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INTEMPÉRIES
Le canton de Tauves lourdement touché par la grêle

Les orages ont lourdement touché le Puy-de-Dôme ces dernières semaines et notamment le canton de Tauves qui a essuyé une rafale de grêle d'une rare violence causant d'importants dégâts.

toit d'un bâtiment agricole détruit par la grêle.
Les toits des bâtiments agricoles, comme les habitations, n'ont pas résisté au déferlement de la grêle.
© ©JulienGaydier

C'est dans la nuit du 11 au 12 juillet, vers 1 heure du matin, que les habitants de Singles, Larrode, Tauves, Avèze et Saint-Sauves ont été réveillés par le fracas de la grêle. Durant une quinzaine de minutes, des morceaux de glace de la taille d'une balle de tennis sont tombés détruisant les toitures, les voitures, les cultures jusqu'à tuer des animaux. Plus de 120 interventions ont été comptabilisées par les sapeurs-pompiers dont les effectifs ont été renforcés par les centres de secours puydomois. Près d'une semaine après la catastrophe, l'heure est toujours à parer au plus urgent pour protéger au mieux les bâtiments de la pluie mais aussi pour comptabiliser les dégâts et engager les premières démarches assurantielles.

grêlons de taille d'une balle de tennis

« Les chasseurs ont retrouvé des gibiers morts »

La grêle est tombée sur le secteur suivant un couloir. Les communes de Larodde, Singles, Tauves, Avèze et Saint-Sauves-d'Auvergne ont toutes été touchées. À Singles, Julien Gaydier, le maire, est encore très surpris par cet épisode d'une rare violence. 

« Nous avons deux villages Serre et Péressanges où les toitures sont complètement détruites. Sur la quarantaine de bâtiments, pas un seul ne prend pas l'eau ! » 

Plusieurs habitants ont ramassé les grêlons de cette fameuse nuit. En moyenne, ils ont la taille d'une balle de tennis. D'autres en revanche se rapprochent de la boule de pétanque. « Ce ne sont pas des grêlons bien ronds mais des morceaux de glace. » Le maire qui est aussi agriculteur a été touché. Ses cultures, comme celles de ses voisins, ont fait les frais de ce déferlement céleste. « Nous avions des prairies qui n'étaient pas encore récoltées. Avant la grêle, il y avait un mètre de hauteur d'herbe. Aujourd'hui, il n'y a plus rien. L'herbe a été hachée menu. Nous avons retrouvé des impacts dans les pelouses, c'est dire la violence ! » Après avoir paré au plus urgent, bâché les toits des habitations et des bâtiments agricoles, en ce milieu de semaine les agriculteurs du secteur s'attachent à refilmer les silos d'ensilage et les bottes d'enrubannage. « J'ai refait plus de 300 ballots. Mon voisin pareil » raconte Julien Gaydier.

À lire aussi : Les prairies de Marcenat n’ont pas résisté à la grêle

Fort heureusement, aucune victime n'est à déplorer. Du côté des animaux cependant des blessures ont été constatées. 

« Les animaux d'élevages qui étaient dans les pâtures se sont sauvés, affolés. Ils se sont mis à l'abri sous les arbres. L'une de mes brebis est rentrée sonnée. Elle s'est couchée. Elle est morte le soir même. »

 Le gibier a également été touché. Sur les routes peu de temps après la fin de l'orage, Julien Gaydier témoigne avoir vu « toute la faune sortir (...) les renards, les chevreuils, les biches, ils couraient partout (...) les chasseurs m'ont dit avoir trouvé des oiseaux et des chevreuils morts au lendemain de l'orage ». Dans ce chaos, seuls les bâtiments avec un toit en tôle type baccacier ont résisté.

« Bras de fer avec les assurances »

Après l'émoi et l'urgence vient le temps de la reconstruction. À Tauves, les dégâts sont tout aussi importants. Le maire, Christophe Serre, a découvert avec amertume que les dégâts de grêle ne rentrent pas dans le cadre des catastrophes naturelles. « Les administrés vont devoir faire appel un à un à leur assurance. » Le premier édile s'inquiète de voir bon nombre de ses administrés dans des situations complexes puisque les assureurs vont prendre la vétusté des toitures impactées notamment sur les toits en fibro-amiante. 

« Le coût du désamiantage est exorbitant. » 

Les maires des communes touchés se sont rapprochés de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme ainsi que des services de la DDT pour tenter de demander le déclenchement du statut de calamité agricole. Christophe Serre prévoit d'ores et déjà un « gros bras de fer » avec les assurances notamment. Les constatations de dégâts devraient avoir lieu ce jeudi et ce vendredi. Au lendemain de l'orage, le Préfet Joël Mathurin, le Sénateur Jean-Marc Boyer ainsi que Lionel Chavin, président du Département étaient sur les lieux.

Gestion des risques, nous voilà devant la réalité de terrain !

David Chauve, président de la Chambre d'agriculture du Puy de Dôme.

Les différents épisodes de grêle frappant le département depuis un mois causent d'importants dégâts sur les cultures, les prairies et les bâtiments. Le retard de récolte lié à une météo plus que capricieuse cette année accentue fortement les conséquences de ces aléas. Sur prairies notamment, certains d'entre vous ont perdu la totalité de leur récolte de foin et parfois aussi une partie de leur surface en céréales.

La Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme a fait remonter ces situations à la DDT ainsi qu'aux assureurs puisque la responsabilité de ces deux interlocuteurs est engagée en fonction de vos situations. Le dispositif calamités agricoles n'existe plus tel que nous le connaissions. C'est aujourd'hui le nouveau dispositif gestion des risques qui prend le relais.

Deux situations : Assurés et non assurés ! Quoi qu'il arrive, votre interlocuteur est votre assurance puisque l'État a confié cette tâche aux assureurs et aux interlocuteurs agréés.

Sur prairie : jusqu'à 30% de perte, la charge incombe à votre assurance ; au-delà c'est à la charge de l'État.

La mécanique est la même en céréales avec une perte pivot de 50% pour engager les fonds d'État.

Sur prairie, la réponse des assurances est claire : "ne vous occupez de rien, le satellite jugera de la situation le 30 octobre en fin de période fourragère". Toutefois les agriculteurs touchés ont besoin de faire face dans l'immédiat et de prendre certaines décisions dès maintenant. La réponse des assureurs n'est pas sérieuse. Elle l'est d'autant moins lorsque l'on sait le manque de fiabilité du satellite lors des années "normales". Face à de tels aléas climatiques, nous sommes en droit de nous interroger sur quelles seront les conclusions au 30 octobre? Le doute est permis. Nous attendons encore, et toujours, les nécessaires expertises de terrains tant demandées par la profession depuis deux ans pour l'étalonnage du satellite. Où sont-elles ? Et surtout, pourquoi seule la prairie n'a pas droit à une expertise terrain pour juger de la perte générée ? À ces questions et à ce manque clair de transparence sur le dispositif, nous avons toujours la même réponse : on verra en octobre ! Tant les assurances que l'État vont devoir sortir du bois et ne pas omettre que ce sont nous, les paysannes et paysans, qui payons directement et indirectement par des fonds issus de la PAC, ce qui est censé nous revenir en cas d'aléas climatiques. Stop à l'enfumage !

 

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