Après avoir failli disparaître, la production de tabac rebondit dans le Puy-de-Dôme
Les semis de tabac ont débuté la semaine dernière dans le Puy-de-Dôme. Depuis plusieurs années, la filière connaît un regain d'intérêt, porté par une hausse de la demande. Une dynamique qui profite aux producteurs, de plus en plus nombreux à s'installer dans la culture du tabac dans le département.
Les semis de tabac ont débuté la semaine dernière dans le Puy-de-Dôme. Depuis plusieurs années, la filière connaît un regain d'intérêt, porté par une hausse de la demande. Une dynamique qui profite aux producteurs, de plus en plus nombreux à s'installer dans la culture du tabac dans le département.
La Cuma tabacole de Thuret joue un rôle central dans la production puydomoise. Elle organise notamment les semis qui ont commencé la semaine dernière pour les 28 producteurs du département. Elle permet aussi le partage de matériel spécifique, comme les récolteuses à tabac, les bineuses ou encore les équipements de manutention, facilitant ainsi le travail et limitant les investissements individuels. Elle participe à la dynamique de la filière qui connaît un rebond ces dernières années.
Christophe Fournier, agriculteur et président de la Cuma tabacole de Thuret, cultive du tabac depuis son installation en 1998, sur une surface de 1,90 hectare. Malgré les périodes où la demande et la production étaient au plus bas, il n'a jamais cessé son activité. Aujourd’hui, il se réjouit de l’augmentation du nombre de producteurs. « Cela fait plusieurs années que le tabac est en constante progression », souligne-t-il.
La filière de production de tabac du Puy-de-Dôme tournée vers l’entraide
Dans le Puy-de-Dôme, la petite taille du groupe de tabaculteurs favorise une forte solidarité. Les réunions et les échanges réguliers permettent de partager les expériences et les pratiques. « On n’est pas en concurrence les uns avec les autres », explique Stéphanie Seguin, technicienne tabacole du Puy-de-Dôme.
« Si quelqu’un trouve une nouvelle technique efficace, il la partage avec les autres. »
Cette entraide constitue aujourd’hui l’une des forces de la filière locale, et un atout pour accompagner les nouvelles installations.
« Si un exploitant veut se lancer, la Cuma a quasiment tous les éléments dont il peut avoir besoin : récolteuse, bineuses… Ainsi il n’a pas l'obligation d’acheter beaucoup de matériels sur les premières années de son installation. On propose également du matériel d’occasion. »
Des semis de tabac collectifs pour tous les producteurs du Puy-de-Dôme
Le rôle de la Cuma tabacole de Thuret ne se limite pas à l’achat de matériel en commun mais s'étend à la production des jeunes plants.
La production de tabac débute dès le mois de mars avec les semis. Les semences sont produites par l’entreprise Bergerac Seed and Breeding (BSB), qui fournit l'ensemble des producteurs français, en plus du marché européen et mondial.
Au sein de la cuma, les graines sont mélangées à du terreau puis disposées sur des plaques en polystyrène. Celles-ci sont ensuite placées dans des bacs remplis d’eau, sous serre. Les plants se développent en hydroponie. En quelques jours, plus de 5 200 plateaux sont semés, correspondant à l’ensemble de la production du Puy-de-Dôme. Les producteurs viennent ensuite récupérer leurs plaques pour préparer la plantation.
À lire aussi : La filière tabac recherche des producteurs
Du champ à la récolte pour des marchés du tabac très spécifiques
Les jeunes plants restent sous serre jusqu’à la mi-mai, pour être ensuite plantés dans les champs à l’aide d’une planteuse. La culture se développe alors pendant plusieurs semaines. Vers la fin juillet apparaît la fleur du tabac qui est systématiquement coupée. Cette opération permet de favoriser le développement des feuilles.
La récolte intervient généralement trois semaines plus tard (début août) avant une phase de séchage du tabac qui s’étend jusqu'à la fin septembre. Deux mois plus tard, les producteurs commencent à retirer et trier les feuilles, selon leur position sur la plante. Les feuilles situées près du sol contiennent moins de nicotine, tandis que celles du haut sont plus concentrées.
Ce tri est essentiel pour la valorisation de la production sur les marchés. Les feuilles sont mises en cartons avant d'être envoyées aux industriels. Stéphanie Seguin, technicienne tabacole du Puy-de-Dôme, établit avec eux une note de qualité suivant plusieurs critères : leur position sur la plante, leur couleur, leur souplesse et l’absence de défauts (trous, taches). Cette évaluation détermine leur prix.
En moyenne, le tabac français se négocie autour de 6,50 € le kilo, permettant un chiffre d’affaires compris entre 18 000 et 22 000 € par hectare.
Une production de tabac en hausse dans le Puy-de-Dôme
Aujourd’hui, la filière connaît un regain d’intérêt qui s’explique notamment par des prix attractifs et une demande élevée sur des marchés spécifiques.
Depuis la fermeture de l'usine de Sarlat (2019), unique acheteur de tabacs du Puy-de-Dôme, les producteurs ont dû se réinventer.
À lire aussi : La culture du tabac n’a pas dit son dernier mot !
Les tabacs Burley sont vendus d’une part à un industriel belge pour l’intérieur des cigares et, d’autre part, en Italie pour fabriquer les capes qui entourent les cigarillos. « La cape représente 50 % de notre production. » Les tabacs Bruns sont écoulés auprès d’un industriel français pour la fabrication de nicotine liquide pour les cigarettes électroniques.
Les surfaces cultivées ont ainsi progressé d’environ 10 %, passant d’une trentaine d'hectares à plus de 35 hectares aujourd’hui.
Le nombre de producteurs augmente également. La filière compte cette année sept nouveaux agriculteurs portant l’effectif total à 28.
La qualité du tabac français, un atout sur le marché international
Le tabac français bénéficie d’une image de qualité sur les marchés. Les industriels apprécient tout particulièrement les conditions de production éthiques (absence de travail des enfants), de traçabilité et de réglementation phytosanitaire strictes.
Ces exigences de production expliquent en partie le prix plus élevé du tabac français par rapport aux autres productions étrangères.
« Quand les industriels ont besoin de quelque chose, ils sont prêts à le payer » souligne Stéphanie Seguin.
Pour répondre à la hausse de la demande de tabac, la Cuma tabacole du Puy-de-Dôme et la coopérative Tabac Garonne Adour recherche de nouveaux exploitants.
Pour plus de renseignements, contactez la coopérative Tabac Garonne Adour : 06 85 74 85 57