Incendies : la FDSEA et les JA concrétisent un partenariat inédit avec le SDIS
Face à la multiplication des épisodes de sécheresse et à l’augmentation du risque incendie, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Corrèze ont franchi une étape importante en signant, le 17 juillet à Lapleau, une charte de partenariat avec la Préfecture de la Corrèze et le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS 19).
Face à la multiplication des épisodes de sécheresse et à l’augmentation du risque incendie, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Corrèze ont franchi une étape importante en signant, le 17 juillet à Lapleau, une charte de partenariat avec la Préfecture de la Corrèze et le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS 19).
Signée sur l’exploitation du GAEC de Latrémolière, chez François et Simon Clair, agriculteurs et sapeurs-pompiers volontaires, cette convention formalise une organisation opérationnelle permettant la mobilisation rapide des moyens agricoles en appui des services de secours lors des incendies.
Une initiative portée par le réseau syndical
Ce partenariat est né d'une démarche engagée par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs, qui ont souhaité anticiper l'évolution du risque incendie en Corrèze. Les dernières années ont montré que les feux de végétation deviennent plus fréquents, plus précoces et plus intenses. Dans ce contexte, les organisations professionnelles agricoles ont proposé au SDIS de bâtir un dispositif simple, réactif et opérationnel, permettant de mettre à profit la présence permanente des agriculteurs sur le terrain.
Les agriculteurs sont présents tous les jours dans les campagnes. Ils connaissent parfaitement le territoire, les accès, les points d'eau et disposent de matériels qui peuvent être utiles dès les premières minutes d'un incendie. Il était logique d'organiser cette complémentarité avec les sapeurs-pompiers », souligne Emmanuel Lissajoux, président de la FDSEA de la Corrèze.
Une mobilisation rapide et parfaitement encadrée
La charte rappelle un principe essentiel : les agriculteurs interviennent exclusivement à la demande du SDIS et sous l’autorité du Commandant des opérations de secours (COS). Concrètement, lorsqu'un incendie nécessite un appui, le centre opérationnel du SDIS contacte les référents territoriaux FDSEA et JA. Ceux-ci identifient rapidement un agriculteur volontaire situé à proximité du sinistre afin qu'il rejoigne les lieux, se présente au COS et mobilise, si nécessaire, les matériels demandés. Selon les besoins, il pourra s'agir de tonnes à eau, tonnes à lisier remplies d'eau, tracteurs, cultivateurs, déchaumeurs, charrues, broyeurs, matériels de terrassement ou encore télescopiques.
Chaque intervention repose sur le volontariat. Aucun agriculteur n'est tenu d'intervenir et aucune initiative individuelle n'est autorisée. La sécurité des personnes demeure la priorité absolue.
Nous avons souhaité mettre en place une organisation claire. Les agriculteurs ne remplacent évidemment pas les pompiers. Ils viennent leur apporter un appui lorsque le SDIS en exprime le besoin, avec leurs matériels et leur connaissance du terrain », rappelle Camille Privat, secrétaire générale des Jeunes Agriculteurs de la Corrèze.
Une reconnaissance du rôle des agriculteurs dans les territoires
Au-delà de son aspect opérationnel, cette charte constitue une véritable reconnaissance de la place des agriculteursdans la protection des territoires ruraux. Par leur présence quotidienne, leur réactivité et leur parfaite connaissance des parcelles, des chemins, du relief ou encore des réserves d'eau, les exploitants agricolesreprésentent des partenaires précieux pour les services de secours. Les valeurs de solidarité, d’entraide et de responsabilité, communes au monde agricole et aux sapeurs-pompiers, trouvent ici une traduction concrète au service de l’intérêt général.
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L'eau : un enjeu agricole… mais aussi de sécurité civile
Cette signature rappelle également une réalité que la FDSEA défend depuis longtemps : le stockage de l'eau répond à plusieurs enjeux d'intérêt public. Les réserves créées sur les exploitations ne servent pas uniquement à sécuriser les productions agricoles face aux sécheresses. Elles constituent aussi des points d'approvisionnement stratégiquespour les services de secours lors des incendies.
Les retenues d'eau participent aussi à la protection des habitants, des exploitations, des forêts et des villages. Les épisodes que nous connaissons montrent que le stockage hivernal de l'eau est une réponse de bon sens face aux conséquences du changement climatique », rappelle Emmanuel Lissajoux.
Un partenariat appelé à s'inscrire dans la durée
Avec cette charte, la Préfecture, le SDIS, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs posent les bases d'une coopération durable, fondée sur la confiance et la complémentarité des compétences. Pour le réseau syndical, cette démarcheillustre parfaitement ce que sont les agriculteurs aujourd'hui : des producteurs, mais aussi des acteurs engagés au service de leur territoire, capables de mettre leurs compétences et leurs moyens au service de la sécurité de tous.
En prenant l’initiative de ce partenariat, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs démontrent une nouvelle fois que le syndicalisme agricole ne se limite pas à défendre les exploitations. Il agit concrètement pour renforcer la résilience de nos campagnes, protéger les populations et préparer les territoires aux défis de demain.