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Jean Michel Lemétayer demande un "plan d'urgence" pour l'agriculture

C’est un véritable plan d’urgence pour l’agriculture que demande le président de la FNSEA à quelques jours de la grande manifestation nationale du 16 octobre. La situation de crise qui touche tous les secteurs de l'agriculture, il faut que le Gouvernement en prenne toute la mesure et agisse en conséquence.

«La situation de crise n’est pas que celle du lait. Bien d’autres secteurs de production sont touchés » a constaté le président de la FNSEA le 9 octobre devant la presse. « Cette situation, le gouvernement doit la comprendre et il doit agir ». Agir, pour Jean-Michel Lemétayer, cela signifie qu’il faut « un vaste plan de soutien à l’agriculture française. Un plan d’urgence », insiste-t-il. La demande sera renouvelée lors de la manifestation nationale qui est prévue pour le 16 octobre. La FNSEA y attend entre 30 000 et 40 000 manifestants. J.-M. Lemétayer est optimiste : «une forte mobilisation est en route » confie-t-il.

« Année blanche »

Les revendications de la FNSEA sont de trois ordres : d’abord un plan d’urgence comprenant une « année blanche » c’est-à-dire une prise en charge des remboursements de cotisations et de taux d’intérêts des prêts. « Les banques doivent accepter de prêter un milliard supplémentaire », dit-il, remarquant que le Crédit agricole n’a pas hésité à prévoir 22 milliards d’euros pour financer les entreprises et l’économie en général. À l’État ensuite de prendre en charge les taux d’intérêt ce qui, pour un taux de 3 % ne représenterait qu’un effort de 30 millions d’euros.
Autres mesures d’urgence, la suppression de la taxe foncière sur le non bâti (TFNB), déjà allégée de 20 %. En ce qui concerne l’emploi agricole et les distorsions de concurrence, Jean-Michel Lemétayer a estimé qu’il fallait réduire les charges sociales d’au moins 3 euros de l’heure pour retrouver de la compétitivité par rapport aux concurrents européens, notamment pour les serristes, maraîchers, arboriculteurs et producteurs hors sol. « Nous sommes le seul secteur économique dont le marché est totalement libéralisé » rappelle le président de la FNSEA. Selon lui, cette panoplie de mesures d’urgences permettrait de toucher l’ensemble des exploitants agricoles dans leur diversité de situations. Il insiste aussi sur la poursuite des aides liées à l’énergie, notamment sous forme d’exonération de taxe pétrolière et de compensation partielle de la future taxe carbone.
À plus long terme, la FNSEA estime que la future loi de modernisation de l’agriculture doit inclure des dispositifs de déduction fiscale et de fortes incitations à l’organisation des marchés. Sur le premier plan, la DPA (dotation pour aléas) que l’exploitant peut constituer en franchise d’impôt doit pouvoir concerner aussi les aléas économiques. « La fiscalité doit aider l’agriculteur à répondre à la volatilité des marchés » explique Jean-Michel Lemétayer. La loi doit aussi encourager la contractualisation au sein des filières, « contractualisation qui est tout sauf l’intégration des producteurs », dit-il.
Enfin, l’Europe est appelée à remettre en place de véritables outils de régulation des marchés agricoles. Jean-Michel Lemétayer est attentif, aux efforts déployés par le ministre Bruno Le Maire sur ce dossier. Mais il prévient : «si c’est pour entendre qu’on va pérenniser quelques outils, ce sera se moquer du monde. » Il faut au contraire, selon lui, redonner une grande importance aux outils qui permettent d’amortir les fluctuations du marché mondial (intervention, stockage privé ou public). Le problème aujourd’hui est qu’ils sont lourds et lents à mettre en place. Plus généralement, « il faut remettre la régulation dans la politique agricole. »

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