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Le millésime creusois tient ses promesses

Le Salon de l'agriculture a refermé ses portes le 5 mars sur une édition à laquelle le public s'est rendu massivement. Plusieurs temps forts ont marqué la présence de la Creuse sur le salon : vente aux enchères des bovins limousins, concours de toutes espèces ou encore journée de la région et des départements.

Onyx a été sacré champion de la race limousine.
Onyx a été sacré champion de la race limousine.
© P. Dumont

« 2023, année de la Creuse », le slogan, répété à l'envi depuis le début de l'année, avait de quoi mettre de la pression sur les épaules des éleveurs et participants creusois au Salon de l'Agriculture. Le rendez-vous pris, il fallait être à la hauteur, et chacun a su donner le meilleur de lui-même en cette année notable.
Le 2 mars, tout particulièrement, avait lieu le concours de la race limousine. Pour la première fois à Paris, c'est Vincent Rome qui officiait en tant que juge. Installé à Treignac (19), l'éleveur et inspecteur du Herd Book Limousin est juge depuis de nombreuses années. « C'est un honneur d'avoir été choisi pour être juge de ce concours qui sera mon premier au SIA », a-t-il souligné. Ses objectifs : trouver les animaux présentant le meilleur équilibre entre qualités maternelles et aptitudes bouchères. Et ils étaient nombreux cette année. Parmi les 40 bêtes sélectionnées à Lubersac qui ont défilé sur le ring, les creusoises ont particulièrement brillé. Les éleveurs creusois ont remporté pas moins de quatre prix dont le prix de championnat mâle raflé par le Gaec Lebourg avec Onyx, également lauréat pour les mâles de plus de 3 ans et 7 mois. Avec ces 1 510 kg, ce taureau, « très puissant dans son arrière-main, avec beaucoup de race, extrêmement lourd et volumineux et qui se déplace très bien » a fait forte impression sur le ring. Une très grande émotion pour Camille et Cédric Lebourg, qui participent régulièrement au Concours Général Agricole depuis 2006 et dont c'est le premier prix de championnat. « C'est la mise en valeur d'un travail de longue haleine » témoignent-t-ils en continuant de bichonner l'animal dans les stalles.
Il est suivi dans sa catégorie par Oculiste au Gaec Lagrafeuil-Puech (19).
Les creusois ont également décroché les premières places des deux premières catégories femelles. Le prix des génisses pleines de moins de 32 mois, été remporté par Jérémy Lagautrière avec Ricorée. Dès la première section, c'est elle qui a mis la Creuse sur de bons rails (et encore plus de pression sur ses camarades !). Le juge n'a pas hésité très longtemps pour la désigner victorieuse : « elle est presque parfaite », voilà qui est dit. C'est une très grande fierté pour Jérémy dont c'était seulement la troisième participation.
Le Gaec Mestre Laleu (19) occupe la seconde place avec Roxane.
Le Gaec Lagautrière élevage 23 a ensuite obtenu un premier prix avec Rose, chez les vaches suitées de moins de 3 ans et 8 mois. Le juge a souligné son « bassin formidable » et ses « qualités de race remarquables ». Antoine Lagautrière en très content : « c'est la continuité d'une belle lignée, après sa mère Hannah qui était déjà première en 2014 et son oncle Idefix premier en 2015. »
Du côté des mâles, en dehors d'Onyx, Reflex du Gaec Lebourg et Rafiot, du Gaec Desassure n'ont pu décrocher que la 5e et la 6e place dans la section des jeunes. Ici le juge a eu un peu plus de mal à départager les animaux tant la section était homogène. Il a tout de même tenu à souligner leurs qualités : Rafiot est très ouvert avec un très joli travers, ce sont sa finesse d'os et sa démarche qui l'ont fait descendre dans le classement. En tant que taureau qualifié RJ à la station de Lanaud, il a pu participer au prix de synthèse où il s'est hissé sur le podium. Quant à Reflex, il a un quartier arrière remarquable mais sa démarche était aussi un peu moins bonne que celle des autres concurrents.
David Desassure ne présentait pas que Rafiot sur le Salon. Lors de la vente aux enchères de vaches de boucherie Label Rouge, il a particulièrement bien vendu sa vache Nikita au restaurant de l'Abattoir pour 9 200 EUR, le meilleur prix de la vente. « C'est déjà ce restaurant qui avait acheté ma vache en vente l'an dernier, il fait du très bon travail, avec seulement des produits locaux et nobles qu'il sait sublimer ».
Ces très bons résultats en race limousine sont, de l'avis de tous, de très bon augure à un an et demi du Concours National Limousin de la Souterraine en 2024, même si la pression sera au rendez-vous.

Concours charolais
L'après-midi même, chez les charolais, la bien nommée Superbelle du Gaec Élevage Verger Fabien et Antoine, unique représentante creusoise du concours, a obtenu elle aussi un premier prix dans une section très régulière. Sous ses airs de peluche, c'est la première fois qu'une génisse de moins de 2 ans dépassait la tonne avec 1 007 kg. Le juge a indiqué qu'elle possédait beaucoup de puissance, qu'elle était très bien faite dans son arrière avec un très bon bassin qui lui permettra certainement de très bien vêler. Démonstratif, Fabien Verger n'a pas caché sa joie au moment du verdict : « Un premier prix hors berceau, c'est vraiment une très grande fierté » au vu du travail que cela demande.
Très solidaires, les éleveurs creusois ont tous tenu à se féliciter mutuellement, chacun était ravi de voir la Creuse briller dans les différents concours.

Chez les ovins
En race berrichon du Cher, le Gaec de Busserette a de son côté obtenu le 3e prix dans la catégorie des béliers tondus. Ses deux autres béliers ont eux obtenu les 5e et 6e place dans les catégories en laine.

Et en équins
En race percheronne, Katout Clermonteix, de Jean-Marc Alanore (Jarnages), a remporté une très belle 3e place, confirmant son résultat des championnats de France au Haras du Pin. Pour Claire Alanore, c'était une première fois au Salon de l'Agriculture. « C'est un résultat extrêmement satisfaisant, qui vient récompenser le travail accompli par mon père depuis 40 ans et notre binôme père-fille dans une année charnière de transition. » Cette première expérience en concours au SIA est une véritable réussite, la jeune femme et sa pouliche rentrent fourbues mais l'envie de revenir est bien présente.

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