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L'agriculture du Cantal, naturellement HVE

Via la certification HVE, la Chambre d'agriculture veut promouvoir les performances environnementales de la ferme Cantal.

Une quarantaine d'agriculteurs du Cantal se sont déjà manifestés auprès de Clément Martel pour obtenir cette certification.
Une quarantaine d'agriculteurs du Cantal se sont déjà manifestés auprès de Clément Martel pour obtenir cette certification.
© P. O.

HVE - Haute valeur environnementale : un sigle qui pourrait bientôt être spontanément associé à l'agriculture cantalienne dont chacun s'accorde à souligner les vertus naturellement agroécologiques. C'est du moins l'ambition des élus de la Chambre d'agriculture qui projettent de faire du Cantal une vitrine de cette certification environnementale des exploitations. Pas question en effet de laisser à d'autres cette identité naturellement verte. Issue du Grenelle de l'environnement et lancée en 2011, la HVE (le niveau 3, le plus élevé de la certification environnementale des exploitations) s'est jusqu'alors essentiellement développée dans les zones viticoles.

Valoriser l'identité verte du département
Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de l'Agriculture, en juillet dernier, sur les
8 218 exploitations tricolores certifiées HVE, plus de 80 % étaient des exploitations viticoles, 7 % arboricoles, 4 % en grandes cultures... On ne recensait alors que 260 élevages engagés et certifiés dans cette démarche, dont 158 exploitations en bovins (soit moins de 2 %). Aucune dans le Cantal alors que ce dernier a sans doute plus que tout autre une somme de pratiques agricoles et composantes naturelles à faire valoir : prépondérance des prairies, faible chargement animal, présence de haies...
Cette situation pourrait rapidement changer à la faveur de cette volonté professionnelle accompagnée du sérieux coup de pouce donné par le plan de Relance. Ce sont ainsi quelque 76 millions d'euros de crédit d'impôt qui ont été fléchés par le gouvernement afin d'accompagner la certification des exploitations d'ici fin 2022. Une opportunité à saisir sans tarder, les mesures du plan de Relance ayant jusqu'à présent eu une espérance de vie des plus réduites...
Embauché en mars dernier par la Chambre d'agriculture pour accompagner les agriculteurs cantaliens dans cette démarche, Clément Martel a pu d'ores et déjà mesurer l'intérêt suscité auprès de ces derniers. Alors qu'il vient de boucler son quatrième dossier HVE, une quarantaine d'autres l'attendent déjà après qu'une information a été adressée il y a quelques semaines seulement aux ressortissants de la compagnie consulaire. "Pendant 15 jours, ça n'a pas arrêté, le carnet de rendez-vous est plein sur juin. On a tous les profils : des gens en vente directe, en bio, en agriculture conventionnelle qui souhaitent faire reconnaître leurs pratiques sans avoir à s'engager dans des cahiers des charges trop contraignants...", analyse le jeune conseiller, qui constate à ce stade davantage de sollicitations sur les bassins de Saint-Flour et d'Aurillac. Éclairage sur les bénéfices et modalités de la HVE.

Que peut attendre une exploitation de sa certification HVE ?
Clément Martel : "En premier lieu, un crédit d'impôt de 2 500 EUR par exploitation ou par associé dans le cas d'un Gaec (dans la limite de quatre associés). Ce crédit d'impôt, valable une seule fois, est cumulable avec le crédit d'impôt bio dans la limite de
5 000 EUR par exploitation ou associé. La certification HVE permet également de bénéficier d'aides spécifiques dans le cadre du plan bâtiment, ainsi que d'une majoration de DJA. Les exploitations certifiées HVE sont par ailleurs exemptées du conseil stratégique phytos imposé pour le renouvellement du Certiphyto et ont une probabilité plus faible d'avoir un contrôle Pac.

Crédit d'impôt, accès au marché...
La HVE apporte également un plus en terme d'accès au marché pour les exploitations en vente directe notamment : la loi Égalim prévoit en effet que d'ici 2022, au moins 50 % des produits approvisionnant la restauration collective soient sous signe officiel de qualité ou d'origine, dont la HVE fait partie. Et d'ici 2030, une obligation de performance environnementale sera imposée aux produits sous signe officiel de qualité (AOP, IGP...). Des acheteurs dans certaines filières, des distributeurs (GMS) exigent d'ailleurs d'ores et déjà une certification de niveau 3 dans leurs cahiers des charges. Enfin, dans le cadre de la future Pac, il a été acté que la HVE donne accès au niveau supérieur des éco-régimes(1)."

Comment les fermes certifiées pourront-elles communiquer sur cette HVE ?
C. M. : "Les agriculteurs en vente directe pourront apposer un macaron sur leurs produits qui reprend le logo HVE. Nous prévoyons parallèlement à la Chambre d'agriculture de faire réaliser des panneaux sur le modèle de ceux qui existent pour les bilans carbone."

Quelles sont les conditions à remplir pour prétendre à cette certification ?
C. M. :  "On distingue trois niveaux de certification :
- le niveau 1 qui correspond au respect des exigences environnementales de la conditionnalité des aides Pac (sur les volets environnement, BCAE et santé du végétal) accompagné d'une évaluation de l'exploitation.
- le niveau 2 qui correspond au respect d'un référentiel comportant 16 exigences considérées efficientes pour l'environnement. Il s'agit plus d'une obligation de moyens, par exemple la mise en place de cahiers d'enregistrement,...
- enfin, le niveau 3, celui de la Haute valeur environnementale  (HVE) que nous visons dans le Cantal. Il est basé sur des indicateurs de résultats relatifs à la biodiversité, la stratégie phytosanitaire, la gestion de la fertilisation et de l'irrigation. Pour chacune de ces thématiques HVE, il faut obtenir au moins dix points pour être certifié HVE. Hormis sur le volet irrigation, l'atteinte du seuil de performance sur un critère prépondérant permet d'emblée d'engranger ces dix points."

Quelles sont les démarches à accomplir pour être certifié ?
C. M. : "Nous proposons aux agriculteurs une expertise et un accompagnement personnalisés avec un rendez-vous d'une demi-journée au bureau qui permet de réaliser ensemble un autodiagnostic de niveau 1 et de niveau 3 sur la base des documents suivants : le RPG (registre parcellaire graphique) de l'exploitation, les factures d'engrais, le cahier d'enregistrement des pratiques phytos à jour... À l'issue de ce rendez-vous, on remet à l'agriculteur un attestation de validation du niveau 1, l'autodiagnostic de niveau 3 ainsi qu'un plan d'actions pour pérenniser cette certification valable trois ans. Cela permet également de mettre en avant des points de vigilance. L'agriculteur doit alors contacter l'un des six organismes certificateurs agréés dans le Cantal qui viendra réaliser l'audit de certification dans un délai d'un mois et demi-deux mois. Cet audit permet de délivrer le certificat HVE. Un audit de suivi sera réalisé 18 mois plus tard."

(1) Lire L'union du 29 mai.

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