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« L'animal nous indique sa souffrance »

Les boiteries sont la pathologie la plus fréquente chez les bovins, après les mammites. Elles sont présentes quel que soit le type d'élevage, mais ont des dommages plus importants dans les élevages laitiers. Le comité interprofessionnel laitier de Lozère s'est penché sur le sujet à l'occasion du challenge qualité du lait en faisant intervenir Marc Delacroix, vétérinaire spécialiste de la question.

Marc Delacroix, vétérinaire spécialiste des boiteries en élevage, conseille aux éleveurs de se former davantage aux techniques du parage fonctionnel et surtout d'observer leurs animaux. Dos, pieds et aplombs permettent de détecter certaines détresses.
Marc Delacroix, vétérinaire spécialiste des boiteries en élevage, conseille aux éleveurs de se former davantage aux techniques du parage fonctionnel et surtout d'observer leurs animaux. Dos, pieds et aplombs permettent de détecter certaines détresses.
© Sandra Hartmann

Les conséquences résultant des boiteries peuvent être désastreuses dans une conduite d'élevage laitier, « les pertes économiques sont considérables, appuie Marc Delacroix. La production de l'animal diminue, il mange moins. » Résultat, des réformes précoces et dévalorisées. De nombreux facteurs sont à l'origine des boiteries, logement et alimentation sont les deux leviers sur lesquels des mesures peuvent être prises. Le sol sur lequel marchent les bovins est à observer. Humidité et acidité doivent être chassées pour éviter une usure prématurée de la corne. L'alimentation des bovins peut également être à l'origine de boiteries : cas d'acidose ou de carences en oligo-éléments par exemple. « Les vaches qui ne sont pas bien alimentairement vont mal gérer leurs infections. Ayez une bonne alimentation et vous aurez de bons onglons », appuie le vétérinaire. Les lésions du pied sont associées à quatre pathologies : le panaris, le fourchet, la fourbure, la maladie de Mortellaro. Le panaris est une boiterie aiguë se manifestant sous la forme d'enflures symétriques en couronne au-dessus des sabots ou de nécroses nauséabondes provenant de l'espace interdigité. Il est le résultat de la pénétration de germes dans une blessure au niveau du pied. Cette maladie est contagieuse, il faut donc rester vigilant. Dans le cas de la maladie de Mortellaro, c'est une ulcération au niveau de la couronne des onglons, le plus souvent sur les pattes arrière. Le fourchet est une maladie que l'on observe sur la corne, au niveau des talons. Elle provoque une inflammation superficielle de l'épiderme, débutant sur la peau interdigitée et s'étendant jusqu'au talon. Des complications peuvent survenir : ulcère de la sole du pied, masse fibreuse apparaissant entre les onglons. Dernier cas, la fourbure, c'est une inflammation du pododerme qui est le tissu se trouvant sous la corne des onglons des bovins. Le pied est un organe solide et fragilisable, à proximité des zones d'agressions physiques ou biologiques. Et en plus, les onglons qui ne font que quelques centimètres carrés doivent aussi supporter le poids de l'animal. S'il fallait comparer à l'homme et à son poids moyen, chaque onglon devrait mesurer quarante-cinq centimètres carrés. Il va s'agir d'éviter d'avoir des vifs malades, dont il sera compliqué de se départir, d'où l'intérêt de la prévention (j'observe ce que me dit l'animal) et de maîtriser les techniques du parage fonctionnel, le curatif pouvant être pratiqué par un spécialiste.

La suite dans le Réveil Lozère, page 3, édition du 22 décembre 2016, numéro 1389.

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