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Histoire
L’agriculture creusoise comme sujet d’étude

Etudiant à Limoges, Floris Bressy voulait que l'on parle plus du département dans le microcosme universitaire. Résultat : un mémoire passionnant. à découvrir !

Actuellement étudiant à l'IUFM de Guéret, Floris Bressy espère bien continuer ce travail de recherche, quand il aura le temps. (Retouche photo : G.B.)
Actuellement étudiant à l'IUFM de Guéret, Floris Bressy espère bien continuer ce travail de recherche, quand il aura le temps. (Retouche photo : G.B.)
© D.R.

Imaginez un passionné d'histoire, qui pourrait en parler pendant des heures. Un passionné de la Creuse. Et un fils d'agriculteur. Réunissez ces trois facettes dans la même personne. Cela vous donne un svelte jeune homme de 22 ans aux cheveux courts châtain prénommé Floris Bressy. Un garçon que l'on découvre aussi calme et discret qu'intarissable et militant de l'histoire de la Creuse… et plus spécialement de la Creuse agricole !

Aller sur le terrain

« Très peu de choses sont faites sur notre département. C'est une catastrophe ! ». Etudiant en Histoire à l'Université de Limoges, Floris Bressy, fils de Jean-Pierre Bressy, agriculteur du Grand-Bourg, parvient en 2007 au niveau Master 1 (Bac+4). Il décide de fixer son attention sur son département d'origine. L'agriculture s'impose vite à lui… « Je connais le milieu agricole, explique-t-il. Et la Creuse agricole est peu étudiée. » Dans les milieux universitaires, on travaille plus volontiers sur le Limousin « historique » que sur la Marche. Face à ce constat d'une Creuse à la remorque, « comme pour la Ligne à grande vitesse » fait remarquer le jeune homme, il décide de « parler de la Creuse à Limoges ». Sans compter une autre raison, plus affective : c'est « pour rendre hommage à la Creuse et aux Creusois que ce travail a vu le jour ».

Pour écrire son mémoire, Floris Bressy ne s'est pas contenté de rester assis dans une bibliothèque à étudier de vieilles archives poussiéreuses. Il est allé sur le terrain, à la rencontre des agriculteurs, des techniciens et de tout ce qui tourne autour du monde agricole. Rencontrant Dominique Marcicaud et Claude Massendari, de la chambre d'agriculture ; Christophe Lefebvre, directeur de la laiterie de Busseau ; Nadine Aubrun et Mireille Ricard, du lycée d'Ahun ; Christiane Aufort, Denis Graveron, Georges Brissart de la foire de Boussac, sans compter les agriculteurs.

L'objectif : reconstituer la trame qui a mené l'agriculture creusoise à ce qu'elle est aujourd'hui. Le mémoire de l'étudiant creusois évoque tout cela, à travers les yeux des paysans rencontrés : la baisse des effectifs agricoles, les résistances paysannes (Comité de Guéret), l'arrivée des paysans de l'Ouest dans les années 50, la professionnalisation, avec ses conséquences (« Les nombreux rassemblements qui existaient par le passé et cimentaient la société paysanne disparaissent tous les uns après les autres »), la mécanisation, la spécialisation (explosion du nombre de bovins, de 178 000 à 444 737 entre 1970 et 2008), la PAC, etc.

Encyclopédique

Le mémoire propose aussi des zooms sur les spécificités de l'agriculture creusoise. Les coopératives nombreuses et concurrentes ; l'histoire du lycée d'Ahun, etc. Des chapitres sont consacrés spécialement aux paysages et bâtiments agricoles creusois, à la foire de Boussac et à la laiterie de Busseau. Ils sont des exemples de l'évolution de l'agriculture. Ainsi, les mutations de l'établissement de la Compagnie des fromages montrent comment « nous sommes passés d'une laiterie faite pour utiliser le lait des paysans alentours à un maillon de l'industrie agro-alimentaire mondiale », sans aucun lien avec l'agriculture de la Creuse, explique le jeune chercheur. Floris Bressy a, modestement, eu une ambition « encyclopédique », en entreprenant ce travail. Ainsi, le mémoire offre un tour d'horizon général, sans trop entrer dans les détails. Agréablement rédigé, fourmillant d'illustrations et de tableaux fort instructifs, il se parcourt avec intérêt. On ne saurait trop conseiller aux agriculteurs creusois de se pencher dessus, dans un moment de temps libre, tant il peut être un moyen de se souvenir, ou d'apprendre sur son département.

Après coup, Floris Bressy n'est pas peu fier du résultat de son travail : « J'ai fait découvrir la Creuse à certains professeurs », affirme-t-il. Les derniers mots du mémoire semblent être écrits pour eux : « Il convient maintenant de changer notre vision de la Creuse et du monde agricole : cela valait la peine d'y regarder de plus près. »

Un parcours dans la Creuse agricole - les hommes et les lieux du changement (des années 1950 à aujourd'hui) - Master I d’Histoire de l'Université de Limoges, 2009. Directrice de recherche : Clotilde Druelle-Korn. Le Mémoire est disponible à la bibliothèque du Grand-Bourg ou à la bibliothèque de géographie, section Recherche de la faculté de Lettres de l'université de Limoges.

Deux citations

- L'exploitation agricole « totalement intégrée » dans « l'économie capitaliste », « est largement encadrée par un nombre croissant d'organismes et de mesures, de la PAC aux organes administratifs français ».

- « L'agriculteur moderne n'est propriétaire que de ses dettes ». Proverbe agricole.

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