Aller au contenu principal

Jean-Claude Chalancon : « Une avancée salutaire se dessine »

Président de la section régionale des anciens exploitants, Jean-Claude Chalencon réagit à la récente proposition de loi portée par le député Chassaigne sur les retraites agricoles.

Jean-Claude Chalecon, ancien exploitant en Haute-Loire, préside la section régionale des anciens.
Jean-Claude Chalecon, ancien exploitant en Haute-Loire, préside la section régionale des anciens.
© SC

La proposition de loi d’André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme de porter les retraites agricoles de 75 % à 85 % du SMIC net au 1er janvier 2018 va-t-elle dans le bon sens ?
Cette proposition est positive. Depuis plusieurs années, toutes nos sections départementales d’anciens exploitants et la SNAE demandent des retraites agricoles minimum pour des carrières complètes égales à 85 % du SMIC. Cette progression du niveau de nos pensions doit prendre en compte toutes les retraites déjà liquidées et les nouveaux retraités. Il ne faut surtout pas d’ambiguïté sur ces derniers points. Nos conjointes qui ont participé aux travaux de la ferme et au redressement du pays après-guerre, ne mériteraient-elles pas aussi à un peu plus de considération et d’équité ?

Quid du financement d’une telle mesure ?
Pour notre part, nous ne connaissons pas encore le coût de cette avancée qui est assez facile à chiffrée car nos caisses de MSA connaissent facilement le nombre de bénéficiaires et le montant moyen de nos retraites. Cela sera peut-être, un peu moins facile de connaître les véritables besoins pour les territoires d’Outre- Mer.

Les actifs agricoles seront-ils amenés à cotiser davantage ?
Comme le propose Monsieur le Député, les financements ne peuvent décemment reposer sur un nouvel effort des actifs agricoles au regard de la situation des agriculteurs en cette période de crise, ou à l’emprunt. Il est nécessaire au contraire de rechercher de nouvelles ressources à destination de la caisse centrale de MSA qui pourraient notamment être dégagées par une nouvelle contribution de solidarité vieillesse complémentaire sur les revenus financiers des sociétés de la grande distribution alimentaire, des banques et assurances liées au secteur agricole de l’agroalimentaire et de l’agrofourniture. Cette philosophie d’aller chercher l’argent chez ceux qui ont des revenus financiers issus de l’activité agricole parait bonne, mais peut rapidement se retourner au final contre les producteurs sur les prix d’achat de leurs produits. N’oublions pas que nous sommes dans un marché libéral, dans une période plutôt en surproduction et ces grandes structures commerciales ou de transformation sont toujours capables de pressuriser les producteurs, fournisseurs de matières premières.

Selon les dernières informations, ce financement pourrait être assuré par une taxe additionnelle à la taxe sur les transactions financières. Qu’en pensez-vous ?
Cette piste plus sérieuse me semble t-il, mérite des éclaircissements pour la mise en place, la pérennité et l’assurance d’un fond garantissant l’équilibre du régime agricole et les ressources nécessaires pour atteindre 85 % du SMIC. Nous allons organiser rapidement une rencontre entre les quatre responsables des sections des anciens d’Auvergne et André Chassaigne pour affiner cette proposition. Il en va notamment de la pérennité du paiement de nos complémentaires santé, et de la diminution du reste à charge dans les EHPAD.

Les plus lus

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

Une jeune agricultrice corrézienne au cœur de l’engagement syndical

À 26 ans, Camille Privat incarne une nouvelle génération d’agriculteurs, alliant passion pour la terre, diversification des…

vaches laitières du GAEC Archer
Traite rotative : le GAEC Archer mise sur un ROTO pour gagner en efficacité

À Cérilly, le GAEC Archer a investi dans une salle de traite rotative afin d’améliorer l’organisation du travail et d’…

Sodiaal et surproduction laitière : « notre priorité reste la stabilité du prix pour nos sociétaires »

Retour sur une année 2025 marquée par une collecte en demi-teinte et des perspectives 2026 sous tension. Entretien avec Jérôme…

quelques agriculteurs derrière une machine de récolte de l'herbe
Conditionneur ou non : la Cuma des 3L garde les deux options

Deux faucheuses, deux philosophies : conditionner pour sécher vite ou préserver la valeur nutritive.Une Cuma de Châtaigneraie…

Le bale grazing est un pâturage hivernal dont les résidus de foin vont servir à réensemencer la prairie et les bouses la fertiliser.
Le bale grazing : une technique innovante pour régénérer les prairies et optimiser le travail

Franck Pradier, éleveur de vaches Salers dans le Puy-de-Dôme, a adopté le bale grazing pour améliorer ses sols et gagner en…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière