La gauche K.O. à Aurillac, pas de combat à Saint-Flour et un second round à Mauriac
Le basculement d’Aurillac à droite a constitué “la” surprise de ces élections municipales. Pas à Saint-Flour où Philippe Delort est reconduit, alors qu’à Mauriac, le suspense reste entier.
Le basculement d’Aurillac à droite a constitué “la” surprise de ces élections municipales. Pas à Saint-Flour où Philippe Delort est reconduit, alors qu’à Mauriac, le suspense reste entier.
Il n’y aura pas eu photo. Le score de 6 452 voix est imposant, net, sans bavure. Il aura créé la surprise dans les deux camps, celui de la gauche unie d’abord - qui ne s’attendait sûrement pas à prendre une telle déculottée - ne séduisant que 4 045 électeurs. Et à droite aussi... qui n’en espérait pas autant, officiellement tout du moins. À Aurillac, c’en est terminé de cette appellation “bastion de la gauche”, imprenable depuis 1977. Une ville d’irréductibles, qui aura fini par céder aux sirènes d’un novice à la fonction municipale : Patrick Casagrande. S’il refuse l’étiquette qui lui a été collée d’emblée, en raison de son parcours politique et de ses soutiens clairement estampillés à droite, le jeune trentenaire qui a fait du orange sa couleur de ralliement a réussi le casse de ce demi-siècle, en faisant tomber une gauche unie mais désormais déconfite et réduite à peau de chagrin au conseil municipal (six sièges) et à l’Agglo (cinq)... Patrick Casagrande voulait fixer un “cap pour Aurillac”, les électeurs lui ont quasiment donné les pleins pouvoirs pour le faire.
Sans appel à Arpajon et Ytrac
À Arpajon-sur-Cère, il n’y a pas eu match non plus : Isabelle Lantuejoul conserve confortablement son fauteuil de maire après une campagne tendue, marquée par des coups bas que l’on pensait réservés aux grandes villes... À Ytrac aussi, les petites phrases assassines et les attaques personnelles ont plombé les dernières semaines et dans les urnes, le score est sans appel pour Bernadette Ginez (2 006 voix), qui écrase Jamal Belaïdi (517).
Dans la vallée de la Jordanne, on a misé sur la continuité avec Nathalie Garde (Saint-Simon), Jean-François Barrier (Velzic), Jean-Michel Faubladier (Lascelles), Philippe Fabre (Mandailles-Saint-Julien) et Philippe Maurs (Saint-Cirgues-de-Jordanne) qui restent maires.
Là où il y avait deux listes, Annie Delrieu est reconduite plus largement qu’en 2020, où tout s’était joué à une poignée de voix près. André Dujols rempile également à Saint-Cernin, Éric Février à Saint-Mamet, Florian Morelle à Maurs, Maryline Monteillet à Lacapelle-Viescamp, Christian Poulhès à Naucelles, Géraud Méral à Roannes-Saint-Mary, Denis Vieyres à Rouziers, Michel Canches à Saint-Gérons. Par contre, nouveauté du côté d’Arnac, où Michel Cabanes va laisser sa place à l’ancien secrétaire départemental de la CGT, Éric Debuire. À Puycapel, François Danemans fera pareil, pour 20 voix de retard sur Emmanuel Billot. Tout comme Jean-François Rodier à Jussac, battu de 25 bulletins par André Arnal. Pas de troisième mandat pour Jean-Luc Lentier qui s’incline, à Vézac face à un Jean Bouniol qui a rassemblé 549 voix sur 853.
Le RN ne passe pas à Saint-Georges
Une liste siglée ouvertement Rassemblement national dans le Cantal, c’était inédit. Saint-Georges s’est retrouvée dans l’œil du cyclone avec la candidature de Cindy Rodier, qui fait moitié moins de voix (253) que le maire sortant, Jean-Jacques Monloubou (530). Il n’empêche, la tête de liste et son numéro 2, Léo Mazhoud, siègeront au conseil municipal.
À Saint-Flour, on ne change pas une équipe qui gagne avec la reconduction de Philippe Delort, sans personne face à lui. Plusieurs autres maires re-signent également pour un nouveau mandat, sans surprise là où il n’y avait qu’une seule liste (Massiac, Ferrières-Saint-Mary, Condat, Neuvéglise-sur-Truyère, Cheylade, Chalinargues, Chaudes-Aigues...) et là où il y avait de la concurrence, comme à Murat, Brezons, Albepierre-Bredons ou encore Neussargues. Par contre, ça ne passe pas à Allanche pour le maire sortant, Philippe Roseel, qui cède sa place à Alain Griffe. Louis Galtier retrouve, lui, la sienne à Pierrefort, six ans après l’avoir cédée, en sortant vainqueur de son duel face à Jean-Marie Vidalenc.
Le plein de nouvelles têtes sur l’arrondissement mauriacois
Ils ne sont pas nombreux ceux qui retrouvent leur siège sur l’arrondissement mauriacois. Hormis les communes où il n’y avait qu’une liste engagée (Le Falgoux, Jaleyrac, Menet), plusieurs mairies vont changer de tête(s), à commencer par Riom-ès-Montagnes, qui tourne la page de François Boisset. Louis Toty écrira l’avenir des six prochaines années riomoises. À Valette aussi, en l’absence de Valérie Cabecas partie à Mauriac, c’est Frédéric Duval qui présidera aux destinées de la commune. Avec le retrait de Stéphane Briant, les jeux étaient ouverts à Antignac, avec finalement Jérôme Juillard qui lui succède.
Un nouveau maire prendra également ses fonctions à Salers (Delphine Lescure), à Saint-Bonnet-de-Salers (Guy Riffaud), Anglards-de-Salers (Françoise Bournival), Ydes (Yves Cheymol), Champs-sur-Tarentaine-Marchal (Bernard Lacour), Sainte-Eulalie (Étienne Bidel), Trizac (Serge Arnal), Sourniac (Jean-Michel Fabre), Saint-Martin-Valmeroux (Bernard Andrieu)... Et qui sait si à Mauriac aussi, il n’y aura pas une nouvelle tête ?
marie varnieu