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La Région expérimente dans le Cantal de salarier des médecins et leur secrétaire

Le salariatdes médecins favorise l'attractivité de territoires en tension.Garant d'un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, il sécurise la rémunération de jeunes praticiens.

Sophia Bon, secrétaire médicale, et les docteurs Marie Barrière et Lionel Guerquin, entourés des élus du département Marie-Hélène Roquette, Gilles Combelle et Bruno Faure, du président de Région, Laurent Wauquiez, et de celui de la com com de Châtaigneraie, Michel Teyssedou.
Sophia Bon, secrétaire médicale, et les docteurs Marie Barrière et Lionel Guerquin, entourés des élus du département Marie-Hélène Roquette, Gilles Combelle et Bruno Faure, du président de Région, Laurent Wauquiez, et de celui de la com com de Châtaigneraie, Michel Teyssedou.
© R.S.-A.

D es "déserts médicaux". Voilà comment sont nommées les zones rurales où il devient difficile de profiter d'un service et d'un suivi de soins, en raison d'une pénurie de professionnels de santé. Le Cantal en souffre. Un point noir pour sa population en place, mais qui pénalise aussi l'attractivité du département. Et puisque les médecins libéraux ne sont pas assez nombreux à s'y installer pour compenser les départs en retraite, la Région Aura a souhaité expérimenter une solution : salarier des médecins généralistes. Première à l'échelle d'Auvergne-Rhône-Alpes, deux médecins et une secrétaire médicale salariés ont rejoint la maison de santé du Rouget-Pers. La commune de Châtaigneraie, qui bénéficie pourtant d'une infrastructure moderne (voir ci-dessous), n'y avait plus de docteurs depuis deux ans... C'est ici que le dispositif régional était lancé vendredi 8 septembre par le président, Laurent Wauquiez.

Oser !
Mais pourquoi les (jeunes) médecins ne choisissent-ils pas le rural pour exercer ? Souvent, ils préfèrent des villes universitaires où ils ont fait leurs études ou leur internat. Parfois parce que d'autres régions méridionales ou près des côtes les font rêver. Mais aussi et surtout parce qu'ils redoutent de devoir travailler en zone rurale comme le faisaient leurs aînés : seul, avec des horaires à rallonge et sans pouvoir prendre facilement des congés ou des week-end en devant, en plus, assurer une paperasserie administrative de plus en plus contraignante. Ajoutons enfin des frais propres à l'installation libérale, engendrés par la reprise d'un cabinet, l'emploi d'une secrétaire, etc.
Associé au principe des maisons de santé - qui abritent sous un même toit plusieurs professionnels - le salariat répond, point par point, aux craintes exprimées par les nouveaux médecins. Le tout était "d'oser" cette expérience, "d'avoir l'audace" de créer un schéma auquel la médecine française ne nous a pas habitués. "Dans nos zones rurales, l'accès à la santé, c'est le défi majeur", insiste Laurent Wauquiez. "Avec l'esprit d'équipe entre Région et Département, on décide de réagir et de proposer quelque chose de nouveau : embaucher des médecins salariés." Fin décembre, le conseil départemental du Cantal s'est engagé dans un Groupement d'intérêt public (GIP) "Ma Région, ma santé". Outre recruter des généralistes dans des secteurs en tension, il s'agit aussi de leur offrir tous les services(1) : local professionnel et charges, secrétariat, etc. La Région finance à hauteur de 50 % des besoins, le Département 20 %, les communes et intercommunalités 30 %. S'établir à plusieurs dans une maison de santé, permet d'assurer une permanence, tout en libérant du temps à chacun. L'expérimentation dure deux ans, plus une année renouvelable. L'idée avouée étant de sédentariser par l'installation les médecins salariés, en sécurisant leurs premières années.

Recentrés sur le coeur de métier
Au Rouget-Pers, Marie Barrière exerce à temps plein (et garde une petite activité hospitalière sur sa spécialité, l'obésité infantile) et réalise des consultations gynécologiques et de suivi de nourrissons. Son confrère, Lionel Guerquin, spécialisé sur la gériatrie, exerce lui à temps partiel, retenu à mi-temps sur un poste de médecin coordinateur de trois Éhpad. "Ça ne se fait plus de s'installer tout seul. Maintenant, c'est un exercice de groupe, plus confortable tant pour les patients que pour les professionnels de santé. Être salariée permet d'alléger la charge administrative qui n'est pas notre coeur de métier", confirme le docteur Barrière. "Dans mon cas, le salariat est la seule manière de pouvoir exercer la médecine générale à temps partiel, tout en conservant mes autres missions et en pouvant m'affranchir des charges administratives qui sont du même niveau qu'un temps plein", complète le docteur Guerquin.
Le maire, Gilles Combelle, se réjouit quant à lui du service enfin rendu à une population locale en attente de solution depuis longtemps. Il tient à remercier la "solidarité réconfortante" des différentes collectivités, de Marie-Hélène Roquette qui s'est particulièrement impliquée sur ce dossier, et des différents partenaires que sont l'ARS, l'Ordre des médecins, la CPAM, etc. Au vu du répondant de la patientèle (voir en encadré ci-dessous), il ne cache pas espérer du GIP la prise en charge d'un troisième médecin.
Mais d'autres territoires sont également en souffrance, ont rappelé Laurent Wauquiez et Bruno Faure, en citant l'Ardèche, la Haute-Loire et pour le Cantal le secteur de Chaudes-Aigues, le prochain sur la liste. Il reste au Rouget-Pers à démontrer la pertinence de cette expérience et de prouver que "Quand la santé va, tout va".    

(1) Basé sur la grille de la fonction publique hospitalière, en fonction de leur ancienneté, leur salaire oscille entre 4 500 et 6 000 EUR nets par mois.

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