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Le cynips sévit encore sur les châtaigniers et la production s’en ressent

Le Cantal n’est pas débarrassé du cynips, cette micro-guêpe qui infeste les châtaigniers et réduit considérablement leur production. Une lutte biologique est en cours. 

Joseph Labrunie et Jérôme Chateau sur les sentiers de la Maison de la châtaigne. 
Joseph Labrunie et Jérôme Chateau sur les sentiers de la Maison de la châtaigne. 
© R. S-A

Pour les variétés anciennes, la récolte devrait être “normale”. La Maison de la châtaigne estime que les tournives, savoyes et jean-fau tiendront leurs promesses et, dans une moindre mesure, les paquettes et verdals. C’est bien moins le cas dans des variétés plus récentes, hormis l’hybride bouche-de-bétizac qui ne s’en sort pas trop mal. Mais globalement, en plus de la sécheresse à même de limiter la production, le vrai fléau c’est une fois encore cette année une micro-guêpe : le cynips.

Fraîchement débarqué

Il s’agit d’un insecte arrivé du Japon, via la Chine, et importé en Europe par le biais de matériaux végétaux débarqués en Italie en 2002. Dès 2006, il était en France et les premiers symptômes se sont faits ressentir autour de 2013 en Châtaigneraie cantalienne. Un phénomène qui n’est allé qu’en s’accentuant et beaucoup de propriétaires inquiets se sont tournés vers la Maison de la châtaigne pour comprendre ce qu’il se passait. “Je recevais des coups de fil où les gens se plaignaient que leurs arbres devenaient bizarres. On me disait que les châtaigniers ressemblaient à des pruniers, à cause des galles en forme de petites boules vertes ou violettes !”, se remémore Joseph Labrunie, secrétaire de l’association de la Maison de la châtaigne. Très vite, la structure s’implique dans la lutte contre le cynips en se rapprochant des Fredon (Fédérations régionales de lutte et de défense contre les organismes nuisibles), notamment celles du Limousin et de Midi-Pyrénées qui connaissent bien le phénomène. C’est cette dernière qui, par convention, a délégué une spécialiste, salariée de la coopérative Capel, dont une antenne est située à Lacapelle-Marival, pour procéder aux lâchers de prédateurs, les torymus (voir par ailleurs) sur le sud de la Châtaigneraie cantalienne, soit peu ou prou les anciens cantons de Maurs et Montsalvy. Car les dégâts occasionnés sur cette zone ces dernières années ont des conséquences immédiates sur l’économie locale. Dans le bassin maursois, un producteur se plaint d’avoir perdu entre 75 et 80 % de sa production. Dans le Veinazès, un porteur de projet dont les jeunes arbres n’ont pas encore atteint la maturité pour produire, voit sa plantation de trois hectares mise à mal.

Pour faire connaissance...

Ils seront certainement de ceux qui réclameront l’introduction du torymus sur leurs arbres malades... pour peu que le froid ne s’en mêle pas et tue une partie de ces prédateurs. Sylvain Caumon, de Leynhac, lui, avait confié préférer moins contraindre la nature. Un an plus tard, il reconnaît qu’une taille a bien donné un “coup de boost” sur les arbres les plus atteints, ne garantissant pas pour autant une meilleure récolte. “Cela dépend des espèces avec trois quarts de feuilles en moins sur la marigoule, mais une production normale sur les bouche-de-bétizac et une savoye qui a plutôt bien donné.”

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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