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La destruction des CIPAN à loupe

La Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme et la FD Cuma ont organisé une après-midi sur les différents moyens de destruction des CIPAN.

L’après-midi technique sur la destruction des CIPAN a permis d’appréhender les différentes méthodes à la disposition des agriculteurs.
L’après-midi technique sur la destruction des CIPAN a permis d’appréhender les différentes méthodes à la disposition des agriculteurs.
© Mélodie Comte

Dans la continuité de la journée du 11 septembre 2014 où il était question de l’implantation des CIPAN, la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme et la FDCuma, en partenariat avec l’agence de l’eau Loire-Bretagne et l’Onema, dans le cadre du plan Ecophyto, ont organisé une après-midi technique sur la destruction de ces cultures piège à nitrate. Le 15 octobre, sur l’exploitation de Dominique Deplat à Joze, huit méthodes et outils ont été testés sur deux types de couverts. Six des huit matériels présentés appartiennent à des Cuma (1).

 

La destruction se calcule

La parcelle située en zone vulnérable est soumise à l’implantation de CIPAN. Dominique Deplat, agriculteur, a semé ces cultures aux alentours du 20 août. Comme bon nombre de visiteurs ce jour là, il a observé avec attention les méthodes utilisées. «Les différentes techniques montrent qu’il est possible de détruire les CIPAN sans acheter de nouveau matériel. On peut le partager en Cuma ce qui, à mon sens, est l’un des leviers pour la compétitivité de nos exploitations.»

L’utilisation d’un broyeur à axes horizontaux est d’environ 30€/ha puisqu’il nécessite de la puissance de traction utile à son bon fonctionnement. Il présente néanmoins l’avantage d’hacher finement le couvert, facilitant son enfouissement, et est efficace même si les végétaux sont couchés. Son cousin, le broyeur à axes verticaux est à l’exact inverse puisqu’il permet un débit de chantier plus rapide (17 mn/ha au lieu de 30 min/ha), nécessite moins de puissance mais réalise un travail grossier. Il n’est pas efficace sur les couverts versés ou peu développés. Il est conseillé durant cette journée CIPAN, d’associer les méthodes de destruction pour de meilleurs résultats.

 

Enfouir pour mieux détruire

L’utilisation d’un déchaumeur à disques indépendants revient à environ 18€/ha. Cette méthode permet un travail rapide (21 mn/ ha), un bon mélange et une incorporation des résidus au sol. Cependant, les disques s’usent rapidement dans les terres sableuses, pénètrent difficilement dans les sols secs et sont déconseillés dans les parcelles ayant des vivaces (liserons) sous peine de favoriser leur multiplication.

En ce qui concerne le cover-crop et le déchaumeur à dents et à disques, leur coût d’utilisation est estimé à environ 20€/ha. Ces outils mélangent les résidus et pénétrent facilement dans tous les sols. En revanche, le premier est peu adapté dans les sols humides et réalise un travail irrégulier alors que le second n’enfouit pas les résidus mais les arrache.

Quant aux traditionnelles charrues et machines à bêcher, leur efficacité sur la destruction des CIPAN n’est plus à démontrer. Mais, leur coût d’utilisation à de quoi faire fuir puisqu’il faut compter environ 49€/ha pour la première et 66€/ha pour la seconde.

Lors de cette après-midi technique, les visiteurs ont pu découvrir un nouvel outil conçu spécialement pour les CIPAN : le rouleau de destruction. Combiné à un autre outil, tel qu’un semoir et un déchaumeur, il se contente d’écraser les résidus et de les laisser en surface. Le coût de son utilisation est estimé à environ 19€/ha. Un outil qui se révèle efficace même sur les couverts développés mais qu’il est important de combiner. Il est utilisé uniquement pour la destruction des CIPAN.

(1) Riverains de la Morge, du Marais de Saint-André, Entraigues, Fours à Chaux

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