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Le monde numérique « concerne tout le monde »

Mardi 5 mars, le Cerfrance a tenu son assemblée générale à Rieutort-de-Randon. Le thème retenu pour cette assemblée était « Numérique et cybersécurité : un impératif pour tous », et l’intervention remarquée de l’un des spécialistes du sujet, Nicolas Arpagian.

Nicolas Arpagian, Patricia Granat et Denis Laporte
Nicolas Arpagian, à gauche, a présenté des éléments de cybersécurité lors de l'assemblée générale du Cerfrance.
© Marion Ghibaudo

Si le risque zéro n’existe pas dans le monde numérique, pour Nicolas Arpagian, « il ne faut pas laisser ce sujet aux techniciens et s’en désintéresser », en espérant que quelqu’un d’autre trouve la solution. Et comme dans le monde numérique, il n’y a pas de frontières, « la limite entre urbain et rural est abolie ». C’est ce que s’est attaché à démontrer Nicolas Arpagian durant sa conférence à Rieutort-de-Randon, rappelant que « l’Anssi (ndlr agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), dans son rapport 2022, établit le fait que les petites entreprises sont les premières cibles des cybercriminels. Les TPE, PME et ETI qui sont des cibles plus faciles pour les pirates ont été particulièrement visées en 2022 par les cyberattaques. Elles représentent 40 % des attaques par rançongiciel traitées ou rapportées à l’Anssi en 2022. Les hackers profitent du faible niveau de leurs systèmes d’information beaucoup moins bien protégés que ceux des grandes entreprises ». 
Et les méthodes des attaquants sont de moins en moins visibles. « En ciblant les équipements périphériques tels que les pare-feu ou les routeurs, les cybercriminels réussissent à obtenir des accès discrets et pérennes aux réseaux de leurs victimes, explique l’Anssi. Pour arriver à leurs fins, ils recherchent le maillon faible : les prestataires, les fournisseurs, sous-traitants, et l’écosystème plus large de leurs cibles ». Car la cybercriminalité est automatisée : « on peut prendre l’exemple de filets dérivants que les hackers jettent dans le cyberespace, et lorsqu’ils remontent les filets, ils voient ce qu’ils ont attrapé ». Et que l’on soit à Paris ou à Mende, la menace est donc la même. 
Pour Nicolas Arpagian, c’est donc tout l’intérêt de comprendre le monde numérique pour mieux en appréhender les menaces, et avoir l’outillage nécessaire pour l’utiliser correctement. Car c’est aussi un outil de valorisation essentiel pour les petites entreprises, que l’on soit artisan ou exploitant agricole. « Ce que je souhaite, c’est que les gens puissent mettre en œuvre un outillage pour réduire les effets de possibles attaques, si cela leur arrive. Faute de pouvoir les empêcher, faire en sorte que le retour à la normale soit le moins compliqué possible ». Pour l’expert en cybersécurité, qui s’est intéressé au sujet « via la cybercriminalité en tant qu’avocat pénaliste », la question de la cybersécurité est au cœur de sociétés de plus en plus interconnectées. « Ces systèmes d’information servent à produire, commercer, administrer, voyager, enseigner, soigner, etc. ».
Nicolas Arpagian est vice-président « Cybersecurity strategy & Digital risks » du cabinet HeadMind Partners. Il est, par ailleurs, enseignant à l’école nationale supérieure de la police (ENSP), à l’école nationale de la magistrature (ENM), à Sciences-Po Saint-Germain et l’université polytechnique Mohammed VI (Maroc), et l’auteur de nombreux ouvrages sur le sujet de la cybersécurité, parmi lesquels « Innocence à crédit » (Mareuil Editions), « Frontières.com » (Editions de l’Observatoire), ou « La Cybersécurité » (Presses Universitaires de France). Il est aussi un spécialiste reconnu du secteur du conseil auprès des directions générales de grands groupes français et internationaux dans les activités de cybersécurité, de l’intelligence artificielle, de la blockchain, du big data et de la transformation numérique en général.

Le Cerfrance continue une croissance prudente

Si l’EBE, affectant le résultat net, ralentit en 2023, les ressources du Cerfrance ne sont pas à risque, et la structure continue de prospérer d’année en année. Une croissance d’activité étant enregistrée en 2023 avec près de 2 781 missions comptables menées et l’accompagnement de 72 nouveaux adhérents.
« Je veux remercier l’ensemble des adhérents et de nos collaborateurs qui nous font confiance », a souligné Patricia Granat dans son rapport moral. « Cette confiance s’établit dans la durée, et démontre la stabilité de la relation. Et cette confiance nous oblige à toujours nous améliorer pour mieux répondre à vos demandes et besoins qui évoluent au fil du temps ».
Parmi les évolutions à noter, qui vont affecter tous les types d’entreprises à partir de 2026 : la facture électronique. Une présentation en a été faite par Muriel Eymard, administratrice SASSPEE, et directrice du Cerfrance Garonne et Tarn. « Une réflexion a été engagée dès 2021 au sein du réseau Cerfance au sujet de la facture électronique, et nous avons jugé ce sujet suffisamment important pour le structurer ensemble, au service de nos adhérents, et pouvoir leur proposer une solution informatique pratique ». Ce sera donc la plateforme Effinum, qui devrait bientôt être accessible. « C’est un outil pensé pour des entreprises de petite taille, avant tout, et pour des entrepreneurs qui ne sont pas toute la journée derrière leur bureau ».
Cette plateforme, conçue au sein du réseau, a été imaginée la plus intuitive et la plus simple possible pour une prise en main rapide des utilisateurs, même si les comptables, au moins au départ, peuvent toujours garder un œil sur ce qui se passe. Cette plateforme sécurisée, utilisée dans un système fermé, permettra de collecter et émettre les factures électroniques pour les adhérents. Pour basculer sur cette plateforme sécurisée, un bouton sera disponible au sein de l’environnement Cerfrance Connect. La plateforme Effinum regroupera différents modules selon ce que l’utilisateur souhaitera faire, pour gérer les factures clients et fournisseurs, le reporting de caisse et la connexion à la plateforme sécurisée de l’État pour faire transiter ces factures électroniques.
Un mode de transmission des factures qui va devenir incontournable et obligatoire pour tous.
 

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