Interview : Bernard Roux, Président de la Communauté de Communes du Pays d’Uzerche
En Corrèze, les communautés de communes jouent un rôle essentiel dans l’organisation des territoires ruraux. Le Pays d’Uzerche, qui regroupe douze communes pour un total d’environ 10 600 habitants, en est un exemple emblématique. Son président, Bernard Roux, maire de Masseret, ancien agriculteur et éleveur, incarne cette dynamique de mutualisation et de développement local.
En Corrèze, les communautés de communes jouent un rôle essentiel dans l’organisation des territoires ruraux. Le Pays d’Uzerche, qui regroupe douze communes pour un total d’environ 10 600 habitants, en est un exemple emblématique. Son président, Bernard Roux, maire de Masseret, ancien agriculteur et éleveur, incarne cette dynamique de mutualisation et de développement local.
UP19 : Pour commencer, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est une communauté de communes et son rôle dans l’organisation des territoires ruraux ?
B. R. : Une communauté de communes, c’est un regroupement de communes qui permet de partager des services et des compétences. Cependant, il est important de noter que chaque intercommunalité (EPCI) a ses propres spécificités. Toutes les communautés de communes n’ont pas les mêmes compétences, elles s’adaptent aux besoins locaux.
UP19 : Quelles sont les compétences exercées par la communauté de communes du Pays d’Uzerche ?
B. R. : Au Pays d’Uzerche, nos compétences sont variées et atypiques. Nous gérons le développement économique, l’aide à la personne, et à la petite enfance avec des Accueils de Loisirs Sans Hébergement (ALSH) pour les enfants et les jeunes. Nous avons ouvert deux crèches et proposons un service d’aide-ménagère pour les personnes âgées ou en difficulté.
Nous avons également un service mutualisé pour instruire les documents d’urbanisme comme les permis de construire, sauf pour deux communes qui restent sous la gestion de la DDT.
Nous gérons aussi les zones d’activités accueillant des entreprises.
UP19 : Vous parlez d’un équilibre entre mutualisation et services de proximité. Comment cela se traduit-il concrètement ?
B. R. : Nous essayons de trouver un équilibre entre mutualisation et maintien des services de proximité. L’enjeu est d’éviter de déshabiller les communes tout en réalisant des économies d’échelle.
UP19 : En tant d’ancien agriculteur, quel est pour vous le rôle de l’agriculture dans le développement local du Pays d’Uzerche ?
B. R. : L’agriculture est un atout majeur pour notre développement local. Nous avons une zone d’élevage importante. Il est nécessaire d’encourager les jeunes à s’installer. J’ai eu la chance de transmettre mon exploitation à trois associés, dont un hors-cadre familial.
Nous sommes sous perfusion de l’Europe, ce qui fait partie d’un choix historique, et il n’y a pas de honte à cela. Les pouvoirs publics ont veillé à ce que les prix des produits agricoles ne flambent pas, mais cela a transformé les compensations de prix en aides, ce qui a ses conséquences.
La communauté de communes n’a pas fait le choix de gérer l’agriculture, cependant elle soutient les actions proposées.
UP19 : Quelles sont vos priorités en termes de projets avec un budget annuel d’environ 5 millions d’euros ?
B. R. : Nous avons plusieurs projets phares, comme :
- la création d’une maison pluridisciplinaire de santé à Uzerche, prévue entre 2026 et 2028,
- la finalisation du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) avec les deux autres communautés de communes voisines, Lubersac-Pompadour et Vézère Monédières Millesources.
Nous voulons anticiper les besoins en zones d’activités et attirer de nouvelles entreprises et habitants.
Au Pays d’Uzerche, nous avons décidé d’un soutien financier de 60 000 euros par an pour le commerce et l’artisanat local.
UP19 : Le tourisme est également un axe de développement pour vous. Pouvez-vous en parler ?
B. R. : Absolument. Le tourisme est un énorme levier de développement. Les paysages du Limousin attirent de plus en plus de visiteurs, comme le montre le succès du nouveau parcours de Terra Aventura initié sur notre territoire. Cependant, il est primordial de développer des structures d’accueil. Les collectivités ne peuvent pas tout porter, et nous devons établir des partenariats avec des professionnels pour développer l’offre.
UP19 : En matière de gouvernance, comment s’adapte la communauté de communes avec l’arrivée de nouveaux maires ?
B. R. : Nous avons six nouveaux maires sur douze communes, ce qui nécessite une adaptation. Il y a une partie d’apprentissage, et les inégalités de taille entre communes compliquent la recherche de consensus. Les petites communes peuvent se sentir frustrées par leur représentation, et il est crucial de trouver des terrains d’entente pour porter des projets pour tous.
UP19 : Quelle est votre vision pour l’avenir du Pays d’Uzerche ?
B. R. : Mon objectif est de laisser l’image d’un territoire dynamique et solidaire. Nous n’en ferons pas la Silicon Valley, mais nous pouvons nous développer grâce à notre situation géographique. Je crois fermement qu’il est essentiel d’anticiper les besoins futurs en achetant des terrains pour les viabiliser et attirer des porteurs de projets.
UP19 : Comment comptez-vous améliorer la communication avec les citoyens sur les actions de la communauté de communes ?
B. R. : C’est un défi important. Beaucoup de citoyens ne savent pas ce que fait la communauté de communes. Pour y remédier, je mise sur la pédagogie, avec des réunions et des documents explicatifs destinés aux habitants.
UP19 : En conclusion, quel message souhaitez-vous transmettre sur le Pays d’Uzerche ?
B. R. : Le Pays d’Uzerche illustre les forces et les limites des communautés de communes. Nous mettons l’accent sur l’équilibre, l’attractivité et l’adaptation. Nous essayons de faire en sorte que tout le monde avance ensemble. À la fin de mon mandat, j’aimerais avoir fait progresser le territoire dans une dynamique bénéfique pour tous.