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Justice - Le parcours atypique de Stéphane Juillard, nouveau bâtonnier du barreau d'Aurillac

Élu au printemps dernier, Stéphane Juillard, avocat pour un cabinet aurillacois, a pris ses fonctions depuis le 1er janvier. Une nouvelle mission pour ce Cantalien pure souche avide de savoirs et connaissances.

un homme sur le parvis d'un palais de justice. Avocat dans le Cantal, il est depuis le 1erjanvier le nouveau bâtonnier
Stéphane Juillard, nouveau bâtonnier du barreau d'Aurillac

Homme de devoir et de convictions

Marié, deux filles, Stéphane Juillard a été élu, au printemps dernier, à la tête du barreau des avocats d’Aurillac. Mieux, à 47 ans, il est le plus jeune bâtonnier du Cantal. Homme de devoir et de convictions, c’est après mûre réflexion qu’il a endossé cette nouvelle casquette. Maître Juillard a un parcours très atypique dans ce monde de la Justice. En effet, rien ne le prédestinait à revêtir la robe, d’autant moins avec des encouragements professoraux flirtant avec le niveau de la mer. 

 

Au collège, je travaillais peu, en raison de plusieurs facteurs, et on m’a poussé vers la voie professionnelle”, précise l’avocat aurillacois né à Vebret. S’ensuit alors un Bac pro en gestion des entreprises, au sortir duquel “j’ai eu envie d’aller en faculté de droit. En fait, j’ai découvert ça sur les leçons de droit qu’on avait en Bac pro. On me l’a déconseillé, fortement déconseillé, quasiment tous mes professeurs, m’expliquant qu’il était trop difficile de passer  d’une voie professionnelle à la fac de droit. Mes parents n’étaient pas très chaud non plus en me disant : on te laisse une chance, tu essayes... mais tu ne vas passer tes années à ne rien faire en fac”.

Une véritable révélation

Stéphane Juillard est lui sûr de son fait. Une fois à la fac, à Grenoble, “c’est une véritable révélation pour moi. Je me suis tout de suite intéressé aux différentes matières proposées. Je lisais beaucoup, livres, presse, culture générale... et je pense que cela m’a servi pour rattraper mon retard. Et j’ai eu ma première année avec mention assez bien. Ça m’a tout simplement boosté pour la suite”.
Quatre années passées et réussies pour, au bout, passer le concours d’avocat,  ou poursuivre en  Master II. Ce que j’ai fait car je voulais encore peaufiner mes connaissances”, indique maître Juillard. Un master Juriste - Conseil d’affaires axé sur le droit des affaires qui le conduit plus particulièrement à se spécialiser dans le droit des entreprises. Il quitte Grenoble pour rejoindre sa femme, qui finit ses études de psychologie à Toulouse, et se met en quête d’un poste, envoyant des CV un peu partout sur Toulouse, mais aussi sur Aurillac.

 

Retour au pays

“Et la première personne qui m’a répondu, c’est maître Moins.” La belle histoire se poursuit pour Stéphane Juillard qui se voit proposer de rédiger les conclusions et d’autres tâches. “C’est comme ça que j’ai intégrée le cabinet. Et rapidement, Jean-Antoine Moins m’a dit que j’avais les capacités pour passer le concours d’avocat.” Passer d’un contexte où l’on peut douter de soi en raison de son parcours à une forme de valorisation par son entourage professionnel, Stéphane Juillard tente le concours... et le réussit du premier coup. 
“J’ai donc le droit de plaider depuis 2008 et suis rapidement devenu associé, en 2009. Quand j’ai intégré le cabinet, on était trois. Maintenant on est neuf”, réalise l’avocat avant que le rôle de bâtonnier ne vienne compléter cette carrière tout de même assez exceptionnelle.

Une mission obscure


“Bâtonnier, c’est une mission un peu obscure. Quand on est jeune avocat, on ne s’y intéresse pas forcément. On pense que c’est compliqué et que ce sont les anciens qui font ça. Au cabinet, Jean-Antoine a été bâtonnier, sa sœur, Marie-Anne, l’a été aussi, mais elle était aussi engagée syndicalement dans la profession (SNA, ndlr). Elle m’a beaucoup appris sur le sujet.”


