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La LOA, « base de travail » pour les Jeunes Agriculteurs de la Creuse

Ce jeudi 3 avril, les Jeunes Agriculteurs de la Creuse ont tenu leur assemblée générale au lycée agricole d’Ahun.

De gauche à droite : Coralie Lebrun, trésorière JA23, Pascal Lerousseau, président de la Chambre d'agriculture de la Creuse, Aude Geiger, élue JA nationale, Cyrille Brigonnet, secrétaire général JA23, Florian Derboule, président JA23, Ottoman Zair, secrétaire général de la Préfecture de la Creuse, Mickaël Magnier, représentant JA Nouvelle-Aquitaine, Bartholomé Lenoir, député de la Creuse, et Valérie Simonet, présidente du Conseil départemental de la Creuse.
De gauche à droite : Coralie Lebrun, trésorière JA23, Pascal Lerousseau, président de la Chambre d'agriculture de la Creuse, Aude Geiger, élue JA nationale, Cyrille Brigonnet, secrétaire général JA23, Florian Derboule, président JA23, Ottoman Zair, secrétaire général de la Préfecture de la Creuse, Mickaël Magnier, représentant JA Nouvelle-Aquitaine, Bartholomé Lenoir, député de la Creuse, et Valérie Simonet, présidente du Conseil départemental de la Creuse.
© HC

Après les formalités d'usage, le rapport d'activité vidéo a abordé les différents événements qui ont marqué l'année 2024 : Terre en fête, Label Creuse et le Tour du Limousin ont particulièrement occupé le syndicat. En 2025, Terre en Fête aura lieu les 30 et 31 août à Moutier-Rozeille et le Tour du Limousin sera l'occasion de promouvoir les produits locaux le 19 août.

Zoom sur le service de Remplacement

Le premier grand sujet abordé a été le Service de Remplacement. L'assemblée générale a été l'occasion pour sa directrice, Cécile Fournier, d'en rappeler le concept et de casser les obstacles à son utilisation grâce aux témoignages de la salle. De nombreux motifs pour l'utilisation du Service sont possibles. La plus grande partie de l'activité concerne des arrêts maladies et accidents, suivis par les congés maternité et paternité. Mais le Service de Remplacement permet aussi de s'offrir des vacances, grâce au crédit d'impôt. Les mandats syndicaux, professionnels et les formations ouvrent aussi des droits à la mise à disposition de main-d’œuvre. Des conventions existent aussi avec différents organismes : les agriculteurs sapeurs-pompiers volontaires bénéficient du service pour leurs périodes de formation.

Des idées préconçues semblent freiner l'appel au Service : les journées auxquelles les agriculteurs ont droit pour motif de formation par exemple, n'ont pas forcément lieu le jour même de la formation, le travail retardé peut être effectué à quatre mains avec l'agent de remplacement plus tard, en présence de l'agriculteur remplacé. De nombreux financements sont possibles et permettent de réduire le coût de journée.

La Loi d'Orientation Agricole décortiquée

L'autre grand thème abordé dans l'après-midi a été la Loi d'Orientation Agricole, votée juste avant le Salon de l'Agriculture et partiellement retoquée fin mars (voir notre édition précédente). Bertrand Dumas, de la Chambre régionale d'Agriculture, a détaillé le contenu final de la loi. Elle a été particulièrement soutenue par Jeunes Agriculteurs en raison de son orientation forte en faveur de l'installation et la transmission. Elle est en effet particulièrement ambitieuse, avec l'objectif de passer de 400 000 à 500 000 exploitants agricoles d'ici 2030. Lors des débats, un bémol a été apporté à cette ambition : « Installer en nombre c'est bien, mais ces installations devront être viables » s’inquiètent les responsables syndicaux. Parmi les outils qui devront faciliter les installations, un guichet unique à l'attention des cédants et des futurs installés, doté d'un répertoire pour faciliter leur mise en relation. Ce guichet devra se charger de prendre contact avec les futurs cédants très en amont de la retraite, afin de préparer en profondeur tous les aspects de la transition.

Souveraineté censurée

Autre point essentiel de la loi, la définition de la souveraineté alimentaire a fait l'objet d'une censure partielle, car elle introduisait une notion de non-régression, contraire au code de l'Environnement, qui prime. Cependant des plans stratégiques devront être mis en place afin de sauvegarder les filières fruits et légumes et élevage, qui ne sont pas autosuffisantes. La censure partielle de la souveraineté alimentaire est un point d'inquiétude pour les Jeunes Agriculteurs, qui la considéraient comme une base essentielle de la loi.

Autre sujet essentiel pour les Jeunes Agriculteurs, la formation. Les personnes présentes ont insisté sur l'affaiblissement du niveau des nouveaux installés, particulièrement en matière de gestion d'exploitation, alors même que la partie administrative prend de plus en plus de place dans le quotidien des agriculteurs : « Ils sont incapables de faire eux-mêmes une déclaration PAC ». Mais même les bases du métier semblent poser problème : « Ils ne savent plus produire normalement », « Le Bac ne suffit pas pour savoir gérer une entreprise ». Les intervenants ont également pointé une formation en vase clos, où trop souvent des apprentis se retrouvent sur l'exploitation de leurs propres parents, où ils ont plus un rôle d'ouvrier agricole que d'apprenant.

La Loi prévoit une augmentation des ressources allouées à l'enseignement agricole et la création d'un diplôme de niveau bac +3 (Bachelor Agro). Le nombre de vétérinaires devrait repartir à la hausse avec l'objectif d'une augmentation de 75 % du nombre d'élèves. Reste à trouver le moyen de les inciter à « faire de la rurale ».

Face au désarroi des responsables syndicaux, l'intervenant a insisté : cette censure n'est que partielle, la loi constitue une base de travail et de nouveaux textes mieux écrits et non censurables pourront être votés. Il faudra cependant être patient, car d’autres textes attendent leur tour à l’Assemblée Nationale et au Sénat, et ces nouveaux éléments devront passer après.

La fin de l'assemblée et les discours ont abordé les derniers sujets d'actualité : la victoire aux élections Chambre d'agriculture, obtenue en Creuse haut-la-main, est une satisfaction qui permettra de continuer le travail déjà engagé sur l'installation. Dernière victoire en date, la double ouverture des frontières italienne et espagnole aux animaux non vaccinés pour la FCO, qui permettra de mobiliser les vaccins disponibles pour le cheptel souche. Valérie Simonet, présidente du conseil départemental, a notamment expliqué la situation du laboratoire d'Ajain, qui devrait quitter le groupement Terana à la fin de l'année. Aude Geiger, représentant nationale du syndicat, n’a pas manqué de féliciter les responsables et adhérents pour leurs actions.

La réunion s'est conclue par la remise de cadeaux aux invités et des discussions autour d'un verre de l'amitié.

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