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L’agricultrice fait de la littérature sentimentale un étendard

À 29 ans, Noémie Viallard est productrice de lait dans le Livradois-Forez et auteure d’ouvrages sentimentaux derrière lesquels se cache un message et une volonté forte de rétablir les rapports de force dans les relations amoureuses.

Associée avec son mari sur une exploitation laitière, Noémie Viallard n’est pas seulement agricultrice. À 29 ans, la jeune femme est également romancière et s’apprête à publier son troisième ouvrage cet été. Les relations amoureuses et ce qu’elles renferment de bon, comme de mauvais, sont son sujet de prédilection à travers lequel elle veille toujours à transmettre un message : « on ne peut pas tout accepter parce qu’on nous dit je t’aime ».

Une vie par passion

L’histoire de Noémie commence par sa passion enfant pour l’équitation. Elle intègre alors le lycée agricole d’Yssingeaux (43) pour continuer à développer ses compétences dans ce domaine. « J’ai découvert le monde de l’équitation professionnelle et c’était bien loin de ce que je connaissais et dont j’avais envie. »

Non originaire du milieu agricole, elle profite de ces années dans l’établissement professionnel pour faire d’autres rencontres. Elle est notamment séduite par la production laitière et Florian, celui qui deviendra son mari, et associé, quelques années plus tard. Après l’obtention de son BAC STAV, elle poursuit ses études vers un BTS par alternance. « Je n’ai pas poussé jusqu’au bout parce que c’était surtout pour voir si avec Florian nous étions capables de travailler quotidiennement ensemble. »

L’écriture se dévoile

Noémie s’associe au Gaec Charret à Saint-Sauveur-La-Sagne, dans le Livradois, avec son époux et ses parents. De leur union naît deux enfants, une fille et un garçon. Malgré « une vie heureuse », la productrice laitière sent qu’il lui manque quelque chose, sans savoir quoi…

C’est en ouvrant un livre conseillé par une amie qu’elle trouve ce qui lui faisait défaut. « Je n’étais pas lectrice mais alors pas du tout ! Puis j’ai commencé et ne me suis jamais arrêtée. Et un jour, je me suis dit : pourquoi pas moi ? Pourquoi je n’écrirais pas ces histoires qui sont dans ma tête ? »

Soutenue par ses proches, la jeune femme se lance et couche sur le papier deux tomes de 400 pages chacun, en trois mois. Elle envoie son manuscrit à une dizaine de maisons d’édition et sera publiée quelques mois plus tard sous le nom Noémie Dani. « Le roman n’a pas eu un franc succès et je n’en étais pas non plus entièrement satisfaite. Il  était loin du message que je voulais faire passer. »

« Mon challenge : conserver l’authenticité des sentiments »

Noémie entame l’écriture d’un second roman et change d’éditeur pour rejoindre la maison d’édition Hugo-Publishing. Dans cette nouvelle romance, l’auteure marie sa passion pour l’écriture et son métier. Dans «Quoi qu’ils en disent », elle raconte l’histoire d’un agriculteur débordé, papa célibataire, qui rencontre une jeune étudiante de 13 ans sa cadette et qui va, malgré lui, le reconnecter à la vie. Paru en août dernier, le livre rencontre un vrai succès auprès des lectrices.

Dans quelques mois, l’histoire va se transformer en saga familiale avec les histoires sentimentales des frères de son premier personnage. « La romance est un style inépuisable et contrairement aux idées reçues, on peut faire passer beaucoup de messages. »

À travers ses lignes peignant des amours aussi passionnels que complexes, Noémie Dani utilise toute la profondeur des sentiments éprouvés par ses personnages pour rééquilibrer des rapports trop souvent mis à mal dans notre société. « L’amour anime chacun de nous. La relation à l’autre nous aide à nous construire mais peut aussi, parfois, nous détruire. Je veux surtout transmettre à mes lectrices qu’on ne doit pas tout accepter simplement parce qu’on nous dit

« je t’aime ». À travers mes romans, j’explore la notion de consentement, pas seulement dans l’acte sexuel, mais dans l’ensemble de la relation sentimentale.» Car oui, dans ces romances, inévitablement, les scènes de sexe existent. Une évidence pour Noémie Dani mais elles ne sont pas là par simple « pornographie » mais pour servir l’authenticité des sentiments et défendre, encore une fois, un équilibre souvent mis à mal. « Ces moments font partie de la vie. Ils participent à notre construction. Malheureusement, notre société les a souvent décrits dans les romans, les films ou même à l’école, du point de vue de l’homme et jamais de la femme. »

La jeune autrice s’attache donc dans ses histoires à respecter sa vision des relations amoureuses et à les rendre plus égalitaires. Par sa plume, elle apporte aussi un éclairage nouveau au monde agricole. La dureté du travail, les frontières invisibles avec la vie familiale et l’emprise qu’il peut avoir sur ceux qui le pratique. Noémie Dani offre ainsi un regard bien plus profond à la littérature sentimentale.

« Je crois que si les histoires, ou même les films, mettaient davantage en avant des hommes bienveillants et non des bourreaux, nous n’en serions peut-être pas là aujourd’hui ; dans une société où les femmes sont parfois victimes de violences. »

Son exploitation :

- Saint-Sauveur-La-Sagne

- Associée avec son mari, Florian

- 90 vaches laitières

- Lait tout foin

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