La protection physique et numérique des exploitations agricoles
Les enjeux de sécurité publique et de souveraineté alimentaire étaient à l’ordre du jour lors d’une conférence organisée entre l’Amoma de la Creuse, Association des Membres de l’Ordre du Mérite Agricole et le Groupement de Gendarmerie Départementale de la Creuse à Guéret.
Les enjeux de sécurité publique et de souveraineté alimentaire étaient à l’ordre du jour lors d’une conférence organisée entre l’Amoma de la Creuse, Association des Membres de l’Ordre du Mérite Agricole et le Groupement de Gendarmerie Départementale de la Creuse à Guéret.
L’Amoma nationale a signé en juin 2025 une convention avec la Gendarmerie Nationale : « Comment mieux se connaître, comment l’Amoma peut-elle accompagner, relayer, informer, mettre en valeur les actions de la gendarmerie… ». La souveraineté alimentaire, c’est aussi une affaire de liens, de confiance et d’engagements partagés entre les citoyens et le monde agricole. À la caserne Bongeot, le Colonel Bruno Graffouillère et le Major Sylvain Piot, référent sureté, ont présenté ces rôles méconnus de la gendarmerie qui sont la protection et l’information sécuritaire dans les exploitations agricoles.
Le constat concerne les intrusions recensées dans ces exploitations, caractérisées par : des vols de production (fruits, légumes, animaux), d’engrais, d’outillages, de matériaux, de véhicules, avec des cibles privilégiées telles que les consoles GPS, les batteries et bien sûr le gazole… On compte aussi des destructions et des dégradations, des actes délictueux et des communications d’agribashing, en croissance, contribuant au mal-être des agriculteurs.
Pour lutter contre cette délinquance orientée vers les systèmes de production agricole, le Major Sylvain Piot a commenté les actions conduites par la gendarmerie, au plus près du territoire et des agriculteurs pour sécuriser les exploitations, les informer sur les moyens de protection et de prévention des cyberattaques. Il a insisté sur la nécessité : de connaître les menaces et les propres vulnérabilités de chaque exploitation agricole, de développer une culture de la sécurité. Il a rappelé des mesures de base simples mais efficaces : accès limités à l’exploitation, obstacles, clôtures, vidéosurveillance, alarmes, éclairages, traceurs sur matériels importants, rangement des clés… Pour les cyberattaques, il conseille de séparer les activités professionnelles et personnelles, de changer régulièrement les mots de passe, de rester vigilants face à des mails douteux et de réaliser des sauvegardes.
La France, avec une des agricultures les meilleures du monde, voit sa balance agroalimentaire basculer dans le rouge et on s’inquiète pour notre souveraineté alimentaire. Une alimentation souveraine, le soutien à nos agriculteurs, sont des notions à défendre et à protéger : ils ne peuvent produire que dans de bonnes conditions.
La présidente de l’Amoma de la Creuse, Pascale Gilli-Dunoyer a incité les participants à diffuser ces missions de la Gendarmerie relatives à l’agriculture : développement de la sécurité, renseignements individuels et visites personnalisées de prévention, traitement judiciaire.
Cette journée s’est clôturée par un repas au mess de la caserne Bongeot, une occasion d’échanges au plus près des réalités du terrain.