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Le Conseil de l’Agriculture Française de Nouvelle-Aquitaine rencontre le préfet de région

D’une seule voix, les Organisations Professionnelles Agricoles membres du CAF régional ont porté leurs craintes et doléances au Préfet de région sur l’avenir de l’agriculture.

Mardi 22 octobre, dans les locaux de la Maison de l’agriculture régionale à Bordeaux, le Conseil de l'Agriculture Française1 de Nouvelle-Aquitaine présidé par Denis Mousseau, président de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine, avait convié le Préfet de région, Étienne Guyot, accompagné des services de la DRAAF, pour une présentation de la situation économique de notre agriculture. 


Denis Mousseau a mis en avant la gravité de la conjoncture régionale avec le souhait qu’au travers du Préfet de région, l’État prenne conscience de la situation de l’agriculture et notamment de la perte de vitesse de l’agriculture régionale, passée du 1er rang à la 2e place au niveau national. Ajoutant que la compétitivité n’est malheureusement plus un élément moteur des politiques publiques, mais que le CAF régional avait la ferme volonté de tout mettre en œuvre pour redonner un cap à la ferme Nouvelle-Aquitaine au travers la performance et la compétitivité. 


État des lieux


C’est par un état des lieux des plus détaillés, que Bertrand Dumas, économiste de la Chambre régionale d’agriculture, a exposé durant près d’une heure la situation régionale, mettant en exergue dès les prémices de son exposé que l’agriculture néoaquitaine a décroché beaucoup plus vite que les autres régions. Cette situation conjoncturelle, multifactorielle, est notamment très liée aux mauvaises conditions climatiques (de plus en plus fréquentes) mais également à une situation structurelle de plus en plus dégradée en raison de trajectoires politiques nationales et régionales prônant toujours plus de « vert » et de contraintes sans valorisation pour le revenu des agriculteurs ! Le poids de l’agriculture régionale s’est érodé depuis 2016, toutes filières confondues, avec une baisse de valeur ajoutée de -9 % entre 2021-2022. Et en 10 ans la baisse de la production agricole de Nouvelle-Aquitaine s’est faite deux fois plus vite que dans les autres régions françaises.


Aujourd’hui par exemple, il faut noter une dynamique sur les oléagineux avec en parallèle une forte baisse sur le maïs grain irrigué dû à un problème récurrent de l’accès à l’eau, qui paralyse nos capacités de production. 


Alors que le secteur viticole est en crise, que le volet sanitaire tiraille les exploitations d’élevage, les revenus 2024 en grandes cultures sont négatifs après une année 2023 déjà extrêmement difficile. Pour les représentants agricoles du CAF, la situation n’est plus tenable, les exploitations souffrent mais ils veulent rester optimistes, car, comme l’a souligné Clément Courteix, Président de Jeunes Agriculteurs, nous pouvons parler de « décroissance agricole » dans notre région mais nous avons envie de poursuivre le renouvellement des générations en étant rémunéré pour notre travail.


Le Préfet est resté très à l’écoute des doléances de la profession, soulignant la qualité des données fournies, avec un constat clair qui suscite des questions au-delà des causes conjoncturelles, climatiques quant à la façon pour changer structurellement la tendance, avec les facteurs de compétitivité et des marges qui doivent être déterminantes pour retrouver du revenu. La réunion s’est achevée avec des propositions portées unanimement par les représentants agricoles, rappelant l’impériale nécessitée de mettre des clauses miroir, de maintenir les EGALim et d’appliquer des sanctions pour donner suite aux contrôles, de poursuivre la création de réserves de substitution et de limiter les procédures en cascade des opposants contre les autorisations dans le cadre de projets structurants et de territoire. Ils ont aussi demandé au Préfet de rappeler à l’État de maintenir ses engagements dans le déploiement des mesures d’urgence (sanitaire, TFNB, …), de simplification et du vote de la PLOA début 2025. Ils ont aussi insisté sur le fait de ne pas empiler de nouvelles contraintes, notamment sur le volet de la planification écologique, en sollicitant une pause dans un contexte budgétaire et social déjà complexe, tout en restant dans un objectif d’adaptation au contexte climatique.


Enfin, le Président du CAF a conclu en remerciant le Préfet de région de porter au plus haut rang de l’État la situation agricole de notre région, en indiquant une ferme opposition à une éventuelle signature du traité du Mercosur, ligne rouge de la profession et en rappelant au Préfet de région que le CAF régional attendait une réponse à la suite du recours gracieux qu’il a déposé contre l’application de l’arrêt du PAR 7 (Programme d’Action Régional Nitrates). La profession reste attentive aux négociations en cours portées par FNSEA/JA à l’échelon national et aux suites données par le Préfet de région.

1 Le CAF Nouvelle-Aquitaine est une instance présidée par la FNSEA, avec comme membres, les jeunes agriculteurs, la chambre d’agriculture, la coopération agricole, la MSA, Le Crédit Agricole, Groupama et la Safer. 

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