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La SNCF a un train de retard

Dans un projet interne, que la CGT cheminots s’est procuré, la SNCF prévoit de supprimer quatre trains au départ d’Aurillac, trois en direction de Brive et un pour relier Brive.

Les syndicalistes ont reçu le soutien de la population lors d’une diffusion de tracts devant la gare SNCF d’Aurillac.
Les syndicalistes ont reçu le soutien de la population lors d’une diffusion de tracts devant la gare SNCF d’Aurillac.
© M.V.

Selon son slogan, c’est à la SNCF “de nous faire préférer le train”. Pourtant, elle est plutôt en train de désespérer ses usagers cantaliens, qui doivent subir depuis environ trois ans des travaux incessants pendant l’été sans amélioration du temps de parcours, des retards fréquents et selon un projet interne à l’entreprise, la suppression de quatre trains qui devrait être effective à partir de mi-décembre. La CGT cheminots, qui s’est procurée la liste de ces trains, est outrée : “Sous prétexte de développer le transport ferroviaire en Auvergne, on enlève des passages dans le Cantal !”, s’exaspèrent les syndicalistes Thierry Bonhoure et Claude Prat. Ainsi, la liaison avec Clermont est principalement touchée puisque celles de 4 h 50 (lundi et lendemain de fêtes), 18 h 28 (dimanche et fêtes), et 20 h 36 (vendredi) sont vouées à disparaître, tout comme le Aurillac-Brive de samedi, à 5 h 45. Cette refonte de l’offre au départ d’Aurillac s’inscrit dans la volonté de la SNCF de proposer un système “à la suisse” où “chaque train part à la même minute de chaque heure”, illustre Serge Brugière, secrétaire du comité régional de la CGT. Ce cadencement devrait permettre aux passagers de mieux s’y retrouver et d’accroître la fréquence de circulation (37 trains en plus sur la Région). “Mais pas pour tout le monde, s’énerve Thierry Bonhoure. Les horaires ne seront plus adaptés, notamment pour les étudiants. Sur le principe du cadencement, nous n’avons aucune raison de nous y opposer sauf que le service se dégrade…”

“Pourquoi supprimer des trains bondés ?”

 

Dans son combat pour le maintien des services publics dans le Cantal, la CGT a trouvé deux alliés de poids : les voyageurs et la Région, dont la contribution à la mise en place du cadencement des trains s’élève à 2 millions d’euros. Les usagers se sont montrés réceptifs à la distribution de tracts effectuée par les syndicalistes vendredi après-midi, à la sortie de la gare. Beaucoup ont redit leur impression d’être “laissés pour compte” mais surtout leur incompréhension : “Pourquoi supprimer des trains qui sont la plupart du temps bondés ?” À cette question, la CGT, qui déplore “un manque de concertation”, n’a pas forcément de réponse, à part peut-être la raison économique : si le train de 18 h 30 ne roule plus, le public remplira le suivant, aux alentours de 20 heures. “Au lieu de chercher à améliorer l’offre, on la supprime purement et simplement, déplore Thierry Bonhoure. Si on cherche à saboter le service public dans le Cantal, après la suppression du direct Aurillac-Paris et des trains de nuit, on ne s’y prendrait pas autrement…” Ce projet, qui est donc encore à l’étude, favorisera les déplacements périurbains, entre Clermont, Moulins et Brive. “Et pour que ça s’améliore, on va chercher dans les zones moins rentables.” Prendre à Pierre pour habiller Paul en quelque sorte, sauf que Paul, “c’est quand même “une ville préfecture !”, s’indigne la CGT. “Les habitants ont le droit d’avoir accès au train. Si on continue dans cette logique, dans dix ans, on ferme la gare…” prévient, un brin fataliste, Thierry Bonhoure.

 

 

 

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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