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La feuille de soins de l’ARS Ara délivrée pour le Cantal

Situations des hôpitaux sanflorains et aurillacois, accueil des Docteurs junior, maisons de santé,... l’Agence régionale de santé a présenté un bilan de ses activités aux conseillers départementaux.
 

Une maison médicale et des panneaux.
Quinze maisons de santé maillent pour l’instant le territoire cantalien.
© R. S.-A.

De la situation des hôpitaux, on entend tout et son contraire. Entre rumeurs et faits avérés, la directrice générale de l’Agence régionale de santé (ARS Ara) Cécile Courrèges a dépeint un tableau sombre mais pas sans espoir face aux conseillers départementaux réunis à l’occasion de la session du vendredi 27 mars.
D’abord, les chiffres. Les établissements de santé cantaliens cumulent 16 M€ de déficit. Un chiffre vertigineux, qui a doublé par rapport à 2023 alors que la stabilisation prime au niveau régional. “Nous venons très en soutien, avec un taux d’aides budgétaires (en plus du financement normal) de 10 M€ l’an dernier, contre 8,6 M€ en 2024. Un chiffre trois fois plus important que la moyenne régionale”, dévoilait la directrice. Un problème financier aggravé et corrélé au manque de personnel avec 133 postes de praticiens hospitaliers (PH) titulaires vacants dans le public. L’enjeu est donc de “maintenir les activités existantes, voire même d’en réinstaller certaines qui ont pu disparaître au cours du temps”, précisait Cécile Courrèges, qui excluait donc, vu le contexte compliqué, toute restructuration.   


CH Aurillac : une directrice espérée


Au centre hospitalier d’Aurillac, “la crise a été multifactorielle, tant sur l’activité médicale que sur la situation financière et le contexte social. On espère que le plus dur est derrière nous”. Pour rappel, la direction est assurée par interim par le CHU de Clermont-Ferrand, “venu en dix jours, en équipe, en apportant plusieurs compétences” pour pallier l’absence de réponse convaincante à l’appel à candidature de directeur d’hôpital. Deux candidats ont été récusés, un nouvel appel a été lancé et “dans les jours qui viennent”, la directrice espère que “l’interim devrait être levé pour que l’hôpital d’Aurillac retrouve son autonomie de gestion”. Sans rien renier de ce partenariat forcé qui a permis de “créer des liens beaucoup plus étroits avec le CHU” et qui pourraient profiter aux patients cantaliens.
À Saint-Flour, la directrice n’y est pas allée par quatre chemins : avec une “situation financière extrêmement dégradée, nous sommes sur un vrai problème d’activité médicale”. L’hôpital est en sous-activité, avec des taux de fuite de 60 % : “On est sur une perte de confiance vis-à-vis de l’établissement. L’enjeu, c’est de réussir à remobiliser la communauté médicale qui a entre ses mains son avenir et celui de l’hôpital et de redonner confiance à la population pour revenir à Saint-Flour plutôt que d’aller chercher des soins ailleurs.”


Ambulatoire : ça reste fragile


Avec des médecins généralistes qui se concentrent sur le bassin d’Aurillac, “les inégalités territoriales sont extrêmement fortes” dans le département. La question du renouvellement se pose également avec une moyenne d’âge de 49 ans pour les généralistes, 56 pour les spécialistes libéraux. Points positifs sur lesquels s’appuyer : une densité d’infirmiers libéraux supérieure à la moyenne régionale et donc “une ressource soignante mobilisable” à condition d’acter une délégation de compétences, et un maillage pharmaceutique correct.
Le zonage de médecine générale, refait par l’ARS en 2025, fait apparaître, “sans surprise”, que le Cantal est intégralement en zone sous-dense, avec une dégradation par rapport à 2022 puisque la moitié du département est aujourd’hui en zone d’intervention prioritaire (Zip), ce qui permet certes de mobiliser plus d’aides mais qui est aussi “la traduction d’une situation plus difficile”.
Pour soutenir cette offre de soins de ville, les maisons de santé pluridisciplinaires se sont multipliées (15 dans le Cantal), réunissant près de 200 professionnels. D’autres projets sont en cours. Trois centres de santé (CDS), portés par la Région, sont également implantés. Le travail en commun, plébiscité des futurs installés, se concrétise également au sein des CPTS, communautés professionnelles territoriales de santé : l’une est déjà en activité sur Mauriac, l’objectif est d’en faire émerger deux autres à l’Est (Saint-Flour) et au Sud-Cantal (Aurillac) pour couvrir totalement le département et rattraper le retard pris.  


Dr junior : les médecins cantaliens volontaires


Avec la réforme d’un internat en quatre ans en médecine générale (au lieu de trois), une première génération de Docteurs juniors devrait arriver dans le Cantal en novembre 2026. L’objectif est de séduire ces futurs généralistes qui sont en quasi-autonomie sur cette quatrième année et de leur donner envie de s’installer en milieu rural. “Il faut leur faire découvrir ce mode d’exercice. On les oriente vers les territoires qui en ont le plus besoin, après ils s’installent où ils veulent”, concède Cécile Courrèges, qui souligne que 39 % des médecins cantaliens sont volontaires pour être maîtres de stage universitaire (MSU), taux le plus élevé de la Région Aura.

Santé mentale
Alors que le secteur pédopsychiatrique est en crise en raison d’un problème de recrutement et d’attractivité du métier, trois professionnels du CHU de Clermont sont détachés à l’hôpital d’Aurillac. La bonne nouvelle pour l’ARS, c’est la réouverture de la Maison des ados, à Aurillac, avec 130 jeunes pris en charge depuis septembre.
 

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