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L’Allier, terre d’installation des jeunes agriculteurs

Installation Les Jeunes Agriculteurs de l’Allier s’inscrivent dans la démarche nationale de sensibilisation au renouvellement des générations en agriculture. Témoignage d’un jeune ayant bénéficié de l’accompagnement à l’installation, de l’émergence de son projet jusqu’à sa prise de fonction en tant que chef d’exploitation.

© AA03

Cette année encore, le département de l’Allier enregistre plusieurs installations. Principalement des jeunes dont l’âge moyen est de
26 ans contre 28 ans l’an passé. Au total, ce sont 71 installations aidées contre 54 en 2019 qui ont été comptabilisées. Un bilan plutôt encourageant pour Cédric Fournier, le président des Jeunes Agriculteurs de l’Allier :
« Nous espérons que la dynamique va se poursuivre au cours des prochaines années. J’espère par contre qu’il n’y a pas eu d’effet d’anticipation par rapport aux incertitudes concernant les aides à l’installation pour les années suivantes. Heureusement le dispositif devrait continuer ».
97 % de ces installations ont été réalisées en zones défavorisées, 3 %
en zones de montagne et aucune en zone de plaine, ce qui est bien évidemment logique. En revanche seulement 30 % d’entre elles sont en hors cadre familiale. Le montant moyen de DJA de 39 000 euros. À noter également que 44 % des installations sont en individuel contre 54 % en 2019.

Un an pour s’installer
Thibault Roux est âgé de 28 ans. Il s’est installé sur la commune d’Aronnes, en Montagne Bourbonnaise, au 15 janvier 2020, en exploitation individuelle, après l’obtention d’un Bac STAV en 2010 et d’un BTSA productions animales en 2012 au lycée agricole Étienne Gautier, à Ressins, dans le département de la Loire. Un jeune agriculteur motivé :
« Je suis un passionné de l’élevage et j’adore travailler à l’extérieur. être chef d’entreprise était pour moi un idéal ».
Ses diplômes en poche, Thibault complète sa formation par des stages sur différents systèmes agricoles, aussi bien en allaitant, laitier, hors-sol mais aussi au sein d’organismes agricoles. Au sortir de l’école, de 2013 à 2016 il devient chauffeur et agent d’entretien au sein d’une entreprise de travaux agricoles. Il effectue également plusieurs missions de service de remplacement avant de devenir, pendant quelques années entre 2017 et 2019, salarié agricole en exploitation.

Des démarches administratives
Son projet d’installation, hors cadre familial, Thibault l’a mûrement réfléchi et a su trouver l’accompagnement nécessaire pour le soutenir dans ses démarches : « j’ai véritablement pris la décision de m’installer en décembre 2018. C’est en mars 2019 que je me suis rendu au point info. J’ai ensuite présenté mon projet devant le centre d’élaboration des plans de professionnalisation personnalisés. Afin de parfaire mes connaissances et dans le cadre du plan de professionnalisation personnalisé, j’ai effectué un stage de 21 heures pendant lequel j’ai était sensibilisé à la comptabilité, l’organisation du travail et à concevoir un plan de fumure et d’épandage. Le plan d’entreprise a ensuite été établi au mois de juillet, l’an dernier. La commission départementale d’orientation agricole a ensuite validé mon projet il y a un peu plus d’un an, en novembre 2019. J’ai pu enfin m’installer en ce début d’année 2020 ». Thibault Roux a bénéficié de l’aide à l’installation (DJA) à hauteur de 48 400 euros.
Sur les 6 hectares de SAU dont il dispose, ce sont quatre bâtiments
« poulailler label » qui viennent de voir le jour ; les travaux s’étant terminés en septembre. D’une surface de 400m2 chacun, ils permettront de produire 17 600 poulets en 3,5 lots par an. Thibault a également mis en place un tunnel de 210 m2 permettant le stockage de la paille et du matériel d’élevage. Les premiers poussins sont finalement arrivés le 4 septembre dernier.
Une exploitation fonctionnelle et bien pensée comme l’explique Thibault : « Je n’ai aucun matériel en propriété ou en Cuma. Nous avons également mis en place de bons procédés avec un échange de paille contre du fumier et un curage avec le Gaec de Barnaudière, situé à proximité ». Le jeune éleveur travaille majoritairement seul et ne fait appel à de la main d’œuvre qu’au moment de la mise en place des poulaillers et lors du ramassage des volailles ».
À ses côtés, une entreprise spécialisée en nutrition animale « Atrial », avec qui il a signé un contrat de quinze ans permettant ainsi de garantir un prix fixe sur les aliments ainsi que sur l’achat des poussins et la vente des poulets.

Un accompagnement qui a fait ses preuves
Une installation réussie pour ce jeune passionné d’agriculture qui insiste sur le fait que : « même si les lourdeurs administratives sont nombreuses et que le premier confinement n’a pas facilité mon installation, j’ai eu, tout au long de mon parcours, l’appui nécessaire pour la partie administrative et également pour connaître les échéances et les dates butoirs pour remettre les dossiers à temps ». Un système d’accompagnement encadré par la Chambre d’agriculture de l’Allier qui a fait ses preuves selon Patrice Bonnin, son président : « Il faut que le projet soit réfléchi et, ce qui compte, ce sont les résultats sur le long terme. Avec du recul, on peut avoir l’impression que les démarches administratives sont longues. Cependant, après avoir échangé avec d’autres Chambres consulaires comme la CCI et la CMA, ces dernières considèrent que notre système à l’installation fonctionne bien avec un bon suivi et un bon accompagnement. Nous constatons d’ailleurs que très peu d’échecs dans les dix années qui suivent ».
Désormais chef d’entreprise, en pleine activité, Thibault Roux travaille chaque jour avec plaisir, dans le secteur avicole.
Thibault s’est investi au sein du mouvement Jeunes Agriculteurs de l’Allier en devenant trésorier du canton de Varennes / Lapalisse / la Montagne Bourbonnaise et a rejoint le Conseil d’administration départemental. « Je souhaite promouvoir l’agriculture et défendre mon métier. Cet engagement après des JA03 me permet aussi de faire de nouvelles rencontres », complète Thibault Roux.


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