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Essais céréales
Le maître-mot, c'est la diversification de son assolement céréalier

L’Assemblée Générale de l’ACM s’est tenue le 18 novembre, en présence des agriculteurs du bureau et des conseillers référents des quatre Chambres d’Agriculture adhérentes : Cantal, Haute-Loire, Lozère et Puy-de-Dôme.

Plateforme d'essais ACM
Des plateformes d'essais riches en enseignements.
© Ch. Agriculture 43

Malgré le contexte sanitaire délicat en 2020, les résultats d’essais de cette campagne ont été fructueux. La plateforme tournante d’essais de l'Association Céréales Montagne (ACM) se trouvait en 2020 dans le Cantal à Rézentières avec 2 thématiques : des essais de 40 variétés de blé, orge, triticale et seigle pour mesurer leur productivité tant en grain qu’en paille et évaluer leur niveau de résistance aux maladies foliaires, et des essais de méteils et dérobées estivales pour sécuriser les stocks fourragers.
Une visite de cette plateforme d’essais s’est déroulée le 17 juin en collaboration avec la FDCUMA du Cantal. En parallèle de la visite, la CUMA de Rézentières a présenté deux nouveaux matériels : la herse étrille Pneumaticstar-STI équipée d’un semoir, et un semoir pneumatique pour semis direct DP Pronto 300 (Maschio Gaspardo). Un atelier lors de la visite était également consacré à la lentille blonde de Saint-Flour et à son intérêt technico-économique.
Plus de 100 agriculteurs se sont déplacés pour visiter cette plateforme d’essais ; une vraie réussite.
D’autres plateformes d’essais ont également été menées par les chambres d’agriculture du Puy-de-Dôme et de Haute-Loire : un essai variétés triticale dans le Livradois, des essais variétés blé et triticale sur le plateau du Puy ainsi qu’un essai en collaboration avec Sabarot Agriculture sur les variétés de blé et orge d’hiver en agriculture biologique. Arvalis a également conduit une plateforme d’essais sur les variétés de blé et triticale dans les Combrailles. Le réseau d’essais ainsi constitué dans le Massif Central, contribue à renforcer la fiabilité des résultats obtenus et à créer une véritable dynamique de territoire.

Désherbage mécanique

En plus de ces essais variétés, un essai sur le désherbage mécanique du blé a été réalisé avec une bineuse à guidage caméra en sortie hiver. Cet essai a permis de confirmer que c’est une technique efficace, à condition d’intervenir sur des adventices jeunes avant le stade 2-3 feuilles (4 feuilles maximum avec une bineuse). Il faut compter également sur 2-3 jours séchants après le passage de la bineuse afin que les plantules arrachées ne repiquent pas. La bineuse à guidage caméra n’apporte pas un intérêt majeur sur céréales d’hiver par rapport à la herse étrille. De plus, son prix est particulièrement élevé, de l’ordre de 30 000 euros.
Le détail des résultats d’essais de l’ACM sont consultables sur les sites des Chambres d’Agricultures partenaires : Cantal, Haute-Loire, Lozère et Puy-de-Dôme.

Enseignements

Le principal enseignement tiré de cette campagne culturale est que le triticale donne, en tendance, des résultats supérieurs aux blés, en particulier en situation de sécheresse marquée.
Cette année, l’orge d’hiver a moins bien tiré son épingle du jeu. L’an dernier, sa maturité précoce lui avait permis d’échapper à l’épisode caniculaire de fin juin. Cette année, sa reprise de végétation plus précoce que le blé l’a pénalisé face à la sécheresse précoce au printemps. Il a également moins bien bénéficié de l’épisode pluvieux intense du 12 juin que les autres céréales, car déjà en fin de cycle.
Le seigle très rustique, résiste très bien aux gelées et nécessite de faibles besoins en azote mais attention à l’ergot. Au final, le maître mot est la diversification de son assolement pour faire face aux aléas climatiques et aux maladies.

Méteils et dérobées estivales

Les méteils ont bien réussi cette année du fait d’un hiver particulièrement clément et de gelées printanières peu fréquentes à la différence de 2019. Les légumineuses sont intéressantes lorsque la récolte du fourrage intervient après le stade épiaison car elles permettent de maintenir une meilleure valeur alimentaire. En revanche, en cas de récolte précoce avant la sortie des barbes, l’apport des légumineuses est moins évident car elles sont peu développées à cette époque de l’année. C’est d’autant plus vrai pour les secteurs en altitude à plus de 1000 m. Dans ces situations, le seigle ensilé immature semble mieux adapté pour produire un fourrage d’appoint avant l’implantation d’un maïs tout en maîtrisant les coûts de semences.
Plusieurs dérobées estivales ont été expérimentées derrière méteil : maïs, sorgho, moha, millet, teff-grass ainsi que des dérobées moins typés été : avoine brésilienne, colza fourrager, trèfle incarnat. La synthèse n’est pas encore finalisée à ce jour,  mais la première conclusion qui se dégage est que pour affronter la chaleur et la sécheresse estivale mieux vaut miser sur des espèces qui supportent bien ces conditions.
Cette année, l’avoine brésilienne et le colza fourrager n’ont pas donné satisfaction. De même, l’association des dérobées estivales avec une plante compagne comme un trèfle incarnat ne semble pas apporter une réelle plus-value. Par contre, les sorghos multi-coupes et les mohas ont été beaucoup plus performants pour une charge de semences acceptable, de l’ordre de 50 €/ha. Les millets semblent moins bien se comporter en montagne car plus exigeants en température. Le teff grass a été expérimenté pour la première fois par l’ACM. Dans cet essai, le teff grass couvre bien le sol mais la biomasse produite est assez faible. Les résultats pour cette nouvelle culture sont mitigés, d’autres années d’expérimentation seront nécessaires pour statuer sur l’intérêt de cette nouvelle culture qui suscite beaucoup d’engouement.

 

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