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La situation reste tendue pour la filière noix

La coopérative PERLIM noix a fait le bilan d'une année 2023 compliquée lors de son assemblée générale. Alors que 2024 s'annonce difficile elle aussi, le président de la coopérative a appelé à l'unité.

Sur les 2,65 millions de tonnes de noix produites dans le monde seul 1,5 % est produit en France. Difficile dans ces conditions d'espérer se mesurer aux géants que sont la Chine et les États-Unis. Pourtant la coopérative PERLIM Noix reste mobilisée et envisage différentes stratégies pour l'avenir. « La campagne 2023 a été de mauvaise qualité surtout dans le sud, rappelle Charles Labrousse, président de la coopérative. Heureusement la récolte de la Dordogne a permis de sauver la saison. Après plusieurs années de marasme, les prix n'ont pas été au rendez-vous non plus et ce n'est pas l'année 2024 avec la récolte particulièrement basse qui s'annonce qui va arranger nos affaires ».
La récolte de noix fraîches a été à peu près stable en 2023 mais le marché continue de chuter chaque année, le produit étant risqué pour les clients car trop fragile. Du côté des noix, qualité et quantité étaient correctes. Une partie de la récolte a été commercialisée hors coopérative, entraînant une hausse des charges. « Si on ajoute la récolte 2023 avec le stock de report, nous avions un tonnage record à vendre cette année, souligne Jonathan Rhodes, pour sa dernière assemblée générale en tant que directeur de la coopérative. Nous avons multiplié les opérations de prospection commerciale ce qui n'a pas eu énormément d'effets jusqu'à août 2023. Plus de 5 000 tonnes de noix ont été vendues entre avril 2023 et juin 2024 et nous n'avons presque plus de stock aujourd'hui ».
Un point d'étape sur le contexte international a été présenté par le nouveau directeur de la coopérative. Au Chili la récolte est en baisse de 25 % et les prix sont en hausse. Les exportations devraient s'arrêter dès août, les volumes étant épuisés. Les prévisions aux États-Unis montrent une baisse de production d'environ 10 % et un report de stock inférieur à l'année passée ce qui limite la pression sur les prix à la baisse. En Chine, premier producteur mondial, la récolte devrait être d'environ 1,5 Mt. Les exportations sont perturbées par la présence des rebelles houthis en mer Rouge, obligeant les bateaux à faire le tour par le cap de Bonne-Espérance ce qui occasionne une flambée des coûts de transport. « En France, la récolte du sud-ouest s'annonce mauvaise, indique Florian Prévot, nouveau directeur de PERLIM noix. Nous avons très peu de stocks, la situation de la coopérative est saine mais on va manquer de noix. Notre objectif est avant tout d'assurer la pérennité de l'activité en rémunérant au mieux les producteurs. Pour ça nous avons imaginé plusieurs scénarios selon les quantités récoltées. Nous allons également travailler à baisser les charges ». Dans ce contexte compliqué, Charles Labrousse appelle à se serrer les coudes. « Certains diront que nos variétés ne sont pas assez productives, explique-t-il. Depuis 50 ans, nous produisons toujours plus. De litres de lait par vache, de fruits ou de céréales à l’hectare. Et pourtant il y a toujours plus de faillites et de moins en moins d'agriculteurs. Nous subissons des aléas climatiques en cascade qui rendent les récoltes de plus en plus aléatoires. Nous devons trouver de nouvelles stratégies et exiger des droits de douane dissuasifs. Et surtout il faut être solidaires. Nous appelons les producteurs à soutenir leur structure en livrant l'intégralité de leur production à la coopérative pour que les frais de station soient moindres. »

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