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Installation
Installation, un défi de taille !

Le renouvellement des générations préoccupe plus que jamais les agriculteurs et leurs filières. C'est une des priorités de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme dont les dispositifs d'accompagnement concernent tous les porteurs de projets.

Dans le Puy-de-Dôme, 37% des installés sont des femmes et 53% des installations concernent la production bovine (lait, viande ou mixte).
Dans le Puy-de-Dôme, 37% des installés sont des femmes et 53% des installations concernent la production bovine (lait, viande ou mixte).
© stock.adobe

Avec près de 50% des agriculteurs qui vont cesser leur activité dans les 10 prochaines années, le renouvellement des générations se présente comme un défi de taille. C’est d’ailleurs une des priorités de la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme qui multiplie les dispositifs d’accompagnement "adaptés à tous les projets et candidats à l’installation, en veillant à réaliser des installations qui permettent au nouvel agriculteur de vivre de son travail » expliquait Baptiste Arnaud, vice-président de la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme, en charge de l’installation-transmission, lors du dernier Comité technique à l’installation.

De nouveaux profils

Dans le département, 180 nouveaux agriculteurs s’installent en moyenne chaque année(*) dont 85 avec la Dotation jeune agriculteur (DJA) « soit une installation sur deux » précise Fabienne Puel, responsable du service installation et projet d’entreprise à la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme.
Ces dernières années, les candidats sont de plus en plus nombreux à pousser les portes du Point Accueil Installation (PAI) de la Chambre d’agriculture, « plus de 350 par an». Leurs profils évoluent avec l’arrivée (68%) de candidats Non Issus du Milieu Agricole (les NIMA ndlr), souvent en situation de reconversion professionnelle, non pourvus de diplôme agricole de niveau IV (47%) et préférant s’installer en individuel (56%). « Une majorité d’entre eux souhaite en effet s’installer seule sur de petites structures. Les exploitations sociétaires inscrites dans le RDI qui dégagent pourtant du revenu ont parfois du mal à trouver un associé. Est-ce par crainte d’intégrer une exploitation familiale ou bien une forme d’individualisme ? interroge la conseillère. En tout cas ils ne mesurent pas le confort et la sécurité de s’installer avec des associés qui ont de l’expérience !»  

Les standards de productions demeurent

La plupart de ceux en reconversion veulent donner un sens à leur métier et voient en l'agriculture un nouveau départ professionnel. Leurs projets sont parfois "originaux"  mais souvent difficiles voire impossibles à mettre en œuvre. "Certains mettent beaucoup plus de temps pour aboutir car ils n'ont pas été suffisamment mûris ou le niveau de formation est inexistant. D'autres n'aboutissent pas..." constate la conseillère.
Ce nouveau public se tourne davantage vers le maraîchage qui représente aujourd'hui 42% des installations dans le département. Un engouement  porté par l'envie de revenir à la terre et développer des circuits courts, des labels "mais tout le monde ne peut pas se lancer dans ce type de projet. Nous avons aussi besoin de maintenir des potentiels de production pour fournir les filières et nourrir nos concitoyens" prévient la conseillère. Pour autant, la majorité des projets concerne encore les grandes filières :  75 % des installations se font en élevage bovins viande, bovins lait, ovins et grandes cultures, y compris en bio. "Le profil des candidats a certes changé mais c'est encore en production bovine que l'on installe le plus, soit  53% en bovins lait, viande ou mixte" insiste Fabienne Puel qui reconnaît toutefois en région une tendance à la baisse générale de l'installation en filières bovines.
La Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme accompagne tous les porteurs de projets, qu'ils prétendent ou non à la DJA. Elle promeut tous les métiers de l'agriculture y compris le salariat agricole "dont on manque cruellement". "Être salarié agricole est aussi un tremplin à l'installation qui permet pendant quelques années de se frotter au métier, d'acquérir de l'expérience et de prendre le temps de construire son projet".

*Moyenne entre 2016 et 2020, hors transferts entre époux de + 40 ans.

 

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