Aller au contenu principal

La performance s’obtient aussi par le bâtiment

Le Gaec de la Ligulaire a ouvert les portes de son exploitation dont le bâtiment d’élevage et de stockage de fourrages a été complètement réorganisé en 2016.

Les portes ouvertes bâtiments organisées par la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme sont l’occasion de découvrir des installations aussi diverses que variées. A Saulzet-Froid, la famille Chabot du Gaec de la Ligulaire a participé à l’opération. En 2016, les quatre associés ont complètement réorganisé leur ferme pour avoir aujourd’hui un outil de travail à la fois fonctionnel et performant. Séchage en grange accolé à la stabulation, elle-même raccordée à la nurserie réalisée dans l’ancienne étable entravée, aucun détail n’a été laissé au hasard.

 

Du foin bien sec

La visite commence par le séchage en grange réalisé en juin 2017 et attenant à la stabulation. D’une taille de 40 m x 19,5 m, il est aménagé de deux cellules de 15 m x 10 m mais comprend encore de la place pour la réalisation future d’une troisième cellule. À l’intérieur de ces cellules, des caillebotis installés à 50 cm du sol assurent la circulation de l’air chaud envoyé par les deux ventilateurs de 18,5 kW. « L’air chaud est capté entre la toiture et l’OSB. La toiture de couleur sombre fait office de chaudière grâce au rayonnement du soleil » explique Eliane Teissandier, conseillère bâtiment à l’EDE du Puy-de-Dôme. Les cellules, bien que réalisées en OSB (panneau composé de lamelles de bois NRDL), sont complétements hermétiques. « Le matériau est peu onéreux, facile à manipuler et à installer mais il y a beaucoup de main d’œuvre pour boucher tous les trous entre les plaques. »

Quant aux deux ventilateurs, ils sont installés à l’arrière de ces deux cellules dans un local anti-bruit quasiment hermétique. « Quand tu rentres ici lors de la saison des foins, tu n’arrives pas à te tenir à cause du bruit et les courants d’air t’arrachent la porte des mains ! » Cette puissance est pourtant indispensable pour sécher plus de 1 800 m³ de fourrage soit 180 tonnes (100 kg par m³) en 5 à 10 jours, selon le taux de matière sèche de ce dernier.

 

Itinéraire technique

Très concrètement, voici comment fonctionne le séchage en grange au Gaec de la Ligulaire. A la saison de la récolte, les quatre associés fauchent leur herbe qu’ils laissent sécher au pré maximum trois jours. Equipés d’une auto-chargeuse, ils ramassent le foin en vrac, ayant alors un taux d’humidité d’environ 60%, qu’ils déposent sur un quai de déchargement devant les cellules. Au-dessus de celles-ci, une griffe à foin avec un bras de 11,8 m, pilotée par l’éleveur, attrape l’herbe pour venir ensuite la déposer dans les cellules. « Pour un fonctionnement optimal, il doit y avoir au minimum 1 mètre de fourrage dans la cellule avant d’actionner les ventilateurs, sinon l’air chaud s’en va. » Une fois sec, le foin est stocké toute l’année dans les cellules. Au moment du nourrissage des animaux, les éleveurs utilisent la griffe pour prendre le fourrage nécessaire et le placer dans une zone de dégriffage située à mois de 30 mètres de la stabulation. Equipé également d’un valet de ferme, il ne leur reste plus qu’à distribuer aux animaux.

Nicolas Chabot, associé du Gaec témoigne avoir « gagné considérablement en pénibilité sur l’ensemble des opérations, de la récolte jusqu’à la distribution ». Hormis le travail, les éleveurs ont également amélioré la qualité de leurs fourrages. « On peut les récolter plus précocement et surtout on trouve qu’il y a plus de feuilles. De plus, comme le stockage est relié à la stabulation, on n’a pas besoin de sortir dehors pour aller chercher le foin. En plein hiver, c’est vraiment confortable. »

 

Assurer un bon départ

La stabulation des génisses a été réalisée en 2016 dans une partie de l’ancien hangar à foin. C’est elle qui fait le lien entre le séchage en grange et la stabulation existante.

Là encore, les éleveurs ont conçu leur bâtiment pour qu’il soit pratique mais surtout performant. Ainsi, 34 logettes avec fosse sous caillebotis et matelas avec genouillère à eau assurent le confort des futures vaches. « C’est l’avenir de notre production, on doit en prendre soin » explique Nicolas Chabot et le jugement est bon puisque depuis «elles ont une meilleure croissance et un meilleur état sanitaire ».

Enfin, comme rien ne se perd et tout se transforme au Gaec de la Ligulaire, l’ancienne étable entravée, servant au logement des génisses, a été réhabilitée en nurserie. Les stalles ont été entièrement démontées puis remplacées par d’un côté 21 logettes face au mur, et 4 parcs de l’autre (2 pour les génisses allaitées, 1 pour les génisses sevrées et un box vêlage) et entre les deux un couloir d’alimentation.

Pour conclure, le clou du spectacle, en plus d’être équipé d’un DAL et d’un racleur à câble dans la partie logette, la nurserie donne sur la stabulation. « Quand une vache veut faire le veau, on a juste à ouvrir la porte, aller la chercher et la conduire dans la nurserie. Encore une fois pas besoin de sortir dehors. » Et là encore, les associés ont considérablement gagné en confort de travail et en performance en assurant un bon départ à la nouvelle génération.

 

Combien ça coûte ?

Côté coût, le Gaec s’en sort plutôt bien. Le séchage en grange a demandé environ 320 000€ d’investissements, la stabulation des génisses plus de 197 000 € (5 795€/ place) et la nurserie près de 50 000€ (1 211€/place).

À noter qu’ils ont pu bénéficier des aides du PCAE (Plan de Compétitivité et d’Adaptation des Exploitations Agricoles).

 

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière