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Joël Dufour, agriculteur à Target : « Privilégier les cultures d’hiver »

Ils sont producteurs et conduisent leurs exploitations en agriculture biologique. Ils témoignent sur leurs expériences et évoquent les systèmes qu’ils ont mis en place pour tendre vers l’autonomie fourragère.

C’est au domaine de La Forgette que Joël s’est installé en 1990 sur une exploitation de 170 hectares de SAU conduite en polyculture-élevage avec un cheptel d’environ 70 vaches allaitantes dont 40 de race Aubrac et 30 de race charolaise. Sept à huit hectares sont en blé et une quinzaine d’hectares sont en méteil, triticale et épeautre pour les besoins du troupeau.

Depuis quand êtes-vous en agriculture biologique et qu’est-ce qui vous a motivé ?
Joël Dufour : J’ai décidé de franchir le pas depuis le 1er janvier 2017. Les principes de l’agriculture biologique me convenaient depuis bien longtemps ! En revanche, la partie administrative me faisait peur et je n’avançais pas. Je faisais déjà du bœuf traditionnel lorsque j’étais en agriculture conventionnelle mais face aux cours du conventionnel, il a fallu prendre une décision. J’ai donc converti l’ensemble de mes productions en agriculture biologique que j’écoule par des coopératives et des groupements.

Avez-vous atteint une certaine autonomie fourragère ?
J. D : Oui, presque à 100%. L’an passé je n’ai même pas eu besoin d’acheter des tourteaux pour la finition de mes animaux. Alors, certes, je mets plus longtemps pour engraisser mais, même si d’un point de vue technique je peux sans doute m’améliorer, arriver à l’autonomie permet quand même une bonne stabilité pour ma production. J’achète simplement un peu de paille pour la litière mais c’est absolument tout.

Les sécheresses avec de fortes périodes de canicules s’accumulant d’année en année, avez-vous un impact sur votre production ?
J. D : Et bien figurez-vous que ces effets ont été limités pour moi car j’ai bénéficié d’une belle opportunité ! Une ferme, juste à proximité de chez moi, est restée pendant deux ans inexploitée. Avec des voisins, nous avons décidé de contacter le propriétaire. Moi-même, j’ai pu reprendre quarante hectares supplémentaires sans avoir besoin d’augmenter mon cheptel. Au niveau de l’autonomie, cela m’a grandement aidé, vous l’imaginez et sans faire de calculs savants, j’ai constaté que je pourrai nourrir mon troupeau sans difficulté. Un agrandissement qui s’est réalisé en 2018, année qui correspond aux épisodes de sécheresse.

Même si votre système est plutôt performant, avez-vous pensé à l’améliorer ?
J. D : En agriculture biologique, il faut un superbe engrais vert pour réussir un bon maïs ensilage. Une culture d’été que j’ai réussie l’an dernier pour la première fois. Malheureusement, ce dernier mois d’août, le soleil a véritablement brûlé avec des températures dépassant les 40°C. J’ai donc ensilé une production de mauvaise qualité. À chaque campagne, je me dis qu’il faudrait arrêter les cultures d’été à la faveur des cultures d’hiver. Je fais d’ailleurs des prairies semées sous couvert de méteil que je sème entre le 1er et le 15 octobre qui ont toujours eu des rendements convenables. Il faudra peut-être que je me dirige dans ce sens.

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