou les lésions découvertes, le passage par les trois phases décrites ci-dessus est indispensable pour ramener le pied à des dimensions normales et pouvoir effectuer un inventaire complet des lésions. Lors du parage curatif, les principaux problèmes rencontrés sont les suivants : ulcère de la sole qui peut se compliquer par une « cerise », ouverture de la ligne blanche au talon, fourchet, fourbure, limace, seime interne ou en pince, dermatite digitée. L'intervention précoce est une nécessité absolue sur un bovin boiteux. Etant donnée la responsabilité du pied dans la majorité des boiteries, le lever du pied doit être systématique.

 

Farago Creuse à votre disposition avec des pareurs formés et du matériel adapté

Farago Creuse met à votre deux pareurs spécifiquement formés avec le matériel de contention adapté pour effectuer des préventifs et ainsi prévenir les boiteries des bovins. De plus, Farago Creuse dispose d’une cage de parage hydraulique afin de réaliser les interventions dans de bonnes conditions tout en veillant au meilleur respect du bien-être animal. Cette activité, répartie sur l’année, connait des pics, notamment en cette période de mise à l’herbe. Cela implique d’anticiper, dans la mesure du possible cette problématique en nous contactant de façon précoce. Cela aura deux conséquences bénéfiques : d’une part, un parage préventif réalisé dans les meilleures conditions et, d’autre part, une fluidité dans la réalisation avec de courts délais d’intervention.

 

Lors de problèmes récurrents, aller plus loin dans la réflexion pour une meilleure prévention

Les affections des pieds présentent souvent un caractère collectif et multifactoriel. La résolution d’un problème récurrent passe alors par une investigation globale au niveau de l'élevage pour mieux cerner les facteurs de risque et les moyens à mettre en œuvre pour une lutte et une prévention adéquates. Cela passe par une synergie d’action entre l'éleveur, le pareur, le vétérinaire et les techniciens d'élevage (bâtiment, nutrition, etc.). N’hésitez pas à nous contacter pour plus de renseignements.

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