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Juillettistes : une espèce en voie de disparition dans le Cantal ?

Bien que l'arrière-saison s'annonce prometteuse, l'avant-bilan de la saison estivale apparaît en demi-teinte dans le département avec des touristes aux quasi-abonnés absents jusque fin juillet.

Une saison estivale qui a eu bien dû mal à démarrer...
Une saison estivale qui a eu bien dû mal à démarrer...
© UC

"Juillet n'est plus un mois touristique !" Un constat de Philippe Fabre, président de la Saem du Lioran,  que rejoignent de nombreux professionnels cantaliens sondés cette fin août. "On se cherche des excuses : la canicule, les jeunes qui attendent les résultats du bac, les étudiants qu'il faut loger dans les villes universitaires, le Tour de France... En réalité, on ne sait pas", affirme celui qui préside également le syndicat mixte du Grand site Puy Mary. Ainsi, juillet n'arriverait qu'en quatrième position sur le massif cantalien, derrière août, septembre et les bonnes performances de mai-juin, notamment lorsque les jours fériés permettent de faire le pont avec un week-end. Alors, sur les sentiers ou sur les pistes, on se refuse à tirer un quelconque bilan avant le 30 septembre. Les éco-compteurs(1) et vignettes(2) ne rendront leur verdict factuel que plus tard.

De plus en plus de tourisme affinitaire

Une chose est sûre, juillet 2019 ne restera pas non plus un cru d'exception sur le bassin aurillacois et la dernière semaine caniculaire du 22 au 28 a même frôlé le grand vide, affirme Pascal Stawicki, directeur de l'office tourisme du pays d'Aurillac. Pour preuve, les statistiques de son tableau de suivi des disponibilités hôtelières, établi auprès d'un panel de 22 établissements du bassin aurillacois et des environs : le taux d'occupation n'a pas dépassé 58 % en moyenne, soit un repli de neuf points par rapport à juillet 2018, et une chute encore plus marquée hors d'Aurillac intra muros (- 14 points par rapport à juillet 2018). "Mais ce n'est pas propre au Cantal, les gens sont moins partis cette année, d'abord pour des raisons financières", avance
le responsable évoquant le recours au "tourisme affinitaire", chez des amis, la famille... Et des estivants qui ne se sont, a priori, pas reportés sur le mois d'août, jugé en dents de scie. "Avec des fluctuations qu'on n'explique pas comme un 15 août très calme et, a contrario, pas mal d'hôtels complets les 16 et 17." L'OT a lui connu une fréquentation en forte hausse lors du festival de théâtre de rue (+ 24 % d'accueil/2018).

Le poids de l'avant et l'arrière-saison

En pays de Salers, si on n'a pas été débordé en juillet,  on enregistre "un très bon mois d'août", confie Sabine Vierzeuf, directrice de l'office de tourisme intercommunal. "Et l'arrière-saison s'annonce prometteuse", poursuit-elle en constatant que randonnée et tourisme vert restent les produits phares des attentes des touristes, avec les visites de Salers, Tournemire. Pays de Loire et Bretagne demeurent également les régions au plus fort tropisme pour des vacances dans le Cantal et la région sagranière, même si "on a eu un effet canicule, avec pas mal de gens du Midi mais aussi du Lot, venus chercher de la fraîcheur". Sans compter le retour de la clientèle belge.
Au Val Saint-Jean à Mauriac, c'est une stabilité en termes de fréquentation qui se profile pour la saison touristique estivale, "sachant que 2018 avait été une année record en terme de camping avec des groupes de caravanes en avant-saison, un record qu'on aura du mal à renouveler", estime Jean-Paul Gauthier, directeur du site qui comprend 91 emplacements de camping et 45 hébergements. Mais cette stabilité masque des disparités : d'une part, l'activité camping est en recul significatif par rapport à l'été dernier, contrairement à la partie hébergement ; d'autre part, le mois de juillet a ici aussi été bien calme. "Mais on s'est bien rattrapé sur août avec plusieurs jours à 100 % d'occupation sur les deux sites, celui du Val Saint-Jean et le camping de Lavaurs à Jaleyrac(3)." Tous deux bénéficiant de nombreuses animations (pas moins de 40 par semaine à Mauriac) prisées des touristes hébergés. Sachant qu'ici aussi, on a fait du développement  du hors-saison - avec l'accueil de groupes, de séjours linguistiques - un axe stratégique. "Cela a bien fonctionné cette année avec un chiffre d'affaires en hausse de 4 %, essentiellement grâce à l'avant-saison", fait valoir le directeur.

Une érosion qui inquiète sur Cère et Goul

Changement de secteur et de ton : "On ne peut pas continuer comme cela ! Depuis deux ou trois ans, on constate une érosion en Auvergne, contrairement à Rhône-Alpes. Les autres progressent,  et nous, on continue de chuter. Il y a un problème et il faut se poser les bonnes questions. Ce qu'on fait dans le Cantal, cela ne fonctionne pas. Donc il faut faire autre chose", analyse sans concession Michel Albisson, président de Cère et Goul en Carladès qui voit son territoire touché. "Juillet a été hyper calme. La saison démarre aux alentours du 15 juillet. Là, il a fallu attendre les derniers jours du mois", confirme  Magali Christophe, directrice de l'office de tourisme, qui a vu sa fréquentation reculer de  10 % cet été.  "Le compteur visiteurs ne pardonne pas", reconnaît la responsable, tout en admettant que "rentrer dans un office n'est pas - ou plus -
un réflexe, notamment chez les plus jeunes".
"Pour les hébergeurs, c'est un peu la catastrophe dans la vallée de la Cère, sauf pour ceux qui sont au top de la qualité, de l'accueil et du service", poursuit-elle, relevant une première quinzaine de juillet beaucoup plus propice sur le Carladès (Pailherols), "et un mois d'août où ils n'ont pas arrêté !"

(1) Qui mesurent le nombre de marcheurs gravissant le Puy Mary.
(2) Contribution à la préservation de l'environnement, via le stationnement.
(3) Mauriac et Jaleyrac ont constitué une  société publique locale pour la mise en exploitations de ces deux équipements touristiques.

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