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"J'aime ma réa" : plus de 900 manifestants samedi

Pari réussi pour le collectif "J'aime ma réa" qui a rassemblé samedi plus de 900 personnes dans les rues d'Aurillac.

Dans le cortège, personnel du privé et du public se côtoyaient.
Dans le cortège, personnel du privé et du public se côtoyaient.
© P.Olivieri

"Vous voulez une réponse franche ? Je pense qu'en haut lieu, au ministère, à l'ARS, ils savent qu'on va fermer mais ils ne veulent pas nous le dire" : aide-soignante de nuit depuis plus de deux ans au service de réanimation du Centre médico-chirurgical (CMC) de Tronquières, Viviane, 38 ans et trois enfants, craint que l'avenir de son emploi ne soit déjà tout tracé. Pourtant elle se dit prête à se battre jusqu'au bout. Vêtue du tee-shirt du collectif "J'aime ma réa" comme ses collègues, elle a pris samedi matin la tête du cortège qui a parcouru le centre-ville d'Aurillac pour demander le maintien de tous les lits de réanimation, privés et publics, du département. Car même si les dernières nouvelles ministérielles assurent d'un sursis au-delà de février 2015 pour le service du CMC de Tronquières, "cette réponse ne me satisfait en rien", a déclaré, la veille en session du Conseil général, Jacques Markarian. Pour l'anesthésiste et président du collectif, l'absence de visibilité immédiate sur le sort du service pourrait inciter d'ores et déjà des infirmières contractuelles à assurer leurs arrières et à postuler ailleurs.


Personnel du privé et du public dans le cortège


Parmi les manifestants, des salariés et leurs familles, des chirurgiens, médecins, de nombreux élus(1), des usagers mais aussi du personnel hospitalier : "Le grand-père de mon mari a été hospitalisé au CMC en oncologie, il aurait très bien pu finir en réa, il a été très bien soigné, ce n'est pas normal de fermer un service qui fonction bien, on a besoin des deux, avance Stéphanie, 30 ans, contractuelle à l'hôpital Henri-Mondor. Déjà qu'on subit une désertification médicale..."Même sentiment pour Christian, 65 ans, dont la fille est infirmière à la clinique privée : "Il y a déjà assez de chômage, il faut conserver les emplois et les deux services. On a été concerné et c'est bien pratique d'avoir la famille à côté, de ne pas avoir à aller à Toulouse ou Clermont pour veiller un malade." Michèle, qui a longtemps travaillé de nuit au service de réa privé, est elle venue soutenir ses anciennes collègues : "C'est un service toujours plein, il n'y a pas de raison que ça ferme."Au-delà des craintes sur les 30 emplois de la réa du CMC, Jacques Markarian a redit devant la préfecture et les 900 personnes mobilisées les risques que ferait peser, sur la prise en charge de patients critiques, la fermeture d'un des deux services aurillacois, dont il a souligné qu'ils travaillent en "excellente collaboration" : "En nous appliquant des ratios nationaux débiles et en nous ramenant à dix lits, on va niveler la médecine cantalienne par le bas ! En période de pics, il arrive que deux ou trois patients soient dirigés vers les CHU. Or ce que semble ignorer l'administration, c'est que le Cantal est très enclavé, qu'une ambulance met plus de deux heures pour rallier Clermont, que l'hélicoptère ne peut franchir les montagnes par gros temps... Ce qu'elle  refuse  de  prendre en compte aussi, c'est que 20 % de nos patient viennent de départements voisins : le  Lot,  l'Aveyron,  la Corrèze,..."


"Un hold-up de l'ARS"


Toujours dans l'attente du rapport des experts diligenté par le ministère de la Santé suite à la mobilisation du collectif, des élus et parlementaires, le directeur du CMC, Romain Auriac, se refuse à rester "simple spectateur de ce hold-up" : "Depuis 2012 on rencontre les élus locaux, les représentants du ministère, de l'ARS auxquels on avance nos arguments ; si l'ARS (Agenge régionale de santé) nous retire notre autorisation, elle fera peser un vrai danger pour les patients alors qu'on assume une mission de service public reconnue comme telle, et qu'on accueille 450 patients chaque année dans le service." Quoi qu'il arrive, il assure que le CMC préservera la qualité de ses soins et ses outils de travail. Au terme d'un parcours inhabituel passant par le coeur de la cité géraldienne et devant l'hôtel de Ville, une délégation associant les représentants du collectif et du personnel, le directeur du CMC, le président du Conseil général, a été reçue par la secrétaire générale de la préfecture en l'absence de Richard Vignon. Ce dernier avait rencontré quelques jours plus tôt le collectif : "Le nouveau préfet a parfaitement compris, en tant qu'ancien dirigeant des pompiers, le risque sanitaire et nos craintes pour l'emploi. Il fera remonter nos inquiétudes même s'il n'a pas de véritable poids contrairement au "directeur de la Santé", le directeur  de  l'ARS",  a  souligné Jacques  Markarian,  avant  de remercier les manifestants.


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