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«L’arrêt de son activité est aussi un projet de vie »

A l’occasion de la semaine de la transmission et de l’installation, la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme a organisé plusieurs journées pour aider les cédants à s’organiser.

Ils étaient une vingtaine d’agriculteurs à avoir fait le déplacement jusqu’à Saint-Babel, dans la Limagne Sud, pour suivre la journée transmission.
Ils étaient une vingtaine d’agriculteurs à avoir fait le déplacement jusqu’à Saint-Babel, dans la Limagne Sud, pour suivre la journée transmission.
© M. Comte

Transmettre son activité agricole suite à un départ en retraite ou autres (reconversion professionnelle…), est un long chemin, semé de nombreuses difficultés. Entre démarches administratives, relation avec les propriétaires, la famille et remise en question de son entreprise, le parcours peut s’étaler sur plusieurs années. Durant une semaine, les Chambres d’agriculture d’Auvergne ont organisé dans chaque département, plusieurs journées pour informer et sensibiliser les futurs cédants. Au programme, des témoignages d’agriculteurs ayant transmis leur exploitation et des interventions de plusieurs professionnels (conseillers d’entreprise, MSA, centre de gestion…). Le 20 novembre dernier, c’est à Saint-Babel dans le Puy-de-Dôme qu’une de ces journées a eu lieu.

 

Une longue réflexion

Agriculteur à Entraigues en Limagne Nord, Henri Desnoyer a cédé son exploitation à Christophe Beauviot il y a un an. Les deux hommes ne se connaissaient pas et se sont rencontrés grâce au Répertoire à l’Installation Agricole. L’un cherchait des terres, l’autre un repreneur pour continuer à faire vivre son exploitation céréalière de 40 ha. « Choisir un successeur, c’est pire qu’une embauche parce qu’il n’y a pas la possibilité de revenir en arrière. Le choix a été difficile. Christophe venait de la Nièvre, il était salarié agricole, proche de la quarantaine, il a une vie de famille… Je l’ai choisi parmi 12 candidats». Après un stage parrainage d’un an, l’agriculteur et son successeur concluent. Christophe Beauviot reprend l’intégralité de l’exploitation agricole dont 20 ha qui appartiennent à Henri Desnoyer. Les 20 ha restant sont la propriété de plusieurs personnes. «J’ai averti mes propriétaires trois ans avant de rencontrer mon successeur. » Désormais à la retraite, Henri Desnoyer ne regrette pas son choix et encourage même ses collègues à y réfléchir. Selon lui, il faut plusieurs années pour réussir une transmission et le plus long n’est pas l’administratif. «L’arrêt d’activité est aussi un projet de vie. Il faut savoir ce que l’on veut transmettre, à qui et comment. Ces réflexions prennent du temps».

 

Des étapes à ne pas négliger

Un cheminement qu’il invite à ne pas accomplir seul pour éviter les erreurs et les oublis. Les centres de gestion, la MSA ou encore la Chambre d’agriculture sont les plus à même d’accompagner les futurs cédants. Ces derniers doivent commencer leur réflexion, sept à cinq ans avant leur départ selon Lionel Genestier, conseiller en entreprise à la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme. «Il faut envisager différentes hypothèses (vendre, transmettre, louer) mais aussi réfléchir au plan d’investissement et à la stratégie de l’exploitation. Elle ne doit pas se dégrader et rester attrayante». Ce n’est seulement que deux ans avant la cessation que le futur retraité doit s’inscrire au Répertoire à l’Installation Agricole pour trouver un repreneur. Dans le même temps, il devra évaluer le patrimoine de son exploitation. «Attention, la recherche d’un repreneur pour racheter des parts d’un Gaec par exemple est plus longue. Intégrer une société intéresse peu de gens surtout en lait » précise Lionel Genestier. Une fois le candidat idéal trouvé, c’est à l’issue du stage parrainage que chacun découvrira s’il a véritablement trouvé « chaussure à son pied ». Cette période «d’essai» peut s’éta-ler de trois mois à un an.

On ne le dira jamais assez, la transmission se prépare. Ces journées d’informations et de sensibilisation permettent à de nombreux agriculteurs d’envisager l’avenir, à l’heure où près de 55% d’entre eux ont plus de 50 ans. Selon les données d’Agreste, d’ici 2017 plus de 120 000 exploitations seront transmissibles en France.

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