Conseil de l'ordre et engagement

Motivé, Stéphane Juillard intègre alors le conseil de l’Ordre, fait même trois mandats avant donc son engagement pour le bâtonnat. Élu pour deux ans par l’assemblée générale de l’Ordre des avocats, “les principales missions du bâtonnier sont de présider le conseil de l’Ordre, mais il n’en fait pas partie. Il assure la représentation de l’Ordre en justice, sur autorisation du conseil de l’Ordre. Il est en charge des permanences des avocats, c’est-à-dire de désigner, à la demande de l’État, un avocat pour toute personne qui n’en a pas les moyens et en fait la demande”.
Son rôle est également de gérer le personnel de l’Ordre, “comme un employeur d’ailleurs”, précise le bâtonnier, de prévenir et concilier les différends professionnels pouvant survenir entre avocats, salariés, collaborateurs et employeurs, entre avocats et magistrats.

 

La reconnaissance de ses pairs

En clair, Stéphane Juillard a la main désormais sur l’ensemble du barreau, soit, en comptant les avocats honoraires, une cinquantaine d’avocats. Ce n’est pas rien d’ailleurs d’avoir la reconnaissance de ses pairs. “Lorsqu’on se présente à une élection comme celle de bâtonnier, il faut vraiment avoir la confiance des confrères.” Stéphane Juillard voit même ce rôle comme “une véritable mission paternaliste”, avec une présence permanente pour “gérer, rappeler à l’ordre et surtout faire en sorte que tout se passe. Pour ce faire, il est primordial d’avoir la confiance des siens”.
Mais attention, ce n’est pas pour autant que maître Juillard a levé le pied au sein de son cabinet. “Pas du tout. J’ai les mêmes activités qu’avant. Il faut vraiment avoir un cabinet très structuré et il faut aussi être en capacité de s’organiser. Dans ce registre, le rôle de la secrétaire est essentiel. C’est un énorme travail, mais avec l’expérience on arrive à s’en sortir.”
Un défi qui ne concerne pas que le barreau d’Aurillac d’ailleurs. Stéphane Juillard a pu le mesurer il n’y a pas si longtemps “lors de la conférence des bâtonniers, un organe chargé de veiller à tout ce qui tourne autour de la profession, les discussions avec le ministère...” “C’est une mission un peu plus politique, mais on fait remonter tout ce qu’il se passe en local, chacun à la taille de son barreau.” Cela permet de se rendre compte que les soucis sont partout, quasiment, les mêmes. Enfin presque car Aurillac fait quand même partie des Petit Poucet dans le domaine de la Justice, “ce qui a valu d’ailleurs la suppression d’un tribunal dans le Cantal il y a quelques années (Mauriac, ndlr)”.
Si le nouveau bâtonnier s’est ajouté une charge de travail supplémentaire, c’est en parfaite maîtrise de son emploi du temps et en total accord avec épouse afin de préserver sa bulle familiale.

 J’ai accepté ce rôle parce que j’ai décidé dans le même temps de mettre en suspens tout ce que je pouvais faire à côté : mon engagement au niveau sportif, au niveau municipal également... Je veux vraiment me consacrer à cette mission, et je veux le faire bien. Cela reste un mandat exigeant.”

Partisan de l'ouverture

Après une prise de fonction officielle au 1er janvier, les semaines de maître Juillard sont donc bien remplies avec toujours comme fil directeur “le respect de la déontologie”. Fervent partisan de l’ouverture, le bâtonnier aimerait “qu’on aille plus vers les collèges, les lycées pour expliquer aux jeunes, et même à la population, ce qu’est la Justice, son fonctionnement, le rôle de chacun...”.
Depuis peu, le bâtonnier est aussi missionné “pour visiter tous les lieux de privation de liberté (cellule, maison d’arrêt, hôpital, centre fermé...). Il peut désormais aller partout. C’est un sacré pouvoir de ne plus avoir besoin de prendre rendez-vous. C’est une grande avancée”, estime-t-il.  

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