Immersion dans son futur bâtiment avec la visualisation 3D
Au Gaec de Montebello, on attend avec impatience que les travaux d'agrandissement et de réaménagement de la stabulation démarrent. Un projet qui bénéficie de l'accompagnement du service bâtiment de la Chambre d'agriculture 43.
Au Gaec de Montebello, on attend avec impatience que les travaux d'agrandissement et de réaménagement de la stabulation démarrent. Un projet qui bénéficie de l'accompagnement du service bâtiment de la Chambre d'agriculture 43.
À St Victor Malescours, au lieu-dit Montebello, Daniel, Alice et leur fils Florent sont à la tête d'un troupeau de 90 laitières montbéliardes sur une SAU de 100 ha pour une production de 660 000 l de lait (livrés à Sodiaal Sud-est) avec une salle de traite 2x6.
« On commence à capituler »
Dès 2023, ces éleveurs mettent le doigt sur une problématique concernant leurs bâtiments : « Nous disposons de 3 bâtiments concomitants : une stabulation libre construite en 1981 dont la capacité n'est que de 60 vaches, ce qui nous oblige à en héberger une vingtaine dans le bâtiment des génisses. Nous avons aussi un ancien poulailler qui a été transformé en aire paillée en 2024 pour les vaches taries et les génisses » explique Daniel Blachon.
Mais c'est lorsque vient l'heure de la traite que tout se complique : « Il faut aller chercher les laitières qui se trouvent dans un autre bâtiment. C'est beaucoup de manutention et du temps perdu dans les allers-retours. Si bien qu'à deux personnes, il faut compter 2h30 pour effectuer une seule traite, ce qui peut monter jusqu'à 5 heures par traite pour une seule personne ! On commence à capituler ».
S'ils avaient décidé de ne pas s'engager dans une construction neuve en 2023, alors que nous nous trouvions plongés dans une période de forte inflation des prix des matériaux, 3 ans après, la situation est devenue intenable pour eux : mal de dos dans une salle de traite pas adaptée à la taille de chacun des associés et surtout une grosse surcharge de travail.
Améliorer les conditions de travail
Les Blachon se sont alors tournés vers le service Bâtiment de la Chambre d'agriculture pour les aider à trouver la meilleure solution : entre une construction neuve, l'aménagement d'un stockage adossé à la stabulation existante ou une extension avec réaménagement de la stabulation existante. « Un bâtiment neuf aurait nécessité un lourd investissement en raison d'un dénivelé trop important. Après chiffrage des différents projets avec le conseiller bâtiment, nous avons finalement décidé d'agrandir et de réaménager notre stabulation, la toiture était neuve puisqu'elle avait été refaite suite à un récent épisode de grêle et l’estimation de l’investissement (600 000 euros) semblait réalisable pour nous » expliquent les éleveurs.
Les conseils du service bâtiment
Suite aux conseils du service bâtiment, l'agrandissement se fera côté sud (340 m2) et côté nord (85 m2). En termes de réaménagement intérieur, les conseillers bâtiment ont préconisé plusieurs évolutions dont l'agrandissement de la laiterie où seront installés 2 robots de traite. « Une salle de traite classique ne passait pas dans ce bâtiment, d'autant que les quais auraient été difficiles à adapter à nos tailles différentes. Avec les robots, le travail sera moins physique pour nous et on aura moins mal au dos » indique Daniel. Quant à Florent, qui ne tenait pas particulièrement au robot lors de son installation, il s'est ravisé, tout en étant conscient qu'ils induiront tout autant de travail mais plutôt sous la forme de surveillance. Le but c'est que la stabulation soit calibrée pour 1 personne et ainsi faire en sorte que les associés puissent se libérer quelques week-ends et puissent prendre des jours de congé.
« Depuis que Florent s'est installé, nous n'avons pas pris un week-end ni un seul jour de congé » avoue Daniel.
Des racleurs seront installés pour faciliter leur travail quotidien ainsi qu'une fosse caillebotis devant les robots pour disposer d'une zone propre. Des ventilateurs posés sur toute la longueur des cornadis amélioreront le confort des vaches. Toujours sur les conseils du service bâtiment, une nouvelle fosse à lisier sera construite. La fosse existante, trop petite, sera transformée en fumière, et une nouvelle fosse de 1000 m3 sera installée en contrebas de la fumière.
Un appui technique et administratif
Concernant la toiture de l’agrandissement, l'équipe leur a conseillé d'opter pour une toiture classique plutôt qu'un pan inversé (déjà installé sur la stabulation existante) pour des questions de ventilation ; elle sera équipée d'un dôme éclairant, ce qui assurera ventilation et lumière. La charpente sera métallique et le pignon en bardage perforé pour améliorer la ventilation et le bien-être des animaux.
Des plans en 3D
Le service bâtiment a réalisé les plans du projet dont des plans en 3D (3 dimensions) ; « une technique qui donne une vision globale du projet et qui nous projette dans le futur bâtiment. Il s'est également occupé du volet paysager, du permis de construire et de la demande de subventions. On a vraiment pu s'appuyer sur l’équipe bâtiment, aussi bien du point de vue technique qu’administratif. Les conseillers nous ont bien orientés sur le choix du projet » indique Daniel Blachon.
Avant que le projet du Gaec de Montebello devienne réalité, en fin d’hiver 2027, les associés vont devoir s'armer de patience pendant les travaux, puisqu'ils vont devoir fonctionner avec un seul quai de traite.
Le mot du dessinateur du service bâtiment
« Le dessin du projet est effectué en 3D à partir des croquis fournis par le conseiller. Un fichier PDF est alors transmis à l’éleveur (plan d’ensemble, coupe, façades, volet paysager) et une simulation 3D. Cette dernière est facile d’utilisation ; elle permet à l’éleveur de se projeter dans son futur bâtiment et ainsi de visualiser son projet » indique Thierry Idir, dessinateur. Chaque année, une centaine de projets est réalisée par le service bâtiment.