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La voix des éleveurs du Massif Central se fait entendre en hauts lieux

Cette dernière semaine fut chargée pour les professionnels du Massif Central : rencontres avec Michel Barnier, avec les 3 ministres auvergnats, avec Mariann Fisher Boël commissaire européen… Les éleveurs du Massif Central ont été entendus. Ils attendent maintenant des réponses rapides et concrètes. Le discours de Michel Barnier lors du Sommet de l'Élevage devrait être suivi avec une attention toute particulière…

Deux entrevues avec le ministre de l’agriculture, Michel Barnier, un entretien avec la commissaire européenne Mariann Fischer Boel dans le cadre du séminaire de l’ARF (Associations des régions de France) sur la PAC, organisé jeudi dernier, à Clermont-Fd, la semaine syndicale a été chargée pour les responsables agricoles du Massif central. La manifestation de 20.000 agriculteurs, à Clermont-Fd, le 16 septembre, a sans aucun doute frappé les esprits, et accéléré l’obtention de rendez-vous. Mardi dernier, Jacques Chazalet, président de la FRSEA Massif central et Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, accompagnés de représentants de la FNB, de la FNO, de la FNPL et des JA, ont été reçus par le ministre de l’agriculture Michel Barnier. “Nous sommes venus voir le ministre pour qu’il prenne conscience de la réalité de la situation des éleveurs et du cri de détresse qu’ils ont lancé à Clermont” a déclaré le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer à l’issue d’une rencontre qui a duré deux heures. Les responsables syndicaux demandent un allègement des cotisations sociales, un report des remboursements de prêt en fin de tableau d’amortissement ainsi qu’une exonération du foncier non bâti pour soulager les trésoreries exsangues. A ce stade, Michel Barnier a pris acte des doléances des agriculteurs.

 

Attente de réponses rapides

La FRSEA et les JA Massif central, ainsi que la FNSEA souhaitent qu’une réponse soit donnée par le ministre dans les plus brefs délais, soit à l’occasion du Sommet de l’Elevage qui se tien actuellement, soit lors d’une conférence des revenus qui pourrait se tenir fin octobre. La MSA et les banques devraient être également sollicitées. A plus long terme, c’est bien entendu le rééquilibrage des aides au profit de l’élevage dans le cadre du bilan de santé de la Pac qui est demandé. Jean-Pierre Fleury, vice-président de la FNB estime à 1 milliard d’euros, la perte des éleveurs depuis 2006, dont 600 millions au titre de la hausse des charges (aliments du bétail, carburants, engrais…) et 400 millions au titre de la baisse des prix. Evoquant même l’éventualité “d’un Grenelle de l’Elevage” pour sortir de la crise et “donner de réelles perspectives aux éleveurs”, ainsi que l’a souligné Jacques Chazalet.
Le lendemain, nouvelle entrevue entre le ministre de l’agriculture, Jacques Chazalet, Jean-Michel Lemétayer, Michel Queille et Jean-Julien Deygas (JA Massif central) et Patrick Bénézit (Berceau des races à viande), mais cette fois-ci, en compagnie des trois ministres auvergnats du gouvernement Fillon, à savoir Brice Hortefeux, Laurent Wauquiez et Alain Marleix (voir HLP sem. 39). Le “pack Auvergnat” a rappelé son soutien à Michel Barnier dans “sa négociation pour une réorientation de la PAC, en faveur de l’élevage”. Ils ont rappelé “les attentes fortes des éleveurs pour des mesures conjoncturelles indispensables et faire en sorte que les exploitations franchissent la crise qui les frappe, en attendant la mise en œuvre en 2010 des nouvelles dispositions de la PAC”. Les ministres se sont quittés sur “ un serment de soutien à ces actions communes”.

Rencontre avec Mariann Fischer Boel

Si le soutien des ministres français, notamment en faveur d’un rééquilibrage des aides, semble être acquis, au niveau européen, du chemin reste à parcourir, en témoignent les propos tenus par Mariann Fischer Boel, commissaire européen à l’agriculture, lors d’une rencontre organisée avec les responsables agricoles du Massif central. En marge du séminaire de l’ARF (Association des régions de France), consacré à la PAC, qui s’est déroulé, jeudi dernier, à Clermont-Ferrand, la commissaire est en effet restée fidèle à sa logique libérale de la PAC, affirmant que “c’est le marché qui dicte les choses et que jusqu’à présent le système des DPU assurait la fonction de filet de sécurité”. A cette vision, les responsables professionnels du Massif central répondent “régulation et protection pour satisfaire les besoins des consommateurs”. Et de s’interroger “pourquoi l’intervention publique serait-elle légitime sur le marché le plus libéral qui soit, à savoir le marché financier, et qu’elle serait illégitime pour l’alimentation ?”.
D’une manière générale, il a été demandé à Mariann Fischer Boel que le “bilan de santé de la PAC permette de mieux prendre en considération les difficultés structurelles dont souffrent l’élevage et l’élevage herbager notamment”

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