Jeunes Agriculteurs : Rémy Bourdoux prend la tête avec l’envie de mobiliser
Lors de l’Assemblée générale des Jeunes Agriculteurs de la Corrèze ce mardi 17 mars, le syndicat a élu un nouveau Bureau et un nouveau Président. Portrait de l’intéressé et retour sur cette journée qui s’est déroulée à huis clos.
Lors de l’Assemblée générale des Jeunes Agriculteurs de la Corrèze ce mardi 17 mars, le syndicat a élu un nouveau Bureau et un nouveau Président. Portrait de l’intéressé et retour sur cette journée qui s’est déroulée à huis clos.
À 23 ans, Rémy Bourdoux prend la tête des Jeunes Agriculteurs de la Corrèze avec une conviction :
Il faut redonner de l’élan à la jeunesse agricole et que chacun s’investisse, pas seulement qu’il prenne sa carte. »
Installé depuis 2023 en GAEC avec son père à Monestier-Port-Dieu, ce jeune éleveur de bovins viande, producteur Herb Book, a été élu lors d’une Assemblée Générale marquée par la volonté de renouveau et de cohésion. Joueur de rugby depuis l’âge de 5 ans, il espère insuffler chez les JA le même esprit d’équipe. Portrait d’un président qui entend bien « ne jamais lâcher » et faire entendre la voix des jeunes agriculteurs corréziens.
Rémy Bourdoux : un engagement précoce et
une vision claire
« J’ai commencé jeune, parce que j’avais envie de faire bouger les choses. » Rémy Bourdoux n’est pas novice en matière d’engagement syndical : dès l’âge de 17 ans, il s’est investi chez les JA.
J’avais envie de laisser souffler les anciens, qui étaient moins nombreux et commençaient à s’essouffler. Mon objectif, c’était de ramener du monde, des jeunes, pour qu’on soit le plus nombreux possible et qu’on puisse mieux se répartir les tâches », explique-t-il.
Pour lui, l’enjeu est simple : « Personne ne doit être seul à tout faire. »
« Il faut que les jeunes s’engagent, pas seulement qu’ils adhèrent »
Rémy Bourdoux pointe un paradoxe : « Les jeunes prennent leur adhésion, mais après, ils restent chez eux. Ils ne donnent pas de leur temps, ne s’investissent pas dans les actions. » Son mandat sera donc placé sous le signe de la mobilisation :
Il faut qu’on soit plus nombreux à se bouger, à porter les dossiers, à aller voir les élus, les partenaires. Sinon, on ne fera pas avancer les choses. »
« La transmission, la PAC, le loup, le Mercosur, … On ne lâchera rien »
Parmi les chantiers prioritaires, Rémy cite la transmission des exploitations, évoque la PAC, les enjeux sanitaires(tuberculose, DNC), et surtout la lutte contre le Mercosur :
J’étais à Strasbourg en janvier pour les manifestations. On ne peut pas accepter que nos élevages soient mis en danger par des accords qui favorisent des productions aux normes différentes. »
Il rappelle aussi la nécessité de rendre le loup chassable pour maintenir notre système d’élevage à l’herbe.
« Je ne suis pas là pour tout changer du jour
au lendemain, mais pour apporter ma fraîcheur »
Rémy Bourdoux assume son statut de « nouveau » : « Je n’ai jamais été dans le Bureau départemental avant, c’est une première pour moi. Je vais prendre mes marques, écouter les anciens, et ensuite, j’apporterai mes idées. » Il insiste sur la complémentarité entre les générations :
On est jeunes, dynamiques, mais les anciens sont là pour nous guider. L’important, c’est qu’on avance ensemble. »
Une Assemblée Générale pour resserrer les liens et préparer l’avenir
« On a choisi le huis clos pour parler franchement entre nous. » L’occasion de faire le point sur l’année écoulée et de préparer les actions à venir.
On a parlé du syndicat, de là où on en était, de ce qu’on voulait faire. Ça a permis à plus de monde de prendre la parole, de donner ses idées », explique Rémy.
Le huis clos a aussi permis de « distribuer les commissions à ceux qui sont vraiment motivés, pas à ceux qui n’en ont rien à faire ».
Rémy annonce une rencontre dédiée avec les partenaires : « On va les réinviter, leur présenter le nouveau Bureau, leur expliquer nos projets. Il faut qu’ils sachent qu’on compte sur eux, et qu’on est prêts à travailler main dans la main. » Pour Rémy, l’enjeu est clair : « Les anciens ont été très dynamiques, il ne faut pas qu’on baisse la cadence. Il faut continuer à se battre pour nos exploitations, pour nos revenus, pour notre avenir. » Il conclut :
Je suis là pour communiquer ce que les jeunes ont envie de dire. Qu’ils n’hésitent pas à m’appeler, à me solliciter. Je suis à leur disposition. »