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L’automatisation arrive dans les élevages ovins

L’automatisation en élevage ovin se développe doucement mais sûrement pour réduire la charge de travail des bergers et recueillir des indications précises sur le troupeau.

Jean-Paul Boyenval a eu l’idée de faire adapter sur une bascule standard un boitier informatique qui commande l’ouverture des portes
Jean-Paul Boyenval a eu l’idée de faire adapter sur une bascule standard un boitier informatique qui commande l’ouverture des portes
© M.Comte

De plus en plus les troupeaux ovins s’agrandissent et tendent vers le millier de têtes. Difficile alors pour les éleveurs, malgré les boucles électroniques et les logiciels d’élevage, de trier les animaux suivant leur poids mais aussi leur âge, leur sexe, leurs ascendances le tout de manière rapide et efficace. A l’occasion de la journée Innov’Action, organisée par la Chambre régionale

d’agriculture le 19 juin, le Gaec Boyenval à Echandelys dans le Puy-de-Dôme a ouvert les portes de son exploitation pour présenter un outil développé en partie par les éleveurs. La bascule automatisée n’est certes pas une grande nouveauté mais les bergers ont eu l’idée de faire installer un ordinateur sur la machine afin d’adapter son utilisation.

 

Une réflexion jusqu’au bout

Depuis six ans, le Gaec Boyenval a fait de la corvée de tri des agneaux et autres ovins une tâche beaucoup moins fastidieuse. Dans cette exploitation familiale, les trois associés doivent jongler avec un troupeau de 1 300 brebis et 25 vaches allaitantes le tout sur un parcellaire de 212 ha répartis sur un périmètre de 15 km. Avec une production de plus de 900 agneaux/an la tâche du pesage pour contrôler la croissance des animaux peut se révéler compliquée. L’arrivée des boucles électroniques ouvrait la voie pour Jean-Paul Boyenval « à l’automatisation grâce à l’enregistrement de données relatives au suivi du troupeau et notamment des indications sur le GMQ à l’herbe, le calage des conduites alimentaires et l’aide à la décision». Cependant, la collecte de ces données avec un système standard nécessitait l’utilisation de plusieurs appareils (raquette, pocket…) qui ne permettaient pas une gestion individuelle. « Lors de l’installation de mon fils et la croissance du troupeau, je souhaitais qu’en cas de besoin, il soit à même de gérer seul les charges de travail. » L’idée de Jean-Paul Boyenval fait alors du chemin et lui vient l’idée d’adapter une bascule avec un système automatique de gestion d’ouverture des portes via un boitier informatique.

Gain de temps et d’argent

Grâce à sa bascule, Jean-Paul Boyenval et ses fils peuvent trier les animaux selon leurs poids mais surtout suivant leurs résultats de productivité. La bascule devient alors un outil précieux d’aide à la décision. « Au moment de la pesée, nous choisissons les critères (déterminés par les éleveurs NDLR) qui vont nous permettre de constituer les lots de mises en lutte, de caler les rations suivant la prise de poids des animaux mais aussi les animaux à réformer. Les brebis entrent dans la bascule qui lit la boucle électronique et les deux portes s’ouvrent automatiquement suivant le résultat (gauche ou droite) pour déboucher dans des parcs de réception. Grâce à cette machine, pour un simple tri, un homme seul gère près de 500 animaux à l’heure sans aucune manipulation manuelle.» Avec cet outil, le Gaec Boyenval réalise des économies de temps mais aussi d’argent. D’après Marian Boyenval : « le pesage n’est plus une corvée. Nous pouvons désormais vendre des animaux au juste poids et faire le tri dans les brebis. C’est davantage une révolution qu’une innovation. »

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