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L’autonomie fourragère à l’épreuve du temps

Le 17 janvier dernier, la Chambre d’agriculture de l’Allier et l’association Allier Bio ont organisé une demi-journée d’études afin de dégager des pistes d’adaptations.

La 17e journée départementale consacrée à l’agriculture biologique s’est tenue le mardi 17 janvier en la salle polyvalente de Buxières-les-Mines. Didier Auclair, 1er adjoint de la commune, a ouvert la manifestation en indiquant que : « la commune de Buxières-les-Mines s’étend sur 4 700 hectares, essentiellement orientés sur de la production bovine. Pour ma part, je suis moi-même éleveur de bovins en agriculture biologique. Nous rencontrons des sécheresses persistantes qui se traduisent aussi par des problèmes d’approvisionnement en légumes de notre cantine scolaire. Les producteurs sont de plus en plus souvent face à une impossibilité d’irriguer leurs cultures et c’est un réel problème. Nous nous devons d’être plus techniques pour devenir plus résilients ».

La filière biologique résiste dans l’Allier

Un événement fruit d’une étroite collaboration entre la Chambre d’agriculture de l’Allier et l’association Allier Bio. Gérard Cognet, responsable de la commission agriculture biologique de la Chambre d’agriculture de l’Allier, a fait un point de situation sur la filière dans le département : «Aujourd’hui, malgré la conjoncture difficile pour la filière biologique et une stagnation de la consommation, nous ne pouvons pas pour autant parler de dé-conversions sur le département de l’Allier. Nous comptons même trois agriculteurs de plus dans cette filière cette année ! Le Bourbonnais passe le seuil des 380 agriculteurs engagés en agriculture biologique et dépasse les 24 000 hectares dédiés à ces productions. La ferme Allier compte actuellement plus de 9% d’agriculteurs en agriculture biologique et 5% de la SAU. Il faut savoir que la Chambre d’agriculture de l’Allier s’implique pleinement tant pour les conversions, les installations et les transmissions ».

Accompagner et proposer des solutions

Une demi-journée qui a pour objectif de répondre aux demandes des producteurs mais aussi des besoins de la filière biologique comme le précise Sébastien Fayard, co-président de l’association Allier Bio : « Cette journée départementale évolue au fil des années, soit par les thèmes abordés soit par la formule. Cette année, nous avons proposé avec la Chambre d’agriculture de l’Allier la thématique de l’élevage. Avec l’augmentation des fortes chaleurs qui s’étendent un peu plus chaque année, il est important de proposer des solutions à nos fermes bourbonnaises afin de minorer l’impact de ces évolutions climatiques. J’insiste sur le fait que nos systèmes d’élevages ancestraux sont nécessaires pour maintenir, entretenir les milieux ouverts qui font la beauté de nos paysages bourbonnais. L’élevage, avec une gestion intégrée et adaptée à son environnement, est source de solutions face aux changements qui se présentent à nous tant par sa capacité à stocker du carbone qu’ à fournir de la nourriture en qualité et en quantité, produite en locale, aux habitants de notre département et des environs ».

Constat et adaptations

Une journée technico-économique afin d’accompagner la filière face aux évolutions climatiques pendant laquelle Emmanuel Desilles, conseiller en agriculture biologique à la Chambre d’agriculture de l’Allier, a exposé des solutions pour s’y adapter et tendre vers l’autonomie fourragère.

Amélie Bouchant, conseillère élevage à la Chambre d’agriculture de l’Allier est ensuite intervenue pour présenter le projet AP3C en rappelant les mots d’Olivier Tourant, élu référent AP3C : « Le projet est né en 2015 du constat que l’on subissait de plus en plus fréquemment des aléas climatiques. On ne connait pas les solutions de demain mais nous devons être proactifs pour essayer de s’adapter au mieux ». Un projet piloté par le Service interdépartemental pour l’animation du Massif central (SIDAM) en partenariat avec onze Chambres départementales d’agriculture pour permettre aux agriculteurs de mieux s’adapter au changement climatique et d’être proactifs. Amélie ayant détaillé les principaux axes suivis par le projet AP3C : « Il s’agit de comprendre les principales évolutions climatiques passées et à venir mais aussi d’analyser les impacts sur les principales cultures et sur les systèmes d’exploitations du Massif central tout en menant des essais sur les départements pour faire le lien entre résultats théories et résultats de terrain. Un exposé complet revenant sur la méthodologie employée à travers les différentes approches de la problématique qu’elles soient climatiques, agronomiques, systémiques et territoriales.

Des ateliers d’échanges

Face aux grandes tendances climatiques et à leurs impacts, plusieurs adaptations sont possibles quant aux pratiques culturales. C’est ce que les participants à cette demi-journée ont tenté de dégager lors d’ateliers conduits par Fabrice Thevenoux, animateur à Allier Bio et Anne-Laure Reverdy, conseiller en agriculture biologique à la Chambre d’agriculture de l’Allier.

Philippe Charby, agriculteur aux Grands Mallais, à Ygrande :

« C’est au 1er janvier 2022 que je me suis installé sur la ferme familiale que j’exploite désormais seul. Je dispose d’une SAU de 70 ha dont 50 ha de surfaces fourragères sur laquelle j’élève 25 vaches de race charolaise. L’exploitation est conduite en agriculture biologique depuis les années 1970. J’ai mis en place un pâturage tournant dynamique en essayant de respecter la méthode André Voisin au pied de la lettre. À l’avenir je pense mettre en place des couverts d’été à moindre coûts qui permettraient d’avoir de la matière sèche disponible dans les moments de creux  des pâtures. L’objectif étant de minimiser l’impact économique de mes interventions en limitant par exemple les passages du tracteur. J’essaie au maximum d’utiliser de l’enrubannage et l’ensilage ».

Louis Renaud, agriculteur aux Avignons, à Lurcy-Lévis :

« Je suis installé depuis le 1er janvier 2023 avec mon oncle Richard Néant au sein du Gaec de la ferme des grillons. Une exploitation qui s’étend sur 126 ha de SAU sur laquelle nous élevons 65 bovins de race charolaise et limousine. Nous avons également développé un atelier de porcs sur paille et plein-air avec transformation ainsi que de poules pondeuses. Nous nous sommes convertis à l’agriculture biologique depuis 1993. Pour faire face aux difficultés que nous pose le climat, nous avons mis en place plusieurs essais de semis pendant la période estivale, juste après la récolte des céréales. Cette saison, nous souhaitons poursuivre ces essais mais plus tôt dans l’année. Quant à la réserve en eau, nous avons la chance de disposer d’un étang et d’un forage ».

Jean-Claude Vincent, agriculteur à Laudemarière, à Creuzier-le-Vieux :

« Après m’être installé au 1er janvier 2002, j’ai converti mon exploitation à l’agriculture biologique en 2015 aux côtés de mon épouse Séverine Clayeux. Polycultureur, éleveur, j’élève des bovins, ovins et caprins de nombreuses races ainsi que des volailles. Je transforme l’ensemble de mes productions en vue d’une vente en directe. À ce jour, mon exploitation d’une SAU de 230 ha est autonome en fourrages. Aujourd’hui je ne regrette donc pas cette conversion. Face aux évolutions du climat, j’essaie d’optimiser au mieux les pâturages à travers des rotations des prairies ».

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