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La survie des abeilles, un enjeu essentiel

 Samedi 21 septembre, dans le cadre des Journées du patrimoine, le cinéma le Trianon de Marvejols a organisé une soirée-débat autour de l’apiculture, avec diffusion du documentaire « Des abeilles et des hommes » de Markus Imhoof et débat animé par Henri Clément, porte-parole de l’Unaf et apiculteur, et Philippe Bertuit, délégué au cadre de vie et à l’environnement à Marvejols.

Henri Clément, porte-parole de l'Unaf et apiculteur, et Philippe Bertuit, élu à la municipalité de Marvejols
Henri Clément, porte-parole de l'Unaf et apiculteur, et Philippe Bertuit, élu à la municipalité de Marvejols
© Marion Ghibaudo

Et si les abeilles disparaissaient ? C’est le postulat de départ du documentaire de Markus Imhoof, paru en 2012, et qui explore les liens essentiels entre abeilles et humanité. Étudiant différentes manières de faire de l’apiculture, entre l’apiculteur autrichien qui se bat pour conserver l’espèce endémique locale et ses soixante ruches aux apiculteurs américains aux 2 000 ruches qui viennent polliniser les amandiers arrosés de pesticides, et parcourent près de 3 000 kilomètres en une saison (les pertes de ruches pour les apiculteurs pris dans ce cercle sont énormes mais les rendements encore meilleurs…), ce documentaire martèle un seul message : sans abeilles, pas de pollinisation. Et sans pollinisation, l’humanité ne survivrait pas longtemps. Mais de nombreux périls mettent en danger leur survie à long terme : pesticides, changements climatiques, production industrielle, parasites, etc.
Si le documentaire, daté d’il y a une dizaine d’années, s’attache aux menaces qui pesaient alors sur les abeilles, « de nouvelles difficultés se sont depuis ajoutées à celles énumérées dans le film », a rappelé Henri Clément en introduction. « Notamment en ce qui concerne le frelon asiatique ».
Un frelon asiatique qui est désormais installé dans toute l’Europe et met en péril l’apiculture européenne. Si un plan de lutte national avait été présenté et voté à l’unanimité au Sénat en début d’année, la dissolution de l’Assemblée nationale en mai a « fait tomber à l’eau ce projet », a détaillé Henri Clément. « Nous attendons impatiemment ce nouveau gouvernement, pour pouvoir relancer avec les sénateurs et les députés qui sont toujours partants de re-proposer cette loi qui permettrait d’organiser un piégeage sur l’ensemble du territoire au printemps, et qui permettrait aussi d’indemniser les apiculteurs professionnels qui perdent des ruches, et c’est quand même assez catastrophique ».
Henri Clément a rappelé qu’à ses débuts d’apiculteurs, « avant le varroa et le frelon asiatique, la mortalité des ruches, c’était 5 % par an ; aujourd’hui, on est à 30 %, ce qui est considérable. Aucune filière agricole n’accepterait cela ».

Une équipe engagée pour la biodiversité
À Marvejols, la nouvelle équipe élue depuis 2020 « s’est résolument engagée pour la biodiversité », a pointé Philippe Bertuit. Mise en place de fauches tardives sur certains espaces, obtention du label Apicité avec deux abeilles en 2022, travail sur le label « Villages fleuris », etc. Marvejols a d’ailleurs candidaté pour obtenir une troisième abeille, un projet en bonne voie, et qu’ils espèrent récupérer d’ici peu. 
Des ruches ont même été installées dans les combles de la mairie. Enfin, un soutien est apporté aux écoles locales qui font œuvre de pédagogie sur l’apiculture avec leurs élèves. Un court-métrage de trois minutes a d’ailleurs été réalisé et diffusé lors de cette soirée, mettant en scène les élèves de l’école privée Sainte-Famille, qui se sont engagés dans un projet apicole avec découverte des plantes mellifères et la vie des abeilles. Des projets qui sont réfléchis à long terme, avant tout.
Plantes mellifères qui sont aussi au cœur des préoccupations de l’équipe élue de Marvejols : « il y a deux ans, a rappelé Philippe Bertuit, nous avons du arracher toutes nos fleurs annuelles fin juin parce que nous ne pouvions plus arroser », à cause de la terrible sécheresse qui frappe à l’époque et oblige de nombreux acteurs à se poser la question de la gestion de la ressource en eau. « On a donc décidé de repenser notre stratégie, et de travailler plutôt sur du vivace et du persistant, et avec ce label Apicité, on essaye aussi de lier ça à des plantes mellifères ». Une question qui est aussi liée à celle des budgets : « des vivaces et des persistantes, vous les plantez une fois, vous entretenez et vous taillez, mais ce n’est pas acheté chaque année ». Des plantes qui ont tout bon, donc, et qui permettent tout autant de faire des économies d’eau et de budget annuel.
La question économique pourrait-elle contribuer à sauver les abeilles ? Rien n’est moins sûr, mais la problématique des abeilles et de la biodiversité est certainement mieux prise en compte par les acteurs politiques d’aujourd’hui qu’il y a 30 ans.

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