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Journée des femmes : les femmes dans le monde agricole

À l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, nous avons dressé le portrait de trois femmes actives dans le milieu de l'agriculture, dans l'Allier.

Découverte - Des fromages et de la pédagogie

À Besson, Marie-Janique Bouttier ouvre les portes de sa ferme aux grands et petits. 

Elle aime y faire découvrir la vie d’un élevage traditionnel de plein air et partager son amour de la nature et de ses animaux.

En 1993, Marie-Janique Bouttier a repris l’exploitation familiale centenaire, une exploitation en polyculture élevage

Mais elle décide de poursuivre en imprimant sa marque et en élevant des brebis, des chèvres et des vaches laitières

Et elle fabrique ses propres fromages

« Aujourd’hui, j’ai 4 vaches, 10 brebis et 20 chèvres laitières, sur 10 hectares », énumère-t-elle.

Fromages nature, frais, affinés, aux herbes ou aux confitures de Charroux, la fermière vend sa production - pour laquelle elle n’utilise aucun produit additionnel - à la ferme et sur les marchés de Chemilly, Noyant-d’Allier et Saint-Pourçain-sur-Sioule. 

Elle organise même des ateliers de fabrication de fromages.

Accueillir et partager

À la ferme des Grangers, on trouve aussi une basse-cour avec diverses races de volaille et des ânes. 

Car c’est une technicienne de la Chambre d’agriculture de l’Allier, où l’exploitante a suivi plusieurs formations, qui lui conseille d’ouvrir une ferme pédagogique

« Je m'imaginais que c'était très compliqué, mais tous les travaux que j'avais réalisés au fil des ans étaient propices à l'accueil. J’ai donc ouvert les portes de ma ferme », explique-t-elle. Une décision dont elle se réjouit : « je reçois une grande diversité de public, pour mon plus grand bonheur ». 

Scolaires, seniors, particuliers de professions variées, elle peut accueillir aussi des personnes handicapées. 

Le contact avec les animaux libère la parole des personnes mutiques.

Marie-Janique Bouttier a su diversifier son offre avec deux chambres d’hôtes et une tiny house construite par un de ses fils, petite cabane avec vue sur les champs.

Au début de son aventure entrepreneuriale, Marie-Janique Bouttier passait un peu pour une originale avec ses chèvres

Mais 33 ans après son installation, elle a su s'implanter et perdurer en vivant en harmonie avec la nature et en partageant son amour des animaux.

 

 

Soin des animaux - Vétérinaire rurale, de jour comme de nuit

Passion et volonté sont nécessaires pour exercer le métier de vétérinaire. Pauline Carrié a raconté son parcours.

Pauline Carrié a toujours su qu’elle serait vétérinaire. 

« Depuis toute petite, je voulais soigner les animaux », confie-t-elle. Issue d’un milieu agricole, elle a grandi entre les vaches et les champs, aidant à la ferme de son oncle en été. « Je m'occupais des veaux, j’aimais ce contact avec les animaux. » 

Son choix s’est confirmé lors d’un stage dans une clinique vétérinaire : « là, j’ai su que c’était vraiment ça que je voulais faire. »

Après des études à l’école vétérinaire, elle sort diplômée en 2016 et rejoint la clinique vétérinaire de Cressanges en 2018. 

Elle imaginait exercer en « mixte », soignant les animaux de compagnie et ceux de production. Mais, « plus je faisais de la rurale, moins j’avais envie de faire de la canine. » 

Aujourd’hui, elle soigne majoritairement bovins, ovins et quelques caprins, avec une prédilection pour les vaches allaitantes.

Un métier de terrain et de relation

Ce qui anime Pauline, c’est avant tout le contact avec les éleveurs. 

« En rurale, on est en relation avec des éleveurs ; un échange de professionnel à professionnel ». 

Son quotidien est rythmé par des suivis sanitaires - prises de sang pour la prophylaxie ou les échographies de gestation - et des urgences. 

À la clinique, les appels ne tardent pas. 

« On peut enchaîner deux ou trois visites dans des fermes différentes : un vêlage, un veau malade… »

La nuit, une autre ambiance

Même si la fatigue se fait sentir en fin de saison, Pauline Carrié apprécie les gardes de nuit. 

« On est seul sur la route, tout est calme. Les vaches dorment, les éleveurs sont juste là pour l’intervention. »

Quand on lui demande de raconter une anecdote, la vétérinaire se souvient et raconte ses débuts professionnels dans le Puy-de-Dôme où, appelée la nuit pour un vêlage, elle constate qu’il faut procéder à une césarienne. 

L’éleveur, proche du départ à la retraite, est dubitatif devant le petit gabarit de cette jeune femme

« C’est vous qui allez faire la césarienne ? » demande-t-il. Et la vétérinaire de répondre : « Oui, qui d'autre ? ». 

Elle procède : césarienne, points de suture, et pour terminer, lavage du matériel. 

Ce faisant, Pauline Carrié dit à l’éleveur : « vous voyez, finalement, c'est bien un boulot de femme, non ? La couture, la vaisselle… », provoquant les rires de l’agriculteur.

La vétérinaire en action fait preuve de tout le professionnalisme qu’elle maîtrise.

 

 

Accompagnement - Technicienne en confiance

Conseil, accompagnement et vente, Cécile Trioullier exerce le métier de technico-commercial et établit une relation de confiance avec les agriculteurs.

Résidente à Aigueperse, dans le Puy-de-Dôme, Cécile Trioullier est technico-commerciale pour Val’Limagne.coop dans l'Allier.

Elle anticipe les besoins des exploitations en approvisionnements (aliments pour le bétail, semences, engrais, produits de santé des plantes), et propose des solutions techniques.

Au rythme des saisons

« Au printemps, une journée, c’est surtout dans les bottes et sur les parcelles », décrit-elle, une saison pour évaluer les cultures et conseiller sur le choix des variétés ou la gestion des maladies.

L’hiver, en revanche, est consacré aux « mortes-saisons » : commandes anticipées, gestion des stocks, préparation des semis pour le printemps. La technicienne s'adapte aux attentes variées des agriculteurs, certaines très pointues ou plus pragmatiques.

Non issue du milieu agricole, la jeune femme a d’abord obtenu un BEP en activités hippiques, puis s’est dirigée sur un BAC STAV (Sciences et Technologies de l'Agronomie et du Vivant) où elle a découvert l’agronomie.

Après l’obtention d’un BTS en production végétale, elle a complété sa formation par une année en alternance dans le commercial. 

Aujourd’hui, dans son travail de conseil, elle suit des formations régulières pour rester à la pointe des innovations.

Établir la confiance

Ce qu’elle aime ? Le contact avec différentes personnes, la diversité des situations, et le sentiment d’être utile.

 « On apporte quelque chose, on aide à trouver la meilleure solution », souligne-t-elle. 

Les débuts dans la profession ont été un peu difficiles, notamment auprès de l’ancienne génération d’agriculteurs qui a eu du mal à accepter une femme dans ce rôle. 

« Certains pensent qu’une jeune femme ne doit rien y connaître. Nous avons à faire nos preuves », explique-t-elle. Elle ajoute : « au bout d’un an ou deux, une fois que la confiance est établie, ça roule ! ».

Cécile Trioullier encourage les jeunes femmes à se lancer dans ce métier, sans se laisser freiner par les stéréotypes. 

« Il n’y a pas de limites à se mettre. C’est un métier passionnant, varié, et tout à fait adapté aux femmes. »

 

 

Lire aussi : Emploi : Comment promouvoir l'agriculture au féminin ?

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