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Le maillage vétérinaire, une problématique d’actualité

Le 15 novembre 2022, les vétérinaires intervenant en Creuse étaient conviés à la 23e journée GDS - GTV pour échanger sur la problématique du maillage vétérinaire et des solutions qui pourraient être apportées.
Le 15 novembre 2022, les vétérinaires intervenant en Creuse étaient conviés à la 23e journée GDS - GTV pour échanger sur la problématique du maillage vétérinaire et des solutions qui pourraient être apportées.
© GDS Creuse

Pour la 23e fois, les vétérinaires intervenant en Creuse ont répondu à l’invitation de Philippe Monteil, président de GDS Creuse et de Nicolas Athanassiadis, président du Groupement Technique Vétérinaire 23. Avec 30 personnes présentes, la thématique retenue a fortement mobilisé et a permis des échanges nourris.

Le maillage vétérinaire, une problématique nationale…
Jean-Claude Colombo, représentant du Conseil Régional de l’Ordre des Vétérinaires de Nouvelle-Aquitaine (CROV NA), a présenté les éléments de bilan du maillage vétérinaire en France et sur notre département. La problématique dépasse en effet largement les frontières de notre territoire et concerne surtout le secteur du soin aux animaux de rente. Plus de 1 000 vétérinaires s’inscrivent tous les ans en France (dont la moitié d’origine étrangère) mais cela ne suffit pas à combler les besoins dus aux départs en retraite et à l’augmentation de l’activité globale, essentiellement liée à l’exercice sur les animaux de compagnie. Il manquerait plus de 500 vétérinaires chaque année. Les attentes des jeunes vétérinaires ont également évolué, avec le souhait de conserver un bon équilibre vie privée/vie professionnelle et plus de la moitié des vétérinaires qui arrêtent l’exercice libéral ont moins de 45 ans.

… avec des spécificités pour la Creuse
Notre département souffre de handicaps bien connus qui concernent toutes les professions : mauvaise image de la ruralité, enclavement géographique, difficulté d’accès à certains services… Pour la profession vétérinaire, nous avons un solde démographique net négatif et les vétérinaires inscrits ont une moyenne d’âge très au-dessus de la moyenne nationale, ce qui laisse penser que le pire est encore devant nous, avec le départ en retraite de ces praticiens. Les tensions sur le monde de l’élevage et le vieillissement des éleveurs ne sont pas non plus un facteur favorable à l’installation de nouveaux confrères. Nous constatons l’implantation de chaînes de cabinets vétérinaires, qui rachètent les structures. Leur ambition reste de maintenir une activité rurale dans les structures, mais force est de constater qu’elles rencontrent les mêmes difficultés de recrutement.

La Corrèze, un précurseur d’actions spécifiques pour inverser la tendance…
David Quint, Vice-Président du Syndicat National des Vétérinaires d’Exercice Libéral (SNVEL), nous a ensuite présenté les actions mises en œuvre en Corrèze. Confrontés à la même problématique, le Conseil Départemental de la Corrèze a mis en place en 2021 des mesures financières permettant la découverte de l’exercice sur les animaux de rente pour les élèves des écoles vétérinaires ainsi que des aides à l’installation et à la modernisation des structures. La permanence et continuité des soins étant régulièrement citée comme la contrainte principale de la profession vétérinaire, un service de régulation téléphonique a été installé, le SAVU 19. En dehors des heures d’ouverture des cabinets, les personnes souhaitant contacter leur vétérinaire sont mis en contact avec un service de téléphonie qui prend en compte la demande, évalue le caractère d’urgence et renvoie vers le vétérinaire de garde si besoin. Ce dispositif, dupliqué de ce qui existe en humaine, a démarré à l’automne 2022 et son évolution mérite d’être surveillée.

… le Conseil Départemental de la Creuse qui se mobilise également…
Bertrand Labar, représentant le Conseil Départemental a présenté le « Plan Vetos 23 ». Depuis septembre 2022, des aides financières sont proposées aux étudiants vétérinaires pour faciliter leur venue en stage dans les cabinets vétérinaires creusois avec activité rurale (déplacements, hébergements). Une bourse d’études de 800 € par mois pendant les deux dernières années de scolarité peut aussi être accordée aux jeunes vétérinaires s’engageant à exercer au moins 5 ans en Creuse. Il faut saluer cette initiative de notre Conseil Départemental, le marché des jeunes vétérinaires risquant de devenir de plus en plus concurrentiel, ces mesures permettront d’attirer des jeunes avec un profil correspondant à nos attentes.

… et de probables mesures régionales à venir
Ghislain Audusseau, directeur du GDS 79, a présenté les premiers éléments du Partenariat Européen pour l’Innovation (PEI-AGRI). Il s’agit de fonds qui vont être déployés au niveau régional pour soutenir des actions en relation avec le monde agricole, dont le maillage vétérinaire. Des territoires ont été choisis pour la phase d’émergence, première étape de ce PEI dont les conclusions sont attendues pour fin 2023. Pour Poitou-Charentes, plusieurs mesures ont été identifiées autour de 3 axes : conforter la relation véto/éleveur, réfléchir à une nouvelle organisation des structures vétérinaires et réfléchir aux modalités de recrutement des jeunes vétérinaires. Dès 2024, les mesures choisies seront déployées dans la phase de fonctionnement, probablement à l’échelle régionale. En parallèle, le Conseil Régional aide déjà les élèves en stage tutoré et a débloqué une enveloppe budgétaire substantielle pour la création d’une 6e école vétérinaire à Limoges. L’objectif est d’avoir un vivier de jeunes praticiens issus du territoire ou le connaissant et susceptibles d’y rester. Enfin, des mesures de soutien aux investissements et à l’équipement des cabinets vétérinaires ruraux sont prévues.

Un retour favorable des vétérinaires présents
À l’issue de ces présentations, un tour de table a été organisé qui a permis à tous de s’exprimer. On constate que les cabinets qui réussissent à recruter sont ceux qui offrent les meilleures conditions d’exercice, notamment sur l’alternance jours de travail et périodes de repos. Les mesures financières proposées, départementales ou régionales, ont unanimement été saluées et devraient faciliter la venue de stagiaires susceptibles de rester sur notre territoire. Il reste à les diffuser largement auprès des écoles vétérinaires, françaises et étrangères. Si l’horizon de l’école vétérinaire à Limoges peut paraître lointain par rapport à l’urgence de la situation, cela reste un projet louable et à soutenir. Enfin, une demande a été exprimée d’organiser une rencontre annuelle entre les jeunes confrères du département, GDS Creuse a retenu l’idée et se chargera de l’organiser.

Une journée riche en échanges et porteuse d’espoir à moyen terme
Si le maillage vétérinaire sur la Creuse risque de se dégrader dans les prochaines années, espérons que la mobilisation collective au travers des mesures mises en œuvre permette d’améliorer la situation. Dans le même temps, nous restons soucieux de l’évolution de l’économie de l’élevage, car s’il est certain que les éleveurs ont besoin de vétérinaires à leurs côtés, la réciproque l’est tout autant. Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à nous contacter.

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