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Le cri d’alarme de l’Adapei du Cantal auprès des pouvoirs publics

En 1992, l’ONU déclarait le 3 décembre “Journée internationale des personnes handicapées”. L’Adapei du Cantal profite de l’édition 2008 pour faire une mise au point.

L’avenir des établissements médico-sociaux risque d’être menacé, ses salariés aussi, tout comme celui des personnes handicapées.
L’avenir des établissements médico-sociaux risque d’être menacé, ses salariés aussi, tout comme celui des personnes handicapées.
© J.-M. A.

C’est un véritable “coup de gueule” qu’a poussé la grande famille de l’Adapei du Cantal, le 3 décembre dernier, à l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées. Au-delà d’un cri d’alarme national, c’est un constat local qui fait réagir l’association : deux projets de loi mettent en péril l’avenir même de la structure. Concernant le projet de loi de finances de l’État 2009, “le Président de la République a annoncé la création de 50 000 places en établissements ou services pour handicapés. C’est bien, mais dans le même temps, les moyens mis en place ne sont pas à la hauteur car, en euros constants, les établissements seront pénalisés, annonçait Alain Costes, président de l’Adapei du Cantal. À terme, la qualité de l’accompagnement réalisé par ces établissements est menacée puisqu’ils ne seront plus en mesure de recruter des professionnels formés”. Et dans ce cadre, ce sont les Établissements et services d’aide par le travail (Ésat) “qui vont être frappés de plein fouet par cette politique contradictoire”.

ARS : une menace ?

De même, il pointe du doigt les recettes de l’Agefiph (organisme collecteur auprès des entreprises dans le cadre de l’insertion des handicapés), “qui voit une partie de ses moyens “captée” par l’État pour assurer son équilibre budgétaire”. Second motif d’inquiétude pour le président : le projet de loi “Hôpital, patients, santé, territoire”. “Cette réforme constitue une menace pour l’avenir des personnes handicapées. Le secteur médico-social doit-il se sentir impliqué et concerné par cette loi alors que son intitulé même ne le mentionne pas ? Peut-on prendre des décisions sur le devenir des personnes sans consulter leurs représentants ? Peut-on assimiler maladie et handicap ? Peut-on mettre en concurrence les établissements privés, à but lucratif, et les établissements gérés par des associations de loi 1901 ?” Alain Costes regrettait que “peu d’informations circulent sur ce texte. Il faut savoir que le secteur médico-social ne représente que 8 % de l’enveloppe financière globale du secteur hospitalier alors que sur le terrain, il représente 80 % de l’ensemble des établissements”. Demain, les Agences régionales de santé (ARS) seront les uniques pilotes de cette loi. Axés sur l’hôpital, les financements pourraient alors jouer des tours aux projets de développement ou de création dans le secteur médico-social. Une remise en cause de plus de 40 ans de travail des associations. “C’est tout simplement intolérable”, pestait Alain Costes.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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