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FNP
Investir et moderniser pour relancer la production

La FNP a annoncé le renforcement du Plan de compétitivité 2014-2020 de l’État et des régions par un Fonds de modernisation financé par la profession agricole elle-même.

Sur les premiers mois de 2014, le cours du porc français est en recul de 4% par rapport à l’année dernière. et l’aliment est remonté à 267 euros la tonne début mai
Sur les premiers mois de 2014, le cours du porc français est en recul de 4% par rapport à l’année dernière. et l’aliment est remonté à 267 euros la tonne début mai
© Réussir SA / Claudine Gérard

Relancer les investissements de modernisation malgré une rentabilité toujours en berne et ne pas accepter le déclin après trois années consécutives de baisse de la production française. Tels étaient les mots d’ordre des élus de la Fédération nationale porcine (FNP), lors de leur assemblée générale le 10 juin à Paris. Pour ne pas se payer de mots, ils ont annoncé le lancement d’un «Fonds de modernisation», cofinancé par l’interprofession porcine, Inaporc, et les outils financiers des filières céréalière et oléoprotéagineuse, Unigrains et Sofiprotéol. «La profession porcine est prête à se prendre en charge», revendiquent-ils.
La FNP s’est réjouit que les pouvoirs publics aient accepté d’ouvrir à toutes les filières d’élevage, y compris la production porcine, les 200 millions d’euros d’aides annuels du «Plan pour l’adaptation et la compétitivité» de l’État et des régions (2014-2020), présenté le 3 juin. «Le plan de compétitivité va nous permettre de nous moderniser», commente le nouveau président Paul Auffray.

«Redonner la confiance aux éleveurs»
Mais la FNP juge l’aide des pouvoirs publics insuffisante pour rattraper un retard d’investissement dans les bâtiments d’élevage qu’elle estime à 2,7 milliards d’euros.
La FNP veut faire du «fonds de modernisation» de la profession un levier supplémentaire pour rassurer les producteurs de porcs prêts à investir. Ce fonds doit abonder les subsides issus du «Plan de compétitivité» par l’octroi de prêts «revolving» de sept ans (dont deux ans de carence) accordés aux producteurs par l’intermédiaire des groupements.
Sur le banc des financeurs, Sofiproteol et Unigrains ne seront peut-être pas les seules recrues. Des contacts ont été pris avec la Banque publique d’investissement (BPI) afin qu’elle abonde le fonds, contacts qui n’ont pas encore abouti. «Nous allons commencer rapidement, avec une voilure réduite, a souhaité l’ex-président de la FNP, Jean Michel Serres. L’important est de redonner confiance aux éleveurs». La FNP espère qu’à l’occasion de ce Plan de compétitivité 2014-2020, les producteurs français investiront plus que lors de la mise aux normes truies gestantes, achevée au 1er janvier 2013, considérée par les professionnels comme un rendez-vous manqué. «Il y a eu trop d’investissements à minima, regrette Jean-Michel Serres. La mise aux normes a trop rarement permis aux producteurs de se développer».
Les producteurs de la FNP veulent redresser la courbe des abattages, qui ont reculé en France de 4% en volumes ces trois dernières années, soit un million de porcs en moins. «Il faut donner l’envie aux producteurs d’y aller, demande le président de la chambre d’agriculture du Finistère, André Sergent. Avec tous les coups de boutoir qu’a reçus la production de la part des médias, un certain nombre ne veulent plus». D’autres sont déjà partants, assure-t-il : «Je vois se développer des agri-managers qui maîtrisent le salariat, la technique, des profils que l’on retrouve dans la production de tomates sous serres».

Le soutien de l’État, l’inconnue régionale
Dans cette optique, la FNP s’est félicitée d’avoir de l’État une oreille, semble- t-il, plus attentive depuis la fermeture à l’automne 2013 de l’abattoir Gad de Lampaul-Guimiliau. Fin 2013, la production porcine a obtenu la création du régime d’enregistrement pour les installations classées (ICPE) porcines, puis son intégration au Plan de compétitivité.
En revanche, elle craint de ne pas toujours être écoutée par les conseils
régionaux qui auront la gestion du Plan de compétitivité. «Dans certaines régions, nous n’aurons pas de difficultés. Dans d’autres, ce n’est pas acquis, s’inquiète Jean-Michel Serres… Ce plan, c’est la réponse à la crise industrielle, nous devons être prioritaires». Et Paul Auffray d’en appeler aux responsables de la FNP en région : «Nous comptons sur vous pour que dans vos régions, la filière porcine puisse émarger au plan de modernisation».

 

Agra

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