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La mise à l’herbe, une période charnière

Cette transition demande une préparation en amont et la vérification de quelques points.

vaches charolaises au pré
La mise à l’herbe induit des perturbations chez les ruminants. Le rumen renferme une population microbienne en équilibre avec ce que la vache mange, notamment fibrosité et composition chimique des aliments. Tout changement entraîne une modification de ces paramètres avec une perturbation de la population microbienne, d’autant plus forte que le changement de ration est important, et cela demande de 15 jours à 1 mois pour retrouver l’équilibre. C’est une période qui nécessite une observation et une vigilance accrues de la part de l’éleveur.
© GDS Creuse

La mise à l’herbe, c’est pour tous les animaux, qu’ils soient ou non en stabulation pendant la période hivernale, une modification d’environnement, un changement d’alimentation avec des impacts importants, notamment chez les ruminants particulièrement sensibles aux transitions alimentaires.

Des parcelles prêtes à accueillir les animaux

Cet hiver a été marqué par des précipitations importantes, il va falloir prendre en compte la portabilité des sols. Les intempéries ont pu causer des dommages aux installations. Vérifiez les clôtures et assurez-vous qu’il n’y a pas d’obstacle les ayant endommagées ou gênant la transmission du courant pour prévenir la divagation des animaux. Et pour diminuer les risques de contamination entre troupeaux, installez des doubles clôtures (1,5 mètre minimum) ou mettez en place du pâturage alterné. Un inventaire des points d’eau sera effectué en veillant à fournir aux animaux une eau de qualité, avec un débit suffisant. Elle doit être accessible à tous, sans oublier les veaux, et les points d’eau doivent être propres et régulièrement nettoyés. De l’eau contaminée au pâturage est un facteur de risque de transmission de la paratuberculose et souvent impliquée lors de cas de salmonellose ou de leptospirose.

Des animaux prêts à sortir

Les mois d’hiver ont pu mettre à mal les onglons des adultes. Un parage systématique est à effectuer sur tout bovin avec signe d’alerte, il permet de vérifier l’absence de lésion et de gérer la pousse de la corne. Pour cela, prenez contact avec votre pareur auprès de Farago Creuse. Pour les veaux en bâtiment, le changement va être le plus important. Ils vont passer d’un statut quasi sédentaire à une activité musculaire importante d’où la nécessité de complémenter en sélénium afin de prévenir la myopathie-dyspnée ou « raide ». Plusieurs solutions s’offrent à vous, que ce soit par voie orale ou injectable, consultez votre vétérinaire.

Une gestion du parasitisme à définir…

Les veaux vont être confrontés pour la première fois à la strongylose. Les larves infestantes sont là, en moyenne 300 par kg de matière sèche, l’hiver clément n’ayant pas permis de les détruire. La contamination peut varier selon le mode d’exploitation de la parcelle à la fin de l’année précédente, le type d’animaux, la date de retrait de la parcelle, son chargement et le mode de déparasitage. Le plus souvent, les veaux sont placés année après année sur les mêmes parcelles, souvent très contaminées en fin de saison. Agir tôt est souhaitable pour ne pas risquer d’atteindre rapidement des seuils critiques. Les protocoles sont à adapter en concertation avec votre vétérinaire, en prenant en compte l’âge des veaux et la nécessaire optimisation de l’herbe pour assurer la croissance des animaux sans négliger la mise en place de l’immunité.

… et des maladies vectorielles

Ce printemps doux et humide est particulièrement propice au développement des tiques, vectrices de nombreuses maladies. Les culicoïdes ont repris leur activité avec le risque de transmission de FCO ou de MHE. Si les moyens de prévention sur les vecteurs restent limités, vous pouvez échanger avec votre vétérinaire sur les mesures à mettre en œuvre, principalement la vaccination du cheptel souche et il est encore temps !

