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La question du loup est « un mensonge perpétuel » dénoncent la FDSEA et les JA

Lundi 29 juillet, la FDSEA et les JA ont organisé une conférence de presse pour évoquer la question de la prédation et les demandes apportées au comité grands prédateurs, qui s’est tenu mercredi 31 juillet au Chastel-Nouvel.
 

La FDSEA et les JA présentent leurs revendications au comité grands prédateurs
La FDSEA et les JA présentent leurs revendications au comité grands prédateurs
© Marion Ghibaudo

Restés discrets sur le sujet du loup jusqu’à présent « par volonté de travailler en toute quiétude auprès des éleveurs touchés, et de l’administration », la FDSEA et les JA ont décidé de sortir du silence, lors d’une conférence de presse organisée à Mende lundi 29 juillet. Venus avec « les revendications qu’ils comptent donner au préfet référent national loup, Jean-Paul Celet, et plus largement aux services de l’État », les syndicats majoritaires veulent désormais faire entendre leurs voix sur le sujet. « Nous sommes arrivés à un point de bascule, a averti Hervé Boudon, président des JA. Il y a des attaques sur tout le territoire, tous les jours, et les agriculteurs se lèvent avec la peur au ventre de découvrir leurs troupeaux décimés. Ça suffit ». Les deux syndicats ont révélé, lors de cette conférence de presse, se rendre sur les lieux d’attaque dès que les éleveurs les appellent pour les aider moralement et faire les demandes de tirs de défense nécessaires « en moins de 24 heures ».
Pour Jean-François Maurin, président de la FDSEA, « nous, syndicats, sommes très inquiets. Trois à quatre meutes sont installées dans le département, il est temps que les choses bougent ».
Afin de mettre en œuvre les mesures prévues par le PNA via un dialogue entre les acteurs départementaux, un comité « grands prédateurs » se réunit annuellement. Il regroupe l’ensemble des organisations, établissements, services de l’État et experts concernés par le sujet. Ce mercredi, c’est le Chastel-Nouvel qui a donc accueilli cette réunion, et les préfets coordinateurs les ont rejoints en visioconférence.

Des revendications claires
« Nous avons des demandes, et espérons bien être entendus des décideurs », a martelé Jean-François Maurin. En premier lieu, « que la brigade loup puisse intervenir au sein du Parc national des Cévennes. Il n’y a rien qui l’interdit légalement, si ce n’est une volonté politique ». Seconde demande : la simplification administrative, réclamée depuis la crise agricole du début d’année. « Nous voulons que les tirs de défense simple soient activés pour tous les éleveurs lozériens » sans qu’il y ait besoin de se noyer dans la paperasse, a souligné Hervé Boudon.
Troisième demande : que la meute du Mont-Lozère qui « alimente tout le massif central » selon les syndicats, soit « éliminée ». « Nous ne voulons pas devenir la réserve à loup du Massif-central. Avec les trois à quatre meutes installées en Lozère, nous arrivons à saturation dans le département, et désormais, ils colonisent les départements limitrophes », s’est agacé le président des Jeunes agriculteurs de Lozère qui s’est demandé pourquoi la seconde brigade loup, « installée en grande pompe l’an dernier à Rodez, n’est toujours pas venue sur le terrain ». Pour Hervé Boudon, si « la communication politique fonctionne bien, la réalité du terrain est toute autre. On se demande bien où sont ces agents qu’on nous avait promis ». Les syndicats en veulent pour preuve que le seul loup tué en Lozère depuis l’installation de l’animal dans le département l’a été par un lieutenant de louveterie en 2024.
Enfin, dernière revendication posée sur la table du comité grands prédateurs : que les lieutenants de louveterie soient recrutés en plus grand nombre pour « qu’ils puissent être plus réactifs sur tout le département ». « Je leur tire mon chapeau, les lieutenants de louveterie sont tous bénévoles, et à chaque fois qu’on les appelle, ils sont présents aux côtés des agriculteurs, a pointé Hervé Boudon. Ils prennent sur leur vie de famille, ils ont tous un travail, et ils sont quand même là, donc merci à eux ». Pointant ainsi la dichotomie existante entre des agents assermentés et formés pour ce travail qui sont, à ce jour, invisibles sur le terrain, et des bénévoles qui répondent présents au moindre appel.
« Si le loup est aussi un sujet économique, nos revendications ne portent pas sur les taux d’indemnisation, a noté Romain Nurit, responsable d’Areal. Notre combat va plus loin que le seul aspect financier. Notre première demande est que les agriculteurs puissent se défendre face au loup. À chaque fois que nous nous rendons sur le terrain, le mal-être et la détresse des éleveurs attaqués sont infinis, ils sont traumatisés et il est difficile d’y répondre ».

Des craintes pour la fin de l’été
« Au 17 juillet, nous avions 34 constats d’attaque pour plus de 110 animaux victimes du loup », a rappelé Hervé Boudon. Et « vu que les louveteaux sortent de leurs tanières, ça va commencer à taper dur ». Les agriculteurs, ont martelé la FDSEA et les JA, veulent « des réponses et des actes forts, le loup n’étant plus une espèce en voie de disparition. Cela suffit que les agriculteurs trinquent pour une politique qui n’a plus lieu d’être ». Si la discrétion a été de mise en ce début d’été pour laisser la place aux négociations en coulisses et travailler en toute quiétude sur le dossier, « notre volonté de discrétion ne va plus durer longtemps. Et si la manifestation est notre solution de dernier recours, nous n’hésiterons pas à en organiser si nous ne sommes pas entendus ce mercredi », ont averti la FDSEA et les JA.
 

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