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Sanglier
"J'ai voulu sauver ma récolte, je n'aurai aucune compensation pour les pertes subies"

À St Pierre Duchamp, Didier Dantony ne comprend pas la position de la Fédération départementale des chasseurs ; il dénonce une situation aberrante.

Une parcelle de maïs détruite et aucune indemnisation à la clé car Didier Dantony a voulu sauver le reste  de sa récolte.
Une parcelle de maïs détruite et aucune indemnisation à la clé car Didier Dantony a voulu sauver le reste de sa récolte.
© © D. Dantony

Des maïs détruits, une prairie fraîchement implantée saccagée… et face à cela un sentiment de mépris de la part de la Fédération départementale des Chasseurs, Didier Dantony est excédé. "ça fait 30 ans que je suis installé, ça fait 30 ans que j'ai des problèmes avec les sangliers. Mais cette fois, c'est trop. On est attaqué dans nos villes et dans nos campagnes… Il va falloir reprendre les mots de notre hymne national… et agir face à cet envahisseur à 4 pattes qui ruine nos récoltes".
Pour lui, la coupe est pleine. Associé de Gaec à 3, sur la commune de St Pierre Duchamp dont il est le Maire, Didier Dantony élève 80 laitières et leur suite. Chaque année, l'exploitation compte 12 hectares de maïs et retourne une dizaine d'hectares de prairies. Des surfaces qui attirent inéxorablement des populations importantes de sangliers qui détruisent tout sur leur passage, revenant nuit après nuit, sur les mêmes parcelles.

Maïs et prairies détruits
Pourtant clôturée par les soins des agriculteurs, une parcelle de maïs de 2,5 ha a été saccagée une première fois. Didier Dantony a fait une déclaration auprès de la Fédération départementale de Chasse. Les sangliers sont revenus la nuit suivante malgré l'intervention des chasseurs locaux qui ont déclenché une battue. Devant l'ampleur des dégâts et les risques de voir la totalité de la récolte perdue, l'agriculteur a choisi d'ensiler ses maïs, prévenant la FDC qui lui a clairement expliqué qu'il y a un délai de 8 jours à respecter pour le passage de l'expert, sans quoi aucune expertise ne sera possible et donc aucune indemnisation. Quand il insiste sur la nécessité pour lui de préserver le reste de la récolte, on lui répond que c'est son problème, et pas celui de la fédération, qu'il n'y a que 2 contrôleurs, et qu'ils ne peuvent pas être partout à la fois. Ce à quoi l'agriculteur répond, agacé : "je suis un entrepreneur et face à un tel problème soit j'embauche, soit je diminue mon cheptel…". Didier Dantony ne comprend pas une telle position, d'autant que même après récolte, les dégâts restent en grande partie visibles. Et de résumer : "J'ai voulu sauver ma récolte, et je n'aurai aucune compensation pour les pertes subies. J'aime mon métier, je tiens à ma récolte pour nourrir mes animaux… Pour moi, la priorité est de limiter les dégâts".
Même scénario sur prairie. Sur une parcelle de 3 ha, l'agriculteur a subi des dégâts sur une prairie fraîchement semée. Pour essayer d'en sauver une partie, il a fait une reprise de culture le soir-même avant de passer une partie de la nuit à clôturer. Peine perdue, les sangliers sont revenus la nuit suivante pour tout redétruire. Étant intervenu sur la parcelle avant le passage de l'expert, il ne sera donc pas indemnisé sur les premiers dégâts.
Très amer, Didier Dantony tient à dénoncer cette situation qui oblige les agriculteurs à protéger eux-mêmes leurs cultures par des clôtures malheureusement pas toujours efficaces. "Avant, c'était les chasseurs qui posaient les clôtures". Et lorsqu'il y a des dégâts, ils sont confrontés à un dilemme : sauver le reste de la récolte quitte à ensiler avant maturité et accepter de ne recevoir aucune indemnisation, ou attendre jusqu'à 8 jours le passage de l'expert au risque de perdre toute la récolte. Pour cet éleveur, "c'est une aberration. Les assureurs devraient être outrés de tels agissements".
Et de souligner que "même les chasseurs de son secteur ne comprennent pas la position de la FDC".
 

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