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La voix des cantons, l’oreille des politiques

JEUNES AGRICULTEURS : Les JA du Cantal ont tenu leur assemblée générale, en présence de nombreuses personnalités politiques, du Département, de la Région, de l’État, attentifs aux paroles du terrain.   

Les Jeunes agriculteurs du Cantal interpèlent le préfet Buchaillat lors de l'assemblée générale de JA15.
Le préfet, face au réseau cantonal des JA, fort de plus d’une centaine de nouveaux adhérents. “De quoi renforcer notre légitimité (...) pour ensemble bouger des montagnes”, note le président Delbos.
© Renaud Saint-André

Cette fois, c’est officiel. Valentin Delbos succède à Mathieu Théron à la tête des Jeunes agriculteurs du Cantal. Le passage de témoin et la présentation du nouveau bureau ont eu lieu vendredi soir à Vic-sur-Cère, où les JA 15 tenaient leur assemblée générale. 

Mais ce qui ne change pas, c’est le cap fixé par le syndicat : l’installation, la transmission et le maintien d’exploitations familiales, viables et vivables (avec accès au foncier, des revenus à la hauteur, un soutien politique...). Autant de thématiques que chaque canton a pu exprimer, par quelque moyen qu’ils souhaitaient, avec la possibilité d’interpeller directement celles et ceux qui peuvent répondre, du préfet, de la DDT ou des parlementaires, aux services du GDS ou de la Safer

“Il faut que ça bouge” 

Les jeunes du canton de Saint-Flour ont concentré leurs propos sur la problématique de 2 200 hectares sanctuarisés au titre des prairies sensibles, qui interdit notamment les cultures emblématiques dont bénéficiait naguère la Planèze : blé, seigle et même lentilles. 

À propos des prairies sensibles : “Aujourd’hui, on met à mal une filière de lentilles en passe d’être labellisée, par manque de nouveaux producteurs qui ne peuvent même pas produire la céréale pour nourrir leurs animaux.” (JA du canton de Saint-Flour)

Le besoin de solutions concrètes se fait si pressant, que le préfet Buchaillat a préféré faire un point immédiat sur la question. Il convient d’un “problème identifié, pas encore réglé”, d’une “aberration” qui fait qu’avoir des rats taupiers qui dévastent une prairie serait intéressant écologiquement une fois qu’ils  y sont passés, obligeant par ailleurs à acheter de la paille. 

Le travail s’effectue en concertation avec la FDSEA et la Chambre d’agriculture pour “régler un maximum de situations possibles, en restant acceptable par la Commission européenne”. Comme il aura l’occasion de le faire sur d’autres sujets, Laurent Buchaillat sait l’impatience des agriculteurs à voir des dossiers (notamment nationaux) aboutir, mais il garantit que le travail avance et que la préoccupation des instances publiques à l’égard du monde agricole ne faiblit pas. Occasion de répondre de fait,  au canton de Saint-Cernin, qui exprimait son mécontentement à travers une vidéo dénonçant le manque de réponses claires et précises des autorités sur des sujets comme la prise en compte du coût de production, les retards liés au paiement Pac, etc.  

Idem à Riom-ès-Montagnes, où on attend des solutions rapides et concrètes et où, en plus, la tension monte autour des négociations sur le  prix du lait. Les désaccords entre les différents acteurs, notamment Lactalis, et les éleveurs ont conduit à des réunions animées. Les jeunes de ce canton pointent également du doigt le poids des charges sociales, obligeant la MSA à rappeler son rôle de collecteur, mais aussi de prestataire qui redistribue. Et qui, en l’occurrence, “redistribue 2 € pour 1 € collecté”.   

L’enjeu majeur de l’eau  

À Massiac, les enjeux se concentrent autour des retenues colinaires et de l’irrigation. Les JA du canton savent la difficulté d’une acceptation sociétale qui revient pourtant à stocker de l’eau quand elle est en excès, pour la remettre dans le milieu, en période sèche.  Ils réclament également, à ce sujet, une simplification et une cohérence dans les démarches administratives. Le canton de Salers évoque quant à lui, un “phénomène inquiétant”, lié à  l’accessibilité aux terres agricoles, mettant en lumière des freins à la transmission dans un secteur où les plus de 55 ans sont extrêmement nombreux. 

Chaudes-Aigues a mis l’accent sur le document unique, “alors qu’on connaît déjà tous les risques sur l’exploitation” et réclamant, en cas de problème, davantage de responsabilité de la part des concepteurs de bâtiments ou de machines agricoles que de la part des utilisateurs.  Montsalvy, un des rares cantons à ne pas avoir dérogé à la tradition des petites saynètes pour illustrer une problématique, soulève les préoccupations liées à la santé animale, notamment face à la FCO dont les cas sont plus nombreux que la MHE, mais ne sont pas indemnisés. Les éleveurs appellent à une décision pour préserver les revenus face aux pertes. 

Le GDS dit avoir alerté le ministère à ce sujet. “On peut aussi activer les caisses de secours du GDS Cantal”, suggère Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA et président de la FNB. Saynète également pour Aurillac, avec un retour humoristique sur les blocages du début de l’année. Occasion de démontrer la force de la puissance syndicale coordonnée et l’importance de repasser à l’action si nécessaire.  Dans son discours de clôture, le préfet n’a pas manqué de souligner que, dans l’esprit du gouvernement, la mobilisation est toujours activée, citant le ministre Fesneau qui parle d’un “mouvement qui dure depuis 2,5 mois”. Une nouvelle fois, il assure que toutes les recherches de solutions et les modalités d’application sont en cours. L’examen prochain de la LOA et d’Egalim 4 en sont des éléments clés.   

Pour La Roquebrou, ce sont des jeunes pas encore installés qui ont pris la parole. Ils sont l’illustration de ces JA qui s’interrogent sur leur avenir dans un contexte où la juste rémunération demeure incertaine...

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