Une prévention de l’entérotoxémie

L'entérotoxémie est due à la prolifération de germes anaérobies (clostridium). Elle se manifeste par une mort subite des animaux « empoisonnés » par les toxines que ces microbes auront produites. Après une très courte période de fièvre et de symptômes nerveux, la maladie tue généralement en moins de 24 heures. Sa prévention passe d’abord par un respect de la transition alimentaire (cf. ci-dessous) et la gestion de la complémentation en granulés dans les nourrisseurs. La vaccination systématique contre l'entérotoxémie reste recommandée. La couverture vaccinale ne sera pas totale compte tenu du grand nombre de clostridies impliquées mais c’est une protection supplémentaire. La primovaccination (première vaccination dans la vie d'un animal) peut se faire dès la deuxième semaine de vie et nécessite deux injections espacées de 4 semaines environ.

Une opposition entre fourrages conservés et herbe

Pour bénéficier pleinement de l’alimentation de haute qualité et peu coûteuse en énergie qu’est l’herbe, cette transition est à préparer car elle peut être à l'origine d'accidents. La digestion des aliments commence par une phase de fermentation dans la panse des ruminants. La flore microbienne responsable de ces fermentations se spécialise en fonction de la nature des aliments consommés (flore cellulolytique ou amylolytique). Plus la ration hivernale sera différente de la composition de l’herbe jeune et plus la transition sera nécessaire et longue. Alors que la ration à base de fourrages conservés est riche en matière sèche, énergie et cellulose, et pauvre en azote soluble, à l’inverse, les caractéristiques de l’herbe jeune sont sa faible teneur en cellulose et amidon et sa grande richesse en eau, azote et sucres solubles.

Une transition alimentaire à étaler sur 3 semaines

Tout cela n’en fait pas un aliment parfait et justifie un rééquilibrage par l’apport de cellulose et amidon (foin ou paille–céréales ou ensilage de maïs). Un excès d’azote soluble provoque une diarrhée profuse signe d’un transit trop rapide et est responsable de troubles de la reproduction (avortements précoces, infertilité). Une bonne partie de la valeur nutritive de l’herbe est alors perdue. La meilleure transition s’effectue par une mise à l’herbe progressive tout en laissant à disposition les aliments de la ration hivernale. Le problème se pose surtout pour les bovins allaitants et bovins d’engraissement. La mise à disposition de foin ou de paille est à envisager, et ce, même si les animaux en mangent peu. Quand c’est possible, un apport quotidien de céréales, en faible quantité, assure une meilleure transition et corrige le déséquilibre de l’herbe jeune, qui peut s’avérer préjudiciable pour la reproduction. Vous pouvez vous rapprocher de la Chambre d’agriculture pour optimiser la gestion de l’herbe, notamment en relation avec le cumul des températures depuis le début de l’année ou la hauteur de l’herbe dans les parcelles.

Un apport minéral à ne pas oublier

L'herbe jeune, surtout quand elle provient de prairies temporaires à flore peu variée ou dans le cas de prairies permanentes à flore dégradée, est souvent pauvre en certains minéraux importants : sodium, magnésium. Vous maintiendrez un apport de sel pendant toute la période de pâturage et une complémentation en magnésium à la mise à l’herbe ou en cas de repousse rapide, afin de prévenir la tétanie d’herbage.

Une désinfection des matériels en commun et des bâtiments d’élevage

La mise à l’herbe, c’est aussi l’utilisation des bétaillères qui peuvent être partagées entre plusieurs éleveurs, n’oubliez pas de les nettoyer et les désinfecter entre chaque élevage. Il faut profiter de la période estivale pour nettoyer consciencieusement les stabulations. S’il y a eu des problèmes pendant l’hiver, une désinfection des bâtiments s’impose avec un produit adapté à la problématique de l’élevage (cf. article de la semaine prochaine).

Votre vétérinaire, GDS Creuse et Farago Creuse pour vous accompagner

La mise à l’herbe est une période charnière à préparer. Des mesures de biosécurité permettent de prévenir la maladie plutôt que de la traiter Si vous souhaitez profiter de conseils de professionnels pour les clôtures, le parage ou la désinfection, rapprochez-vous de votre technicien Farago Creuse qui vous accompagnera dans votre démarche. Pour plus d’informations, consultez votre vétérinaire ou contactez-nous à GDS Creuse.

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