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Compostage
La Cuma départementale de Compostage a dix ans

Constituée fin décembre 1998, la Cuma départementale de Compostage a démarré son activité à la fin du mois de janvier 1999 après la livraison du retourneur d’andains Ménard, importé de Belgique, puis l’achat d’un tracteur et l’embauche d’un salarié.

Le retourneur d’andains est mis à disposition par la Cuma départementale de compostage.
Le retourneur d’andains est mis à disposition par la Cuma départementale de compostage.
© Réussir

Au départ, une dizaine d'éleveurs ayant de l'ordre de 6 000 m3 se sont engagés dans cette aventure (investissement de près de 100.000 €). Elle est présidée, depuis l'origine, par Jacques Force d'Arlanc.
Avec cette Cuma spécialisée, les agriculteurs du Puy de Dôme et d'une partie de la Haute-Loire se sont dotés d'un outil performant tant au niveau du coût de la production du compost que de la souplesse d'utilisation. Ils sont aujourd'hui plus de 300 à avoir souscrit du capital social à la CUMA et environ 220 utilisent régulièrement ses services. En 2008, ce sont près de 70 000 m 3 de fumier et de déchets verts (environ 1000 m3) qui ont été traités par cette technique. Cet anniversaire donne l'occasion de rappeler ce qu'est la technique du compostage.

Le Compost, un trésor pour les prairies 

Cet effluent transformé sous l'action de micro-organismes, présente de nombreuses qualités qui facilitent son épandage sur prairies ( émiettement du produit, pas de problème d'appétence après épandage, pas de résidus de paille non transformés, produit déso-dorisé, produit assaini..). Ainsi, si le compost peut, comme le fumier, être enfoui avant une culture, ses caractéristiques en font un produit particulièrement intéressant pour un épandage de surface sur des prairies installées ; de plus, l'hygiénisation par la montée en température et la disparition des odeurs font que les distances
d'épandage sont considérablement réduites par rapport à un effluent d'élevage classique.

 

De l'effluent d'élevage à l'engrais de ferme 

Le compostage consiste à aérer de la matière organique (riche en carbone, eau et azote) pour en accélérer la décomposition. Cette aération assure le développement rapide de micro-organismes aérobies et ainsi permet la transformation de la matière organique fraîche en un produit stabilisé, riche en matières humifiables : le compost.
Le processus de compostage passe par deux étapes successives: une phase de dégradation de la matière organique facilement dégradable au cours de laquelle la température peut atteindre 60 à 70°C permettant l'hygiénisation du produit.
Une phase de maturation lors de laquelle la température diminue progressivement et au cours de laquelle l'humification se poursuit et s'accompagne d'une diminution du volume du tas par évaporation de l'eau et volatilisation de carbone.
Le processus se déroule sur une période de 2 à 3 mois selon les types de produits à composter. De fait, après la mise en andain, le premier retournement interviendra dans les 10 jours. Après une phase de montée en température et une baisse significative, il faudra procéder à un deuxième retournement (dans les trois à quatre semaines) qui générera une remontée en température. Trois à quatre semaines après cette manipulation, le produit est devenu un compost. Ainsi, en 10 à 12 semaines, le compost devient un produit stabilisé. Il peut être épandu ou stocké en attente d'un moment propice à son utilisation, à condition de ne pas le laisser se gorger d'eau.

Les clefs de réussite d'un bon compost

Le produit de départ doit être suffisamment structuré avec un taux de matière sèche de 22 à 25% afin de permettre le développement de la fermentation aérobie. Un fumier pailleux de stabulation dans une fourchette de 5 à 8 kg de paille par animal et par jour répond à cette contrainte. Depuis quelques années, certains éleveurs utilisent en sous couche ou en couche pure des broyats de type plaquettes forestières préalablement séchées naturellement en remplacement de tout ou partie de la paille. Ces produits, contrairement à la sciure ou aux copeaux de menuiserie, conservent leur structure lorsqu'ils ont supporté le piétinement des animaux et possèdent un pouvoir absorbant équivalent, voire même supérieur à la paille.
La technique du co-compostage, par le fait qu'elle est basée sur le mélange de plusieurs produits de départ (fumier plus ou moins structurés ou humides, déchets verts riches en carbone mais pauvres en azote et peu humides), permet de réussir un compost de qualité pour peu que les broyats de déchets verts aient été soigneusement triés lors de leur dépôt en plate forme de broyage. Les mélanges peuvent aller de la proportion de 2/3 de fumier pour 1/3 de déchets verts, jusqu'à moitié/ moitié en volume.
Le compostage doit respecter les étapes suivantes (arrêté préfectoral du 29 novembre 2000 et circulaire du 17 janvier 2002) : un minimum de deux retournements ou une aération forcée, le maintien d'une température supérieure à 55° pendant 15 jours ou 50° pendant six semaines.
L'observation de la bonne évolution du compost passe par le constat d'un compost de couleur brun, plus ou moins foncé, avec une odeur de sous bois.

 

La mise en andains

La Cuma départementale de Compostage dispose d'un retourneur dont le rotor mesure 4 mètres de large, aussi, l'andain ne devra pas excéder 3,8 à 3,9 m. Pour ce qui est de la hauteur initiale, elle devra être inférieure à 1,7 mètre. Ces conditions sont généralement obtenues par la vidange de remorques de 10 tonnes basculées non freinées. L'andain devra être accessible des deux côtés, sur une parcelle portante, herbagée de préférence.

Combien ça coûte ? 

La Cuma de Compostage du Puy-de-Dôme facture ses prestations selon le volume retourné. Actuellement, le coût du mètre cube traité a été fixé à 1 € (sachant que le mode de calcul considère que 1 mètre linéaire équivaut à 4 mètres cubes), ceci pour deux ou trois retournements. Il n'existe pas de prix différencié pour un mélange qui se ferait avec un seul retournement.
La nécessaire souscription de capital social est fixée à 2 € par tranche de 8 mètres cubes.

Renseignements
- FDCuma 63 : Jean Jallat ou Charles-Henry Layat au 04.73.44 45.20
- Cuma départementale de Compostage : Laurent Chambe au 06.10.32.52.97

 

 

Les pionniers

Pascal Compte, François Dauphin, Jacques Chazalet, Jean-Michel Cellier Courtil, Daniel Bernard, Jacques Force, Dominique Viallard, Olivier Compte, Olivier Laissus, Jean-Sébastien Lhospitalier, Rémy Pumain, Jean-François Vedel, Jacques Delsuc

 

La Cuma a été accompagnée, dès avant sa création et depuis, par Jean-Paul Couhert, Maître de conférence à l'ENITA de Clermont Ferrand Marmilhat et Jean Jallat.
Le salarié chauffeur est depuis mai 1999, Laurent Chambe.

 

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