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La sous-préfète d’Aubusson sur le terrain

Pour mieux appréhender la situation de l’agriculture creusoise et les difficultés que rencontrent les éleveurs, la FDSEA a organisé le 18 février dernier, la visite de l’exploitation du Gaec d’Arfeuille à Saint-Pardoux-d’Arnet en présence de la sous-préfète d’Aubusson, Florence Tessiot.

© AM

En poste depuis quelques mois à la sous-préfecture d’Aubusson, Florence Tessiot connaît très bien le monde agricole et maîtrise parfaitement ses mécanismes et sa règlementation. Ingénieur de formation et diplômée de l’Institut national agronomique de Paris Grignon et de l’École nationale supérieure des sciences économiques appliquées de Dijon, elle a occupé plusieurs postes à responsabilité à la DDAF de l’Yonne puis directrice régional adjointe à la DRAAF de Basse-Normandie avant d’évoluer dans le corps préfectoral.
Elle a été accueillie par la famille Sidoux et les responsables de la FDSEA et de la Chambre d’agriculture. Un descriptif présentant l’évolution de l’exploitation agricole depuis l’installation de Bernard Sidoux jusqu’à l’installation récente de sa fille Carole permettait de situer l’exploitation qui compte aujourd’hui 180 ha avec 140 vaches allaitantes et 30 brebis pour quatre associés, Bernard, Annie, Laurent et Carole.
Parmi les responsables agricoles on pouvait remarquer la présence de Pascal Lerousseau et Christian Arvis, respectivement président et secrétaire général de la FDSEA, Jean-Philippe Viollet, président de la Chambre d’agriculture ainsi que quelques membres du bureau de la FDSEA et du proche voisinage. Les débats ont été très vite orientés sur les sujets d’actualité et notamment sur la réforme de la PAC et ses modalités d’application qui ne sont toujours pas définies pour l’instant.
En évoquant les problématiques en matière d’installation, de succession et de transmission d’exploitation, Carole Sidoux n’a pas manqué de rappeler devant Florence Tessiot, combien cette phase est lourde de conséquences pour le devenir des exploitations agricoles et pour le renouvellement des générations en agriculture. « Quand on sait qu’une installation coûte en moyenne 350 000 euros, les incertitudes pesant sur les procédures d’installation n’encouragent pas les jeunes à s’installer », déclare l’un d’eux. D’autant plus, lorsque de nouvelles règles sur la bonification des prêts définies par la loi d’orientation agricole autorisent désormais la bonification durant 5 ans à compter de l’avis de la CDOA. « Un système qui pénalisera les nouveaux installés s’ils ne réalisent  pas leurs investissements rapidement, car ils perdront le bénéfice de la bonification dans la limite des 5 ans et cela n’est pas admissible » souligne le responsable des JA.
Ce flou réglementaire, comme le décrivent les agriculteurs, n’est pas sans conséquence sur l’ambiance dans les campagnes. Tout en rappelant qu’a la veille des déclarations PAC, les modalités de la future réforme ne sont toujours pas connues, les responsables estiment intolérable ce flottement de la part du ministère de l’Agriculture. « Et que l’on ne nous dise pas qu’il s’agit de l’Europe, ces décisions appartiennent à l’État français » affirme le secrétaire général de la FDSEA Christian Arvis, tout en ajoutant, « quid des règles de mise en œuvre de la PMTVA,  des ICHN, des MAEC… c’est encore la grande inconnue ! La liste serait encore bien longue  à énumérer, mais les agriculteurs attendent avant tout des actes et non des paroles ! ».
Idem pour les mesures agro-environnementales et climatiques, si le Conseil régional tarde à définir les modalités de sa mise en œuvre, les agriculteurs craignent de devoir passer une année blanche. Autant de sujets abordés et autant de questions restées sans réponses se désolent les responsables agricoles. Ils attendent avant tout de l’État des signes forts et clairs pour avoir de la lisibilité sur leurs exploitations. Et c’est bien toute la question qui est posée sur le fond,  une lisibilité à court, moyen et long terme qu’attendent les agriculteurs. Aujourd’hui, il n’y a rien de plus d’angoissant que d’avancer sur les incertitudes et dans l’inconnu d’une nouvelle réglementation.
Et puis demeure la question sur l’avenir de l’élevage et de l’engraissement en particulier. « Un secteur qu’on laisse courir à sa perte » souligne un engraisseur. Alors que l’atelier d’engraissement de Saint-Martial-le-Vieux fait l’objet de nombreuses oppositions de la part de collectifs « anti-tout » et la une de nombreux médias, demain pourra-t-on encore engraisser nos animaux sur nos fermes ? se demandent certains d’entre eux. Mais pour la sous-préfète Florence Tessiot, les pouvoirs publics soutiennent ce projet et apporteront tout leur soutien aux éleveurs engagés dans cette démarche. « La polémique n’est pas une bonne façon d’aborder le sujet, mais il appartient aux éleveurs, aux acteurs du projet, à la filière, et aux organisations agricoles, de communiquer positivement sur ce sujet », a-t-elle conclu.

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