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Le suivi sanitaire de la faune sauvage creusoise
Le contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse : résultats 2009/2010 et perspectives 2010/2011

Il est piloté par le groupe de travail composé de la DDCSPP23, du LDA d’Ajain, de GDS Creuse et de la Fédération Départementale des Chasseurs de la Creuse.

Grâce au réseau de chasseurs qui assure les prélèvements sur les animaux tués à la chasse, le contrôle du statut sanitaire de la grande faune sauvage s’est poursuivi sur 2009/2010. Les recherches ont été orientées en fonction d’actualités sanitaires (fièvre catarrhale), du suivi triennal (brucellose porcine, tuberculose) et d’obligation ou d’évolution réglementaires (trichine, maladie d’Aujesky).


Fièvre catarrhale, le cerf plus sensible que le chevreuil sans rôle de réservoir

Etant donné la position de notre département au front de l’épizootie en 2008, la recherche de fièvre catarrhale a été effectuée sur les chevreuils pour la saison 2008/2009. L’ensemble des résultats sérologiques et virologiques s’est avéré négatif. En 2009/2010, le cerf s’avérant plus sensible, des recherches sérologiques et virologiques ont été effectuées sur 50 animaux. Les résultats montrent un taux de séropositifs de 30 % avec aucune virologie positive. Ces résultats corroborent ceux obtenus en France et en Europe. Une enquête réalisée par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), le laboratoire Mérial, l’AFSSA, les fédérations de chasseurs, les LDA et l’ONF, au cours de la saison 2008-2009, a concerné 1 331 ruminants sauvages capturés ou chassés sur 14 départements. Aucun de ces animaux ne présentait de signes cliniques ou de lésion pouvant faire suspecter l’infection. Pourtant, les virus de la fièvre catarrhale ont largement circulé chez le cerf, avec une séroprévalence globale de l’ordre de 41 %, pouvant varier selon les zones de 8 % à plus de 70 %. Toutes les populations de cerfs enquêtées étaient positives. Les chevreuils sont nettement moins concernés avec une séroprévalence moyenne de 1 % dans la population enquêtée. Les résultats ne permettent pas de considérer les cerfs comme infectieux pendant la période hivernale : leur rôle de réservoir, suspecté, ne peut être confirmé à ce jour.

 

Brucellose porcine, une situation stable ; maladie d’Aujesky, une alerte

Pour les sangliers, dans le cadre du suivi triennal, des sérologies brucellose ont été effectuées sur 57 animaux. Il en ressort un taux de positif de 23 %, résultat équivalent à celui de 2006/2007 (22 %) alors qu’il était de 47 % en 2001/2002. Cela confirme la poursuite de la circulation de cette bactérie dans cette espèce avec la nécessité de protection des élevages de truies en plein-air (clôtures spécifiques). En raison des obligations réglementaires relatives à leur consommation, la recherche de la trichine a été poursuivie (l’ensemble des résultats s’est avéré négatif cette campagne).

 

Du fait de l’arrêt de l’obligation de dépistage de la maladie d’Aujesky sur les truies, cette recherche a été effectuée sur les sangliers. Sur les 57 prélèvements, un s’est avéré positif avec confirmation de ce résultat au Laboratoire national de référence. La recherche va donc être renforcée dans la zone concernée (ouest de la Creuse) afin d’infirmer ou confirmer ce risque infectieux. De plus, une surveillance accrue doit être réalisée auprès des chiens, la maladie d’Aujesky étant contagieuse à cette espèce (pseudo rage).

Tuberculose sur chevreuils et cerfs, une situation favorable persistante

Dans le cadre du suivi triennal, la recherche de tuberculose a été renouvelée sur le tractus respiratoire et les ganglions pulmonaires. Cela a concerné 134 chevreuils et 23 cerfs. Rappelons que ce suivi a été mis en place en raison d’alertes tuberculose à origine faune sauvage dans d’autres régions, cette faune sauvage ayant été primitivement contaminée par des animaux de rente. Tous les prélèvements se sont montrés vierges de lésions tuberculeuses. La prévention de la tuberculose dans notre département passe donc par une vigilance absolue sur les introductions, celles-ci doivent provenir de cheptels qualifiés. Pour quatre chevreuils (3 %), il a été mis en évidence des larves de strongles pulmonaires.

 

Sérothèque nationale faune sauvage, une participation logique de la Creuse

Sous l’égide de la Fédération nationale des chasseurs, la Creuse participe à la constitution de la sérothèque nationale (mise en place pour la campagne 2009/2010) à partir d’animaux de chasse (prélèvements de sang et de rate). Le but est de constituer un « patrimoine biologique » pouvant être utilisé à tout moment en cas de besoin. Pour la 1ère année, 20 fédérations se sont engagées. En Creuse, une convention a été signée entre le LDA, les fédérations départementale et nationale des chasseurs. Les deux objectifs principaux sont d’avoir une « mémoire » disponible et analysable lors, d’une part, de chutes de populations de gibiers ou, d’autre part, de suspicion de rôle de la faune sauvage lors d’apparition ou de résurgence de maladie animale des espèces de rente.

 

Orientations 2010/2011, suivi triennal et actualités

Pour les sangliers, du fait des obligations réglementaires relatives à leur consommation, la recherche de la trichine va être poursuivie. En raison de l’alerte maladie d’Aujesky, la surveillance vis-à-vis de cette maladie va être renouvelée cette campagne avec un ciblage sur la zone ouest Creuse (voir ci-dessus). Dans la cadre du suivi triennal, le suivi parasitaire des chevreuils et cerfs ainsi que des recherches sérologiques et virologiques BVD ou maladie des muqueuses vont être programmées.

 

Convention nationale, la Creuse prémonitoire

Le niveau de surveillance sanitaire de la faune sauvage, en place en Creuse, depuis 1996, permet la remontée de résultats intéressants au regard du statut du gibier en matière de zoonoses et de maladies communes aux espèces sauvages et domestiques. Il représente un outil d’alerte éventuelle, aussi bien pour les gestionnaires de la faune sauvage, que ceux de la santé humaine et animale, d’où sa poursuite avec son adaptation en fonction des besoins. Il est entré maintenant dans une phase de suivi où la synergie des différents intervenants permet un fonctionnement optimal. Rappelons que la seule menace identifiée est celle des sangliers avec la brucellose porcine vis-à-vis des élevages de truies en plein air, d’où la mise en place de mesures spécifiques de protection. Toutes les autres alertes ont été infirmées. Ce schéma s’avère aujourd’hui prémonitoire puisqu’une convention de partenariat nationale entre la Fédération nationale des chasseurs et GDS France a été signée le 3 mars 2010. Son objet recouvre les actions mises en place dans notre département depuis près de 15 ans.

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